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La charrue avant les ministres

 

Heureusement qu’il y a eu un remaniement pour qu’on se rende compte de la gravité de la situation ! Parce qu’avant ça, on ne le savait pas, et on ne savait pas non plus quoi faire face à la ribambelle de problèmes et de crises qui se profilaient à l’horizon.

Par exemple, on s’est rendu compte qu’il y avait un gros problème avec les caisses sociales et que le déficit allait en se creusant. Et donc, pour faire face à ce souci, on a une idée lumineuse : augmenter l’âge de départ à la retraite ! Pardi ! A se demander ce que faisaient les anciens gouvernements qui réfléchissent à la question depuis au moins les années 80 ! La solution est tellement facile…

 

Pareil pour l’endettement, on va le stabiliser. Comment ? En commençant par avoir un ministre des Finances chaque trimestre par exemple. Le chômage représente une menace ? On changera le ministre de l’Emploi. Le déficit commercial est préoccupant ? Changeons de ministre du Commerce ! Et pour ne pas fâcher l’ancien occupant des lieux, on acceptera la démission de Fadhel Abdelkefi et on mettra quelqu’un d’autre à sa place. En parlant de parachutes on ne saurait passer outre le changement à la tête du ministère de la Santé.

 

Même si l’on faisait abstraction des noms, et qu’on se parait d’une bonne foi à toute épreuve, comment expliquer qu’on constitue un gouvernement pour ensuite lui trouver un programme ? La logique ne voudrait-elle pas que l’on se mette d’accord sur un programme avant de choisir les personnes les plus aptes à s’y intégrer ? Mais cela pose d’autres interrogations : que faisait le gouvernement pendant un an si aujourd’hui, on se rend compte qu’il nous faut un programme ? Et que fait l’exécutif depuis 2014 si l’on ne sait toujours pas ce qu’on doit faire ? Parce qu’il faut dire que les problèmes des finances publiques, de la lutte contre le terrorisme, des caisses sociales, des déficits sont loin d’être des problèmes nouveaux. C’est même pour régler tous ces problèmes que ces gens-là ont été élus.

 

Faisons preuve d’encore plus de « gentillesse » et faisons confiance à ce gouvernement. Est-il possible, réaliste, pour ce gouvernement de prétendre réaliser tout ce qu’il a annoncé d’ici 2019 ? Concrètement, et si l’on imagine qu’il n’y aura pas d’autre remaniement après les élections municipales par exemple, ce gouvernement aura au plus 18 mois de travail effectif. Cette fin d’année sera consacrée à la loi de finances 2018 et l’année 2019 est une année électorale, normalement. Donc, le gouvernement espère retrouver des indicateurs économiques au vert en à peine un an et demi ? Ne serait-il pas un peu trop optimiste, pour ne pas dire naïf ?

 

Mais ne soit pas inquiet cher lecteur, ils en savent beaucoup plus et beaucoup mieux que nous. Nos gouvernants, à leur tête le duo Youssef Chahed et Béji Caïd Essebsi, sont conscients de la délicatesse de cette période et savent que le peuple n’a plus confiance. C’est pour cela qu’ils s’acharnent au travail pour regagner cette confiance.

 

Youssef Chahed a déclaré qu’il avait constitué un « gouvernement de guerre » dont les ennemis seront le terrorisme, le commerce parallèle etc. Mais comme le disait Sun Tzu dans son célèbre Art de la guerre : « Si le général est généreux, mais incapable de diriger, bienveillant, mais incapable de rétablir l’ordre, ses soldats, tels des enfants gâtés, seront inutiles ». 

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