La banque universelle islamique Wifak International Bank a organisé, jeudi 7 mars 2019, un brunch pour présenter ses réalisations et ses ambitions. Fondateur et directeur général de la banque Mohamed Mellousse a réuni son staff directoire pour répondre aux différentes interrogations des médias, avec comme maitre mot : transparence et convivialité.
Dans une présentation, M. Mellousse est revenu sur l’historique atypique de Wifak Bank qui est passée d’une société de leasing à une banque islamique, une première du genre dans le paysage tunisien. L’opération a été assez compliquée, selon le DG, avec un passage du leasing à l’ »Ijara » pour se conformer à la Chariaa puis vers une banque universelle islamique.
Le fondateur nous a expliqué sa vision : une banque qui sert les régions. C’est pour cette raison que Médenine a été choisie pour établir le siège social de la banque. En outre son expansion s’est faite du sud vers le nord, ce qui n’est pas conventionnel.
La banque est aussi la première banque islamique tunisienne à être cotée en Bourse. Une opération qui a nécessité le renforcement de son capital social via une augmentation de capital, en numéraire et par incorporation des réserves (10 MD), qui passe de 20 MD à 150 MD. Les participations sont comme suit : 1/3 de participation étrangère (la société islamique du développement du secteur privé (ICD) détenant 30%) ; 1/3 chez les institutionnels tunisiens (17% groupe STB et 10% Caisse des dépôts et consignations (CDC), un flottant de 13 à 14% chez les petits porteurs (en bourse), 11,5% détenu par les groupes Hédi Ben Ayed (12%), Abdelkader Hamrouni (7%) et Abdellatif Hamrouni (6%).
Le DG nous a confié que la banque s’est dotée du must de ce qui se fait en termes de système d’information spécialisé en finance islamique, Imal, de Path solutions.
S’agissant des performances, et malgré une conjoncture nationale défavorable Wifak Bank a réalisé de bons chiffres en 2018, avec un PNB de 24,97 millions de dinars (MD) en hausse de 54,2%. L’encours de financement plus 406,86 MD (+60,1% par rapport à un an auparavant). Un encours dépôt qui dépasse les objectifs pour se situer à 287,51 MD (+169,2% par rapport à 2017). Le coefficient d’exploitation a baissé, quant à lui, de 7%, pour s’établir à 76%. Le taux de créances classées est de l’ordre de 4,9%.
Côté prévisions, la banque vise des 1,2 milliards de dinars de dépôt et 1,4 milliard de dinars de financement en 2022. Elle ambitionne un ROA de 2,41 et un coefficient d’exploitation 41,21.
Autre information de taille, Mohamed Mellousse n’a pas caché ses ambitions africaines, mais ceci devait passer d’abord par la création du groupe Wifak bank et du private equity Wifak Sicar, qui est aussi basé sur les principes de la finance islamique.
«Nous voulons avoir un groupe solide avant d’aller en Afrique, à travers l’actionnaire de référence ICD. Nous allons réaliser des partenariats avec des banques africaines pour accompagner les hommes d’affaires tunisiens en Afrique et avoir un accès au financement», a-t-il expliqué.

Le DG a admis en réponse à une interrogation sur les problèmes réglementaires qui rencontre la finance islamique. A ceci, il a répondu que la banque est en train de dialoguer avec les autorités de tutelle, l’objectif étant d\’être traitée comme les autres banques. Et de souligner que les perspectives de la finance islamique sont importantes, mais il y a plusieurs contraintes, notamment en termes de refinancement auprès de la BCT.
Interrogé par Business News sur l’incidence de la hausse du taux moyen du marché monétaire (TMM) sur la banque, la hausse de ce taux n’ayant pas d’incidence sur le client les mensualités étant fixes, le DG a indiqué qu’il n’y a pas eu de répercussion importante, mais que cette hausse augmentera le coût des ressources de la banque.
S’agissant de son réseau la banque est actuellement à 27 agences, atteindra 39 agences fin 2019, pour atteindre 75 agences sur 5 ans. Elle mise également sur la digitalisation de la banque, pour soutenir les efforts de la BCT afin de limiter la circulation du cash. Cette digitalisation concernera aussi bien le front que le back office de la banque outre les solutions pour les clients et le mobile paiment. Pour ce dernier volet, un accord a été signé avec HPS pour le développement d’une offre bancaire de mobile paiment.
Imen NOUIRA










