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Béji à l’ouverture du congrès de Nidaa : Deux propositions très liées malgré les apparences

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    Lors de son allocution d’ouverture du premier congrès de Nidaa, le président fondateur du parti Béji Caïd Essebsi a fait deux annonces essentielles. La première concerne sa personne et ses intentions concernant la prochaine élection présidentielle. La seconde concerne le chef du gouvernement Youssef Chahed. Les deux annonces semblent n’avoir rien en commun en apparence. Mais à voir de plus prés, elles sont très liées ensemble et on pourrait même interpréter le discours du chef de l’Etat samedi à Monastir comme une corrélation entre les deux annonces : l’une ne peut se vérifier que si l’autre est exécutée.

     

    La première annonce concerne donc la prochaine élection présidentielle. A ce propos, Béji Caïd Essebsi a déclaré qu’il ne souhaite pas se présenter pour un second mandat. Bien entendu, il rappelle que sa candidature ne présente aucun problème sur le plan constitutionnel et qu’il est encore tôt pour prendre une décision définitive. Mais il affiche clairement sa préférence pour prendre sa retraite et laisser la place à plus jeune que lui pour gérer les affaires de l’Etat. En réalité, la position du chef de l’Etat n’est pas nouvelle. Il avait laissé planer le doute sur sa volonté de se présenter pour la prochaine élection présidentielle lors d’une interview accordée il y a deux semaines à un journal international arabophone. Ce qui l’est par contre, c’est son insistance pour partir devant les congressistes de son propre parti politique qui devait, croit-on savoir, adopter une motion appelant Béji Caïd Essebsi  à se présenter pour un second mandat présidentiel. En substance, le chef de l’Etat les a appelé à ne pas voter cette motion et laisser la porte ouverte à d’autres scénarios possibles.

     

    L’un de ces scénarios est justement de voir le chef du gouvernement, Youssef Chahed réintégrer Nidaa et se présenter à la prochaine élection présidentielle sous sa bannière. Le chef de l’Etat ne l’a pas dit clairement lors de son allocution devant le congrès du Nidaa. Mais sa proposition insistante de lever le gel des activités de Youssef Chahed prise en septembre dernier laisse supposer  que Chahed pourrait être le candidat de Béji lors de la prochaine présidentielle.

     

    De toute évidence, ce coup a été fomenté en catimini par le chef de l’Etat. Les cadres du Nidaa semblent surpris par la proposition de leur chef mais ne peuvent que se plier à sa demande, d’autant plus que dans les rangs des congressistes, une majorité évidente se dégage en faveur du retour au bercail du chef du gouvernement. Ce dernier continue de se murer dans son « silence aristocratique » comme le dit l’observateur politique Ali Mhadhebi, ce qui n’est pas sans créer la zizanie au sein de ses partisans transfuges. Il n’est pas exclu d’ailleurs que parmi les objectifs de la proposition annoncée par le chef de l’Etat concernant le chef du gouvernement, il existe une volonté maligne d’arracher le nouveau parti de sa zone de confort dans laquelle il semble s’installer, aidé par des sondages largement en sa faveur.

     

    En résumé donc : Béji est prêt à quitter Carthage à condition que Chahed réintègre Nidaa. C’est un deal gagnant-gagnant puisqu’il permet au chef du gouvernement de se présenter à la prochaine élection présidentielle avec le soutien de Nidaa et de son président fondateur ce qui est de loin plus attractif que de se trouver le candidat du parti islamiste. De son côté, Nidaa assure par ce deal le leadership de la mouvance centriste dans le pays. L’annonce de Béji concernant l\’élection présidentielle est directement liée donc à son annonce concernant la réintégration de Chahed. 

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