Les premières retombées de la classification par l’Union européenne de la Tunisie en tant que paradis fiscal ont commencé.
Riahi Nassreddine, le gérant d’une société de services informatiques, de consulting et de voix sur IP, a été choqué, ce matin mercredi 27 décembre 2017, d’apprendre par courrier que son partenaire Oxone Technologies a suspendu sa relation contractuelle avec sa société, explique-t-il dans une déclaration à Business News le jour même. Oxone Technologies représente 35 à 40% de son chiffre d’affaires.
Oxone Technologies explique que sa décision est motivée par la clôture du partenaire bancaire du compte de la société, à cause de l’admission de la Tunisie sur la liste noire des paradis fiscaux.
«Cette décision unilatérale et indépendante de leur volonté a pour conséquence directe la suspension de nos relations commerciales. En effet, ce partenaire était le seul à accepter d’ouvrir des comptes aux sociétés basées en Tunisie», explique Oxone Technologies.
Autre conséquence fâcheuse pour la société tunisienne, le partenaire français l’informe que le partenaire bancaire allait «séquestrer les fonds en sa possession», qu’il travaillait «à la récupération de ces derniers dans les meilleurs délais » et qu’il ne pouvait «régulariser la situation de l’entreprise tunisienne qu’à partir de la levée de ce séquestre».
Nassreddine Riahi a affirmé que cette nouvelle est un coup de massue, qu’il n’en pouvait plus et qu’il pensait sincèrement à délocaliser son activité. «Après les problèmes récurrents, les blocages de la Banque centrale de Tunisie, les frais de transfert bancaire qui ne cessent d’augmenter, je pense sérieusement à partir», a-t-il indiqué. Pour lui, financièrement ce n’est plus viable.
Sa société emploie 10 personnes diplômées du supérieur, sans compter sa personne et son partenaire dans la société.
Imen Nouira










