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Moncef Marzouki se prononce sur le retour des terroristes

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    Dans un long texte publié mardi 27 décembre 2016 dans la soirée, Moncef Marzouki s’est prononcé sur le retour au pays des terroristes tunisiens actuellement en Syrie.

    Comme à son habitude, l’ancien président dit la chose et son contraire, tout en usant de sa mauvaise foi classique pour minimiser son propre rôle négatif dans cette affaire, tout en exagérant celui de ses adversaires.

     

    Moncef Marzouki résume sa position en trois points. Le premier est la nécessité du respect à la lettre de la Constitution, notamment en ce qui concerne le droit au retour à son pays de tout Tunisien et l’interdiction absolue de déchoir quelqu’un de sa nationalité. Idem pour le respect des lois existantes qui ont été mises en place pour servir dans les pires situations et non pour être remplacées avec la logique du moment.

    Le deuxième point relatif à sa position est lié à sa propre défense et à l’attaque de ses adversaires. Il n’a donc rien à voir avec le sujet. « Murissez ! Cessez de propager des rumeurs et de les croire ! Vous risquez l’indigestion cérébrale et l’amenuisement de l’efficacité cervicale ! », a déclaré l’ancien président avant d’indiquer que la moyenne d’âge des terroristes est de 20 ans (Ce qui est faux, aucune étude ou document sérieux n’a présenté cela NDLR) ce qui veut dire qu’ils sont tous nés et ont grandi sous le régime de Ben Ali et non sous la troïka.

    « Il y a eu 30.000 personnes qui ont quitté le pays sous l’ère de Mohamed Ghannouchi (ancien Premier ministre), l’amnistie générale a été décidée en février 2011 et signée par Béji Caïd Essebsi, je suis celui qui a armé l’Armée tunisienne pour lui offrir les minima basiques, la première stratégie globale de lutte contre le terrorisme a été établie sous ma présidence et abandonnée par le président actuel, j’ai reçu les cheikhs salafistes (et non les terroristes comme ils disent) pour les impliquer dans cette stratégie et convaincre les jeunes sur qui ils ont de l’ascendant moral, je suis celui qui a demandé le soutien aux autorités turques pour empêcher l’entrée en Syrie des Tunisiens, je suis celui qui a été contre l’octroi d’armes aux opposants syriens et l’ingérence étrangère en Syrie ».

     

    Moncef Marzouki évoque ensuite une théorie du célèbre stratège chinois du Vème siècle av JC, Sun Tzu, consistant à ne jamais encercler l’ennemi de toutes parts.

    D’après l’ancien président, empêcher le retour des terroristes tunisiens à leur pays va pousser ces derniers à la potence pour un millier d’entre eux et au crime international pour deux autres milliers. Et d’avertir sur le danger de crimes terroristes, accomplis à l’avenir par des Tunisiens, sur l’image de notre pays. Il évoque l’article du Figaro de la semaine dernière qui ne serait qu’un début à ses yeux.  « Imaginez comment va être la réaction des journaux turcs, est et ouest-européens si l’on fait dix opérations comme Berlin et des centaines de petits crimes », s’est interrogé Marzouki.

     

    Le troisième message de Moncef Marzouki est adressé à Béji Caïd Essebsi qu’il qualifie d’homme à la position tremblante sous pression entre le haut responsable (sous-entendu la communauté internationale)  et la bande au riz aux fruits secs (sous entendu la société civile et la gauche qui a soutenu BCE en 2013).

    Il faut que le Chef de l’Etat sorte pour dire que nous allons respecter la constitution, nos lois et les conventions internationales. Il faut qu’on soit à la hauteur de notre responsabilité morale et qu’on ne la jette pas sur les autres. Il y a la douleur de deux mille familles innocentes. « Tout cela nous pousse à récupérer nos enfants trompés pour les intégrer dans notre société, mais après s’être assuré qu’ils ne représentent plus de danger ».

    L’ancien président se met d’un coup dans le costume d’un président en exercice pour dire : « C’est pour cela que j’ai décidé que la Tunisie ne refuse aucun de ses enfants, ils peuvent rentrer, mais à condition d’accepter d’une période de contrôle dans des centres spécialisés à créer par des lois ad-hoc. Ces centres seront supervisés par la police et l’armée et à l’accès ouvert aux organisations de défense des droits de l’Homme et à la justice pour qu’ils ne soient pas des centres de torture ou d’humiliation. Nous sélectionnerons les plus dangereux pour les traduire devant la justice. Ceux qui ne représentent pas de danger seront réhabilités dans ces centres pour une durée à fixer par les spécialistes et qui ne doit pas dépasser les six mois.

    Et nous allons nous entraider avec les pays frères et amis pour ramener notre jeunesse égarée et empêcher le renouvellement de ce drame. »

     

    Moncef Marzouki conclut son long texte avec beaucoup d’hypocrisie en soulignant que le plus grand défi demeure la réalisation de la stabilité politique et l’unité nationale véritable.

    Car il faut bien noter que c’est ce même Marzouki qui parle d’unité et de stabilité politique qui qualifie, dans le même texte, ses compatriotes de « bande du riz aux fruits secs ». Le même dont le parti regorge de dirigeants qui multiplient les insultes et/ou le dénigrement aux médias et aux opposants, sans parler du régime en place. Le même qui oublie totalement son rôle néfaste dans le voyage des jeunes gens en Syrie sous sa présidence ou encore sa responsabilité totale dans l’absence d’une ambassade à Damas qui aurait pu assurer le retour de plusieurs Tunisiens avant qu’ils ne soient piégés dans le terrorisme et fournir au pays des renseignements sur ceux qui ont vraiment du sang sur les mains et ceux qui ont été manipulés par les groupes terroristes. 

     

    R.B.H.


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