Le dirigeant au sein du parti Ennahdha, Lotfi Zitoun, est revenu, ce soir du mercredi 20 décembre 2017, sur les résultats des législatives partielles d’Allemagne, ainsi que les déclarations de certains dirigeants de Nidaa Tounes concernant la révision de leur alliance avec le parti islamiste.
M. Zitoun a assuré que l’information à retenir des élections partielles reste, incontestablement, le faible taux de participation. « Ceci peut-être expliqué par le fait que l’enjeu ne soit pas énorme. Ce siège n’est pas très important et les électeurs ne se sont pas déplacés vu les conditions météorologiques et l’absence d’un grand intérêt pour cet événement », a-t-il affirmé lors de son passage chez Myriam Belkadhi sur le plateau de 24/7.
Par ailleurs, il a rappelé le désintérêt des citoyens des partis politiques, notamment, auprès des plus jeunes. « L’écart se creuse de plus en plus entre la classe politique et les jeunes. Pourtant, les jeunes ont des outils développés que nous n’avons pas. Ils ont beaucoup évolué ces dernières années et nous devons nous rapprocher de leurs attentes », a déclaré Lotfi Zitoun.
Revenant sur les propos du secrétaire général de Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk, le dirigeant nahdhaoui a assuré : « M. Marzouk avait déjà affirmé qu’Ennahdha faisait la campagne du candidat de Nidaa au sein des mosquées et avait déposé une plainte à l’ISIE. Après les résultats, il indique que le candidat réel d’Ennahdha, Yassine Ayari, a remporté les élections. Je dis ça et je ne dis plus rien ! ».
Toutefois, il a estimé que la transition démocratique n’a pas été traduite en acquis : « les gens commencent à s’impatienter et aspirent à un nouveau changement puisque, selon eux, le système actuel n’a pas marché. Je considère que la situation actuelle est pire par rapport à nos ambitions, mais elle reste meilleure par rapport au passé».
D’autre part, M. Zitoun a indiqué qu’en 2014 « le peuple nous a adressé un message et nous sommes arrivés deuxièmes. Il ne faut pas oublier que nous étions les premiers en 2011. Maintenant, il faut savoir tirer les leçons des législatives partielles d’Allemagne. C’est une sonnette d’alarme », a-t-il estimé.
Avant d’ajouter que la cohabitation est nécessaire pour l’intérêt du pays, même si cela reste difficile à gérer au niveau des bases. « La situation actuelle nécessite un consensus et une cohabitation. Cela dit, il est très difficile de gérer nos bases qui trouvent du mal à accepter notre alliance avec un parti différent de nous. C’est là qu’on constate l’expérience de la haute direction du parti. Ainsi, je trouve qu’il est absurde de briser cette cohabitation à cause d’un siège qui n’a aucune importance stratégique. Je citerai dans ce contexte la déclaration de Borhène Bsaies. Et même si les termes utilisés dans notre communiqué sont un peu fort, l’idée reste là. Il n’est dans l’intérêt de personne de raviver les tensions et de créer des conflits inutiles », a-t-il dit.
Dans un autre contexte, Lotfi Zitoun est revenu sur la déclaration du président de la République Béji Caïd Essebsi selon laquelle Ennahdha n’est toujours pas considéré comme étant un parti civil, « c’est un avis que j\’émets d’une manière très positive. Les propos du président de la République sont corrects. Nous avons entamé le changement et nous avons encore du chemin à faire. Dans sa position, il reconnait les efforts déployés par Ennahdha et nous invite à en faire davantage. Ce message est très constructif ».
Quant à l’éventualité de la candidature de Rached Ghannouchi à la résidentielle de 2019, M. Zitoun a affirmé qu’il est encore tôt pour se prononcer sur la question. « Cependant, le changement de look du président d’Ennahdha s’inscrit dans le cadre de la démarche de changement adoptée par le parti lors de son dernier congrès. Le volet communication est très important. C’est un message fort que nous avons voulu envoyer à nos bases ».
S.H










