Le président de la commission de la santé et des affaires sociales à l\’Assemblée des représentants du peuple, Souhail Alouini, est revenu sur l’affaire du décès des nouveau-nés et les problématiques du secteur de la santé publique qui ont mené à cette tragédie, qui est selon ses propres termes «inacceptable».
Ainsi, le député a estimé, dans une interview accordée, ce matin lundi 11 mars 2019, à Wassim Ben Larbi dans son émission Expresso sur Express FM, que le problème est dans l’ensemble du système et dans ce qu’on appelle la gouvernance de la santé, et en particulier la santé publique dont la dégradation n’a pas commencé aujourd’hui mais des années avant la révolution.
«Le pays s’est orienté à un certain moment de son histoire vers une favorisation du secteur privé, ce que je considère comme une erreur, car la base de la santé en Tunisie est la santé publique : c’est elle qui forme les médecins ainsi que l’ensemble des compétences du secteur et qui soigne la plus grande proportion de la population, particulièrement en cette période économique difficile que nous vivons actuellement. Certes le secteur privé est en train de rendre de bons services mais trops chers, et qui normalement devraient être assurés par les hôpitaux publics», a-t-il indiqué.
Et de soutenir : «Le système tunisien est obsolète : la gouvernance actuelle ne permet pas la modernisation du secteur».
Autre volet, M. Alouini affirmé que tout le monde croit en la nécessité d’entamer des réformes, notamment la lutte contre la corruption, la modernisation, la mise aux normes standards internationales dans les hôpitaux publics, mais depuis la révolution il y a eu 11 ministres qui se sont succédé à la tête du ministère de la Santé, soit une moyenne générale de 230 jours, une période qui ne permet pas des avancées. «Ceci est un signal clair qu’on ne peut pas faire des réformes en un court délai», a-t-il noté, en soulignant que Abderraouf Cherif en quatre mois n’a pas pu mettre en place son programme de réforme et de modernisation. «Sa démission est un pas audacieux et respectable, mais ce n’est pas elle qui va réformer ou donner des résultats», a-t-il soutenu.
Souhail Alouini a également évoqué les problèmes de budget destiné au secteur de la santé publique en précisant qu’une part importante est consacrée aux salaires des employés. «Les investissements restent, quant à eux, très timides. Et tout ceci est dû à la situation économique du pays», a-t-il admis
L’élu a précisé que la commission s’est acharnée pour défendre le budget de la santé mais s’est heurtée aux difficultés économiques et les ressources limitées. Parmi ses propositions, la mise en place d’une nouvelle imposition de 1% sur les bénéfices des boissons gazeuses qui sera directement versée dans le Fonds d’appui à la santé publique. Chose qui n’a pas abouti.
«Ce qui est arrivé est inacceptable», a-t-il fustigé. Mais il a tenu à saluer le personnel de ce service qui travaille dans des conditions difficiles, et doit gérer parfois 120 admissions à la fois, alors que la capacité d’accueil est de 80. Et de rappeler que les bébés décédés avaient une infection nosocomiale qui a débouché sur un choc septique, qui est malheureusement fatal pour des prématurés et des nouveau-nés.
I.N










