Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Syndicaliste ou pas, un bandit est un bandit !

Article réservé aux abonnés

     

    Fini le travail, bonjour les vacances. C’est parti jusqu’aux mois de septembre-octobre pour retrouver le chemin de la « productivité » ou plutôt d’un simulacre de productivité. Maintenant, et à partir d’aujourd’hui, c’est grasse-matinée en début de journée, pointage au boulot au milieu, courses en début d’après-midi, sieste en milieu d’après-midi, farniente en fin d’après-midi, dîner copieux à la rupture du jeûne, feuilleton juste après, rami/belote/noufi le soir. Ceci pour les hommes.

    Pour les femmes, c’est quasiment le même programme à la différence qu’en début d’après-midi, elles sont occupées à regarder le feuilleton qu’elles ont raté la veille, qu’elles sont occupées à cuisiner en milieu et fin d’après-midi et qu’elles continuent à regarder les feuilletons en soirée. Vous considérez ces phrases sexistes ? Odieuses ? Discriminatoires ? J’en conviens. Mais avant de les considérer comme telles, munissez-vous d’un miroir ou regardez autour de vous. Ramadan est ainsi conçu dans notre pays et pas autrement. Hélas. Pour la productivité, la vraie, on se donnera donc rendez-vous en septembre-octobre. Entre-temps, que l’on se munisse de patience infinie pour affronter les nerfs à fleur de peau, les embouteillages, la mauvaise haleine, la piété soudaine de nos compatriotes et leur grande expérience dans le « domaine de l’islam ».

     

    La dernière semaine de « productivité » s’est illustrée par une grève spectaculaire des transporteurs pétroliers. Résultat des courses, entre mercredi et dimanche, il n’y avait quasiment plus de carburant dans nos stations-services. Des files d’attente monstres devant les quelques unes qui en avaient quelques gouttes.

    Ministère et syndicat ont négocié longuement et ont fini par trouver une solution, ou pseudo-solution, mais plusieurs camionneurs ont refusé d’appliquer l’accord trouvé et ont maintenu les camions-citernes dans les dépôts. La centrale syndicale a appelé au respect de la loi et de l’accord trouvé, en vain. Le pays n’a pas pu fonctionner normalement, au point que le gouvernement a dû mobiliser l’armée pour réquisitionner des camions et approvisionner des stations.

    Ce que l’on retient est que les citoyens étaient pris en otage, que la consigne de l’UGTT n’a pas été respectée et que la loi n’a pas été appliquée. Qui a défié la loi cette fois-ci ? Des syndicalistes rebelles. Que va-t-on faire à leur encontre ? Rien ! Au pire, un procès qui sera classé comme des dizaines d’autres, après quelques réunions de réconciliation quand on aura oublié tout cela.

    Encore une fois, la loi est bafouée, le citoyen est méprisé, l’Etat est dédaigné. C’est devenu notre pain quotidien depuis la révolution. Béji Caïd Essebsi et Nidaa ont été élus avec la promesse ferme de redonner son prestige à l’Etat. Quatre ans et demi après, on voit le résultat. Pas étonnant d’ailleurs, car bien souvent, les promesses des politiques n’engagent que ceux qui les écoutent.

    Certains ministres ont pourtant affronté avec courage les syndicats et, spécialement, les bandits syndicalistes, mais ils ont été désavoués par leur chef. On pense notamment à Néji Jelloul quand il était à l’Education et Saïd Aïdi quand il était à la Santé qui ont fini par le payer cher. Ils ont été éjectés alors qu’ils n’ont fait qu’essayer d’appliquer une promesse de campagne en veillant à la primauté de la loi et à redorer le prestige de l’Etat.

     

    La question n’est plus que va-t-on faire, mais plutôt que doit-on faire face à des syndicats qui piétinent la loi et prennent les citoyens en otage ?

    Dans le gouvernement actuel, il y a trois ministres qui se distinguent en la matière et essaient de tenir cette promesse de campagne en affrontant, courageusement les syndicats. Il s’agit de Slim Khalbous, Hatem Ben Salem et Hichem Ben Ahmed. Chacun, parmi ces trois, appartient à une école différente et chacun a sa méthode, mais les trois ont ceci en commun : leur fermeté et volonté farouche d’en finir une fois pour toutes avec le banditisme syndical.

    Hichem Ben Ahmed, ministre du Transport, a opté pour la négociation dans les coulisses loin des projecteurs. Dans ces négociations, la persuasion voire la menace et le chantage quand il sait qu’il a face à lui des syndicalistes trainant des casseroles. Eh oui, avant d’entamer une négociation, il faut bien investiguer et savoir, avec précision, à qui on a affaire. Il faut dire que Hichem Ben Ahmed est un enfant du Transport et part déjà avec un bel avantage.

    Hatem Ben Salem a opté, également, pour la négociation, mais en refusant tout chantage. Il a refusé de faire subir du chantage à ses adversaires (alors que certains de ses vis-à-vis trainent bien de casseroles capables de les mener devant les tribunaux) et a refusé d’en subir. En guise de réponse pour les grèves et la prise en otage des élèves privés des examens, il s’est limité à ponctionner les jours de grève (ponction appliquée des mois en retard) sans aller plus loin.

    Slim Khalbous a opté pour une toute nouvelle méthode, radicale s’il en est, mais elle a pour mérite de redorer le blason de l’Etat et de refléter un pouvoir puissant qui refuse de se laisser piétiner. Le seul regret est que ses vis-à-vis sont des enseignants-chercheurs, c\’est-à-dire des gens faisant partie de l’élite et de la crème de la crème de ce pays et que leurs doléances (application d’un accord signé en 2018) sont justes sur le fond. Dommage, on ne choisit pas toujours ses adversaires.

    La méthode Khalbous est toute simple, face au syndicat d’Ijaba qui a privé leurs étudiants de leurs examens, il a cessé de payer les salaires. Tout le salaire ! Mieux, les grévistes n’ont même plus droit à la couverture sociale.

    C’est radical ? C’est injuste ? C’est illégal ? Peut-être, mais c’est au Tribunal administratif de dire ce qui est illégal ou pas. Slim Khalbous n’a peut-être pas tout à fait raison dans le dossier Ijaba puisque son département n’a pas respecté un accord signé, mais sa méthode est on ne peut plus efficace, et devrait être généralisée à tous les secteurs. 

     

    Face à ces trois méthodes différentes et assez efficaces, que s’est-il passé ? Si les trois ministres ont le soutien indéfectible de Youssef Chahed (chance que n’ont pas eue Néji Jelloul et Saïd Aïdi) et moyennement par les médias, il est bon de remarquer qu’ils n’ont pas été vraiment soutenus par le reste de la classe politique et de la société. Pire, pour certains d’entre eux, ils ont été vilipendés. On se rappelle encore comment la députée Samia Abbou a été odieuse à l’égard de Hatem Ben Salem.

    Slim Khalbous, également, en a eu pour son grade. Outre les procès qu’on lui colle de toutes pièces, on a vu le comble avec ce chroniqueur (autoproclamé journaliste-analyste) qui lui demandait sur la chaîne publique Watanya 1 pour qui se prend-il pour appliquer aussi fermement la loi ! C’est vraiment le comble ! Une chaîne publique qui fait appel à un chroniqueur pour casser un représentant de l’Etat à qui on reproche d’appliquer fermement la loi !! Devant le silence assourdissant de la Haica (qui n’ose jamais attaquer les chaînes publiques), une chaîne de l’Etat fait appel à un ancien membre-dirigeant du parti Harak et CPRiste notoire, qu’elle présente comme analyste indépendant, pour casser l’Etat !! 

     

    C’est à cause de ce genre de comportement de certains de nos politiques, de nos magistrats et de nos hommes de médias que plusieurs syndicalistes ont pu devenir de véritables bandits et hors la loi.

    C’est à cause d’eux que les chauffeurs pétroliers ont pu défier l’Etat, la loi et la centrale syndicale.

    Ce qu’il faut face au banditisme syndical ? La fermeté, la radicalité et l’application stricte de la loi.

    Quand un syndicaliste prend en otage les examens de ses étudiants et refuse de revenir à la table des négociations, il faut le priver de salaire jusqu’à ce qu’il craque.

    Quand un syndicaliste prend en otage le carburant de toute la population et refuse d’appliquer la loi et les consignes de son syndicat, il faut le licencier car il discrédite l’Etat et le syndicat. On n’est plus dans le militantisme syndical, on est dans le banditisme ! Qu’il aille se plaindre au Tribunal administratif, on verra après. Entre-temps, qu’il rejoigne le banc des chômeurs qui ne veulent pas travailler et que son poste soit offert à un chômeur qui veut travailler.

    L’Etat se doit d’être radical quand ses lois sont bafouées. La loi doit être appliquée coûte que coûte. Les ministres qui font preuve de fermeté quand l’Etat est ridiculisé et que les lois sont bafouées, doivent être soutenus par toute la classe politico-médiatique. Les syndicalistes et CPRistes qui veulent casser cet Etat doivent être mis en hors d’état de nuire, car il y va de notre survie à nous tous que l’on soit Etat, syndicats ou simples citoyens.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *