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A gauche, pas de Glasnost !

 

Par Ikhlas Latif

 

La gauche tunisienne réussira-t-elle à se relever un jour et à se positionner sur l’échiquier politique ? Saura-t-elle se délester des anciens reflexes, des anciennes approches et s’acclimater à la nouvelle donne mondiale ? Ne pas évoluer, c’est disparaitre. La seule alternative possible c’est soit se réinventer, soit mourir !  

Notre gauche va mal et n’arrive pas à se faire entendre par le peuple. Elle n’arrive pas à faire en sorte que ce même peuple, dont elle tire l’essence de ses principes et sa lutte, la reconnaisse comme une force génératrice de changement. Une force qui pourrait constituer une alternative à la droite libérale ou conservatrice qui prédominent le paysage.

 

Ce n’est pas aujourd’hui que la gauche pourra faire parvenir ses idéaux de justice au bon peuple. Aujourd’hui, l’une des composantes du Front populaire, on nommera, le parti des Travailleurs (ex-PCOT) s’entredéchire. On en est encore aux querelles internes alors que le rival islamiste se prépare à pas sûrs et décidés aux prochaines élections, alors qu’il va à la rencontre du peuple, qu’il a mis sa stratégie en place et qu’il affute ses couteaux pour la bataille à venir.

Le parti des Travailleurs est dans la tourmente. 111 de ses leaders et militants, dont son vice-secrétaire général, ont décidé de boycotter le cinquième congrès du parti. Ils reprochent à ses dirigeants des pratiques bureaucratiques sclérosées, antidémocratiques et injustes.  Des militants sont exclus du parti pour le seul fait qu’ils expriment une démarche contraire à celle des instances dirigeantes.

Le parti de Hamma Hammami est accusé par ses propres militants de s’éloigner des préoccupations du peuple, d’en être simplement et purement déconnecté. Un bien triste constat que font les signataires de la pétition d’une formation de gauche, qui à défaut de véhiculer les valeurs si chères à cette gauche auprès de la population, ne sont même pas capables de les appliquer au sein du parti. Les réfractaires dénoncent l’injustice dont des camarades ont fait les frais, ils se soulèvent contre la dictature d’une minorité,  mais surtout concèdent que le grand problème du parti est qu’il se soit éloigné du peuple et qu’il ne présente pas de projet crédible.

 

Les querelles du parti des Travailleurs risqueraient fort de déstabiliser le Front populaire et entacher son image comme cela a été le cas pour d’autres formations politiques victimes de luttes intestines. Nous avons-là une image d’une gauche opaque qui fonctionne à huis clos. Pourrait-elle un jour dépasser ses différends et opérer sa propre « Glasnost » ? Evoluer vers une gauche pragmatique, réformiste qui garde son idéal de lutte contre les injustices, qui présente un modèle autre, concret et viable. Un modèle qui pourrait convaincre les masses et les sensibiliser aux valeurs si chères à la gauche. Parce que ces valeurs ne sauraient laisser insensible le peuple du moment qu’il saisisse leur sens profond. Mais cela ne pourrait être réalisable que si ces principes restent méconnus par la majorité et qu’a contrario l’image de la gauche dans l’inconscient collectif soit encore associée aux clichés de l’anar qui veut imposer une dictature prolétaire, qui rejette la propriété privée ou qui s’oppose à tout, juste pour le plaisir de s’opposer. Cela ne pourrait être possible si la gauche reste confinée aux milieux intellectuels, qu’elle demeure déconnectée des bases populaires, que son discours soit inaudible, qu’il y ait rupture de la communication.

 

Le Front populaire en tant que coalition de gauche a su tirer son épingle du jeu lors des dernières élections législatives. Avec 15 députés au parlement, le front a séduit en présentant des figures reconnues pour leur militantisme. Après les cinq années passées sous l’hémicycle, l’image s’est un peu, le moins qu’on puisse dire, écornée. Serait-il de même aux prochaines échéances ? Pourrait-elle encore convaincre ou cette gauche connaitra-t-elle une nouvelle débâcle comme celle de 2011 ? A la lumière des guéguerres internes, le Front populaire se transformera-t-il en un parti sans avenir comme d’autres ont disparu auparavant ?

Celui qui ne connaît pas l\’histoire est condamné à la revivre. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Marx !

 

 

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