Suite au décès des 11 nouveau-nés au centre de néonatologie de Tunis entre le 7 et 8 mars courant, des médecins ont lancé sur la toile une campagne pour dénoncer la situation catastrophique des établissements hospitaliers publics.
Avec le hashtag, #Balancetonhopital, cette initiative lancée par des jeunes médecins, et à leur tête le vice-président de l’organisation de jeunes médecins Aymen Bettaieb, est un moyen de montrer l’intérieur des hôpitaux publics tunisiens tels qu’ils sont vus par les médecins et le personnel médical.
Dans leurs statuts, les médecins décrivent des hôpitaux infestés de rats, des tuyaux de canalisation qui éclatent en plein bloc, des hôpitaux régionaux qui n’ont plus de budget, un germe multi-résistant retrouvé chez plusieurs patients opérés, un générateur de secours en panne, des médecins qui font de la ventilation manuelle à cause d’une panne d’électricité, des chats qui circulent à l\’intérieur de l\’hôpital et mangent le placenta des patientes…
Parmi les statuts, on peut notamment lire : « lors d\’une réunion de négociation avec le directeur de l\’hôpital, il nous a dit : » Nous n\’avons plus de budget, le ministère ne peut/veut plus nous donner de budget complémentaire. On doit choisir entre ne plus acheter certains médicaments, consommables ou produits de nettoyage, ou de virer du personnel qui est déjà en manque. On n\’a pas payé les gardes des médecins et des infirmiers et techniciens depuis plusieurs mois. Et on n\’a pas payé la Steg et la Sonede depuis des mois, et si on ne paye pas le mois prochain, on nous coupera l\’eau et l\’électricité dans tout l\’hôpital ».
S.T

















