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Chers gouvernants, merci de nous supporter !

 

Nous sommes un peuple immature, inconscient de la chance qu’il a. Nous sommes un peuple gouverné par le malentendu, non seulement nous ne comprenons rien à la volonté de nos gouvernants mais, en plus, nous leur cherchons la petite bête et nous nous prenons pour ce que nous ne sommes pas. Ce n’est peut être pas l’avis de tout le monde, mais j’ai des preuves !

 

Prenons par exemple le dernier arrivé à Nidaa Tounes, Férid Béji. Il a parlé de sa conversation avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi, durant laquelle ce dernier lui aurait confié que Ennahdha serait éliminé petit à petit du pouvoir et ensuite du pays. Alors déjà, notre mauvaise foi ne nous a pas permis de bien comprendre ce qu’il a dit puisqu’il a été obligé, le pauvre, de revenir le lendemain dans les médias pour expliquer que ses propos ont été sortis de leur contexte ! Le gars a abandonné sa prédication, abandonné la recherche spirituelle que tout homme de religion devrait entreprendre, fait le sacrifice d’entrer en politique pour nous guider, et nous qu’est ce que nous faisons ? Nous ne sommes même pas capables de bien comprendre ce que nous dit cet homme de sagesse et de vertu ! Ne sommes-nous pas indignes de ce grand homme ?

 

Le cher lecteur n’est pas encore convaincu ? Donnons lui un autre exemple. Figurez-vous que l’Islam, notre chère religion, fait aujourd’hui l’objet d’attaques continues à coups de mix lâchement exécutés par des brigades de DJ envoyés chez nous par l’occident pour nous déstabiliser dans notre foi et entraver notre impressionnant développement. Heureusement pour nous que nos autorités étaient aux aguets et ont empêché cette abomination. Le gouverneur de Nabeul a pris ses responsabilités en fermant la boite de nuit où le mix avec un appel à la prière a été joué. Le ministère des Affaires religieuses a ouvert une enquête et le DJ en question a été condamné, en un temps record, à un an de prison ! Parmi nous, peuple irresponsable, certains se sont inquiétés des répercussions possibles sur le tourisme et sur la réputation du pays. Ils se sont dit que la Tunisie commençait à pointer son nez dans le monde du tourisme de clubbing. Ils se sont demandé à quoi cela servait de condamner un DJ à un an de prison par contumace. Ils se sont inquiétés de l’intervention du gouverneur de Nabeul, irréfléchie et spectaculaire, qui ferme un club juste pour pouvoir dire : je n’ai pas laissé passer. Ignares qu’ils sont ! Même pas capables de comprendre que la religion est plus importante que tout le reste ! Que l’islam est plus important que les emplois liés au tourisme et que la réputation de notre pays doit être celle d’un pays religieusement responsable, pas celle d’un pays accueillant, tolérant, où on peut s’amuser et passer du bon temps !

 

Dans leur grande sagesse, nos gouvernants poussent le zèle jusqu’à nous protéger de nos irresponsables et honteux médias. Le ministre de l’Intérieur a pris sur lui de fermer le journal Athawra News en vertu de la loi de l’état d’urgence. Un journal qui s’est spécialisé dans la diffamation, dans l’insulte de personnalités et dans la diffusion de fausses nouvelles. Le fait d’avoir fait condamner son directeur par un tribunal militaire n’a pas suffit, alors que vouliez-vous que le ministère de l’Intérieur fasse ? Et bien il a fait son boulot en protégeant cette société, bête et irresponsable, et il a fait fermer le journal !

De l’autre côté, Carthage s’évertue à faire la même chose en tentant de nous protéger contre les dires de Ridha Belhaj, ancien chef de cabinet à la présidence. Il est culotté quand même, il voulait nous expliquer que c’est la présidence qui a fait virer Habib Essid et que toute cette histoire de gouvernement d’union nationale a été montée de toutes pièces pour se confectionner un gouvernement qui plait à tout le monde ! Faut le faire quand même !

Au lieu de remercier nos responsables pour ces actions, les mauvaises langues se sont lâchées. Elles ont parlé de retour de la main mise sur les médias, en prenant pour exemple les récentes nominations faites par la présidence du gouvernement. Ceux qui ne comprennent pas le sens profond de ces actions craignent le retour de pratiques révolues à l’encontre des médias. Mais ils ne comprennent pas que nos responsables nous protègent contre des dangers que l’on ne peut même pas comprendre, dans notre ignorance et dans notre petitesse !      

 

Il est possible de multiplier les exemples à l’infini. Mais le résultat est le même, tout ça est de notre faute. Nous avons cru à un changement qui viendrait de nos responsables, nous avons cru qu’élire librement était une garantie pour une démocratie, nous avons pensé que le pays changerait et que les mentalités évolueraient, mais en fait non. Tout ça est de notre faute, parce que nos gouvernants savent mieux que nous. Ils ont été touchés par la grâce, alors que nous, nous baignons dans l’ignorance. Ils ont les diplômes et l’éducation nécessaires, alors que nous, nous ne savons même pas formuler une phrase. Ils ont le pouvoir et la sagesse de bien l’utiliser, alors que nous, nous sommes impuissants et désemparés. Nous devrions tous nous estimer heureux d’avoir des gouvernants aussi éclairés et qui ont la patience de nous supporter !

 

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