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Comme l’EST, il nous faudrait un conseil des sages

 

Le doyen des clubs tunisiens, l’Espérance sportive de Tunis, a débuté, depuis hier 15 janvier 2019, les festivités du centenaire du club. Des festivités qui doivent durer un an. Tout le monde ou presque s’accorde à dire que la grande force de l’Espérance sportive de Tunis réside dans ses structures et dans le fait que, quels que soient les noms qui ont présidé au destin de l’Espérance, ils n’ont jamais été plus grands que celui du club.

Un article ne suffirait pas pour parler de l’Espérance, ne serait-ce que de l’unique angle des structures. Toutefois, il en est une qui a toujours su intervenir à chaque fois que cela s’est avéré nécessaire : le conseil des sages. Il s’agit d’un conseil qui regroupe des gens qui n’ont plus rien à prouver à personne. Il est composé d’anciens présidents du club, d’anciens dirigeants, entraineurs et même joueurs. Ce conseil se réunit à chaque fois qu’il y a une crise ou un problème qui touche le club et qui essaye de trouver des solutions. Ce que le conseil des sages préconise est ensuite soumis au président du club qui fait ce qui lui semble juste. Depuis 100 ans que l’EST existe, le conseil des sages est devenu une espèce de voix de la raison que l’on se doit d’écouter.

 

Au niveau national, personne ne joue ce rôle de voix de la raison. Ou plus exactement, personne ne joue plus ce rôle. Malgré le fait que l’UGTT  ait toujours prétendu ne pas faire de politique, la centrale syndicale a toujours été un facteur d’équilibre sur la scène tunisienne. C’est l’union qui a toujours joué le rôle de voix de la raison quitte à descendre sur le terrain par moments. On se rappelle tous de son affrontement direct avec les ligues de protection de la révolution un certain 4 décembre. Pendant des années également, plusieurs politiciens attendaient de voir la position de l’UGTT avant de communiquer les leurs, certains allant même jusqu’à coordonner directement avec elle.

Aujourd’hui, l’UGTT semble abandonner ce rôle en se jetant corps et âme dans une bataille perdant-perdant avec le gouvernement. La grève générale décidée pour demain 17 janvier n’est dans l’intérêt de personne, mais cela n’empêche pas la centrale syndicale d’aller quand même sur ce chemin. La centrale promet, d’ores et déjà, des mesures d’escalade après cette grève aux conséquences inconnues.

 

En 2014, on avait espéré que ce serait Béji Caïd Essebsi qui jouerait ce rôle de sage, qui serait au dessus de la mêlée et représenterait un ultime recours pour tous. Mais le président de la République n’a pas pu s’empêcher, bien aidé par sa famille aussi, de devenir l’un des belligérants dans la guerre politique. Au lieu d’être un recours, il est devenu une partie en voulant à tout prix promouvoir et protéger son fils. Cette stature de « président de tous les Tunisiens » avait marché lors de l’accord de Carthage I, qui avait permis d’évincer Habib Essid. Mais ça n’a pas marché pour le deuxième épisode de cette triste saga. Par conséquent, Béji Caïd Essebsi est en guerre ouverte avec Youssef Chahed et, à degré moindre, avec Ennahdha. Du sage qui réunit les Tunisiens et qui fait profiter les acteurs politiques de son expérience, Béji Caïd Essebsi est devenu le gardien des avantages de sa famille et des amis de sa famille à travers, notamment, Nidaa Tounes qu’il pilote à distance.  

 

L’année 2019 s’annonce déjà sous le signe des tensions et des tergiversations. La campagne a commencé très tôt et il n’y a qu’à voir l’activisme douteux de certains sur les réseaux sociaux pour s’en convaincre. Ce n’est pas encore cette année que l’on parlera de projets, de programmes et de choix apaisé proposé aux électeurs. On marche d’un pas décidé vers la renaissance des clivages entre islamistes et modernistes et vers le retour des interrogations stériles sur l’identité tunisienne. La seule différence avec ce qu’on a connu en 2011 et 2014 c’est qu’il n’y aura pas d’arbitre. Tout le monde se battra avec tout le monde, le tout dans l’inexorable désintérêt des Tunisiens envers la chose publique.   

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