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Les imams, un danger pour l’islam

 

A l’actualité cette semaine, le 17ème anniversaire de la mort de Habib Bourguiba, la condamnation d’un DJ anglais à un an de prison ferme par contumace, une série d’attentats un peu partout dans le monde, le come back des manifestations « winou el pétrole », l’interdiction d’un journal et la censure d’une émission. Rien de très joyeux dans cette actualité pour un pays qui a tout pour être parmi les plus heureux au monde, si ce n’est la bêtise de beaucoup de ses citoyens.

Je rentre d’un voyage officiel dans trois pays d’Afrique subsaharienne où le chef du gouvernement Youssef Chahed s’est donné un maximum pour représenter au mieux la Tunisie. Dans ces pays, on regarde la Tunisie avec beaucoup d’admiration. On la prend comme référence. Au Sud du Sahara on nous cite comme modèle et au Nord de la Méditerranée, on nous cite comme exemple de cette transition démocratique. Mais certains d’entre-nous ne font que creuser notre tombe en cassant ce qui marche et en sabotant ce qui pourrait marcher.

 

Habib Bourguiba est décédé le 6 avril 2000. Pendant longtemps, cet anniversaire est passé inaperçu. Depuis quelques années, sa célébration est devenue incontournable. On se bouscule pour aller réciter la fatiha sur sa tombe, depuis le dernier des militants politiques jusqu’au président de la République. Le leader suprême est devenu un fonds de commerce et c’est abject ! Encore plus abject, le comportement de certains dirigeants politiques et hauts fonctionnaires de l’Etat qui renouent avec de vieilles mauvaises habitudes du culte de la personnalité. Je ne parle pas de Habib Bourguiba, mais de Béji Caïd Essebsi dont les portraits géants ornaient des immeubles de Monastir. Si l’on veut casser l’image de Béji Caïd Essebsi, on ne s’y prendrait pas autrement ! Ce genre de comportement courtisan est anachronique et renvoie une piètre image du sujet objet de louanges, de son entourage et de tout le pays. Une démocratie qui se respecte, un pays développé ou qui prétend vouloir le devenir, ne peut pas et ne peut plus se permettre ce genre de comportement misérable.

 

Ce même comportement anachronique et misérable s’est observé cette semaine avec la censure de l’hebdomadaire « Al Thawra News ». Après avoir fait condamner son directeur à de la prison ferme par le tribunal militaire, voilà qu’on interdit le journal dont la parution n’a pas cessé une fois pendant toute la période de sa détention. Que ce journal déplaise, c’est un fait, on ne peut pas plaire à tout le monde. Qu’il soit abject et crapuleux puisqu’il s’attaque carrément à l’honneur des personnes, c’est indéniable. Que ce journal ne respecte pas la déontologie et nage dans le « trash », c’est incontestable. Mais c’est son droit absolu, garanti par la constitution, de nager où il veut et nul n’a le droit de l’en empêcher. Si l’on conteste ses écrits (et j’en ai fait personnellement les frais avec des articles odieux et mensongers), on n’a qu’à aller au tribunal civil et le juger sur la base des lois existantes, à savoir le décret-loi 115 et rien d’autre !

 

Le même comportement anachronique et misérable de représentants de l’Etat s’est observé hier avec les pressions exercées sur Hannibal TV pour la censure de l’émission de Néji Zaïri dans laquelle il a invité le leader politique Ridha Belhaj. Ces pressions exercées sur les médias datent d’il y a quelques jours et elles peuvent provenir aussi bien de hauts responsables de l’Etat que de « barons » assimilables à la mafia. Business News les a subies il y a quelques semaines (sans résultat) et en a parlé à ses lecteurs. Y a-t-il eu des réactions de dénonciation ? Aucune ! On peut toujours continuer comme ça et on aura bientôt un paysage médiatique pire que celui sous Ben Ali.

 

Last but not least avec le comportement anachronique et misérable, celui des imams qui appellent à la fermeture des bars et discothèques. Il parait que l’islam est en danger et ces imams se présentent comme des avocats pour le défendre. Cet appel vient suite à la condamnation à un an de prison ferme d’un DJ anglais accusé d’avoir mixé l’appel à la prière. Encore heureux que la condamnation s’est faite par contumace ! J’aurai du mal à imaginer la scène d’un DJ anglais dans une prison tunisienne pour un banal choix musical partant de bonnes intentions. La honte devant toute la planète!

A entendre les imams, l’islam est en danger. A les entendre aussi, ce DJ a offensé nos croyances ! On n’est plus à une bêtise près.

L’égo démesuré de ces imams, prétendant être plus croyants et plus religieux que le reste de la population, est ahurissant. Si l’islam est la religion de Dieu, comment peuvent-ils penser un instant que Dieu va laisser sa religion en danger ?! Dieu n’a pas besoin d’un piètre imam de quartier pour  défendre sa religion, ni même de l’humanité toute entière. A moins de croire que le bon Dieu est incapable de défendre l’islam, ce qui semble être le cas de ces imams.

Ce qui est offensant à vrai dire et ce qui représente réellement une menace pour l’islam, ce sont ces autoproclamés avocats de Dieu qui, pour justifier leur existence, multiplient les interdictions et les condamnations. Où étaient ces imams quand deux églises coptes ont été attaquées en Egypte ce week-end ? Où étaient ces imams quand certains de leurs collègues ont été accusés de viols, de harcèlement et d’attouchements sexuels d’enfants au sein même des mosquées ? Pour eux, Dieu et l’Islam sont un fonds de commerce. En matière d’abject, chacun fait ce qu’il peut dans ce pays !

Quant au DJ, quelle offense peut-il faire aux croyants en reprenant en chanson un appel à la prière ? Cela bouscule les habitudes ancestrales, certes, mais cela n’est pas dégradant pour autant pour la religion. Un appel à la prière remixé est plus agréable à entendre (voire à suivre) que la voix monocorde, lassante et repoussante de certains imams qui beuglent à 5 heures du matin pour vous réveiller. Si l’on veut faire éloigner les musulmans de l’islam et si l’on veut repousser les « mécréants » de l’islam, on ne s’y prendrait pas autrement. Daech a commencé le scénario avec ses égorgements et ses attentats et nos imams suivent le même raisonnement en présentant une piètre image d’une religion qui n’a pas à supporter toute cette bêtise. Si vous aimez l’islam, commencez par donner une bonne image de vous-mêmes et de l’islam.

Les interdictions, les menaces, les condamnations ne peuvent que salir l’islam. De toute façon et quoiqu’il en soit, l’islam ne saurait jamais être menacé. Si l’on croit en Dieu, et si l’on croit que le Dieu est tout puissant, il faut rester cohérent et se dire que Dieu saura protéger son message.

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