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Des représentatifs… Hachekom !

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    C’est une expression que j’emprunte sciemment à Hassan Zargouni, le M. Chiffres de la Tunisie, et il a, encore, raison. Une élue du peuple a dit à l’assemblée : « les juifs hachekom », ce qu’on pourrait traduire par « les juifs, que Dieu vous en préserve ». M. Zargouni ajoute : « Ils ressemblent au bon peuple que nous sommes, ils ne nous élèvent pas, ils ne guident pas, ils ne s\’élèvent pas… Ils en sont incapables ».

     

    C’est vrai que nos élus nous ressemblent, mais le problème c’est qu’ils ne font que ça. Hormis une petite minorité, nos élus sont aussi hypocrites, roublards et égoïstes que nous le sommes. Un article de presse ne suffirait pas à exposer tous les exemples qui démontrent cela. Mais je me contenterais de deux. Alors que l’on s’indigne des propos de l’élue Nidaa Tounes de Gafsa et que l’on répète à qui veut l’entendre que nous sommes tolérants et que les juifs tunisiens sont des citoyens à part entière, notre « meilleure constitution du monde » interdit à un juif d’accéder à la primature suprême. N’est ce pas là une hypocrisie ? Cela voudrait-il dire que le musulman a plus de qualifications que les autres pour occuper la présidence de la République ?

     

    Deuxième exemple, le report, encore une fois de l’examen de la loi électorale. Ennahdha dit qu’il était prêt à voter, en dépit des différends au sein du bloc. A la plénière consacrée à loi, plusieurs députés étaient absents. Donc, il a été décidé de reporter d’une semaine l’examen et le vote de cette loi en attendant de trouver un consensus. Un consensus qu’ils cherchent depuis des mois maintenant. En réalité, à part Ennahdha, aucun parti politique n’est prêt à se frotter à l’exercice électif. Ils vont tous se rétamer, pour dire les choses simplement. Donc, la solution est de retarder la tenue de telles élections, pour leurs propres petits, tout petits, intérêts. Au diable la démocratie locale, au diable la constitution, au diable les aspirations des personnes à choisir leurs dirigeants locaux !

     

    Taper sur l’assemblée et sur les élus peut sembler être un exercice facile, mais en réalité ça ne l’est pas. L’assemblée c’est 217 élus, dont un certain nombre de personnes de qualité qu’il est difficile de mettre dans le même sac que l’élue « hachekom » par exemple. L’assemblée compte des gens comme Khawla Ben Aïcha, Bochra Belhaj Hmida, Sahbi Ben Fredj, Mongi Rahoui et j’en oublie beaucoup. L’assemblée c’est aussi un staff, des gens qui y travaillent tous les jours et qui font de gros efforts. Malheureusement, tout cela ne tient plus à l’orée des arrangements et des consensus. Dans notre génie tunisien, on a même créé une commission des consensus, totalement illégale par ailleurs. Les chefs de blocs parlementaires s’y rencontrent pour s’arranger, tout bêtement.

     

    C’est tout le système politique tunisien qui pose plusieurs questions. L’assemblée est censée être la première autorité du pays dans ce système hybride par lequel la Tunisie est gouvernée. Or, il s’avère que le travail parlementaire comporte plusieurs lacunes liées à l’efficacité, à la priorisation des travaux, à la redevabilité envers les électeurs. Quelques élus font des rapports de leur activité au parlement, mais d’autres n’y sont que parce qu’ils sont parvenus à se mettre sur les listes de certains partis. Certains d’entre eux sont à l’assemblée uniquement parce qu’ils ont payé leurs campagnes de leurs poches !

    On se doit cependant d’avouer qu’il s’agit d’un système qui nous représente bien : Tout le monde gouverne mais personne n’est responsable.

       

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