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Attentat de Nice – La Tunisie face à la barbarie de ses brebis égarées

 

Jeudi 29 octobre 2020, alors que le monde arabo-musulman fêtait le Mouled – la naissance du prophète Mohamed –, la ville de Nice a été frappée en plein cœur par un attentat terroriste. Quelques heures plus tard, l’identité de l’auteur de cette attaque au couteau qui a coûté la vie à deux fidèles et le garde de la basilique Notre Dame de l\’Assomption, est révélée. Il s’agit d’un jeune homme de 21 ans d’origine tunisienne. Il aurait, selon les premiers éléments de l’enquête, quitté le territoire tunisien pour arriver clandestinement à l’île italienne de Lampedusa et ensuite s’envoler vers la France. Une brebis égarée qui est venue entacher davantage l’image de ce petit pays d’Afrique devenu “exportateur de terroristes”. Le pays de la Révolution du jasmin n’est, effet, plus totalement la terre de l’Islam modéré qu’il était.


Avec la révolution de 2011, la Tunisie a été envahi par un fléau appelé extrémisme. La chute de la dictature qui avait réduit au silence l’opposition islamiste a ouvert la porte à la démocratie, la liberté d’expression et – avec elles – des courants politiques d’obédience islamiste. Certains se disent modérés. D’autres clament haut et fort leur projet de califat sans que l\’État – civil a-t-on dit – ne bouge le petit doigt. Un silence qui, d’ailleurs, n’a pas tardé à soustraire à l’Etat un lourd tribut. Des assassinats et attaques à la bombe au Mont Châambi, les “joggueurs” sont passés à des attaques bien plus rodées dans les villes tunisiennes. Sousse et Tunis en portent encore les traces lugubres d’œuvres macabres signées par “des loups solitaires” fascinés par les discours haineux de quelques soi-disant cheikhs et imams apparus comme de nulle part pour diffuser “l\’Islam, le vrai”. Un Islam où il n’y a plus de place aux notions de tolérance et du vivre-ensemble. Un Islam qui punit de décapitation dès que le sacro-saint prophète est moqué par des mots ou par des caricatures.

Ces cheikhs n’étaient, cependant, pas la seule nouvelle influence. La jeunesse tunisienne a, aussi, été subjuguée par l’arrivée sur la scène politique internationale d’une entreprise nouvelle : le groupe terroriste Daech. L’Etat islamique a réussi a attiré dans ses filets des milliers de jeunes tunisiens désemparés. Ils seraient plus de 6000 à avoir rejoint la première ligne du combat fanatique que menait Daech en Syrie et en Irak pour propager ses idées sombres et sa vision d’un monde où l’Islam – leur Islam – triompherait des koffars (mécréants, ndlr) en premier et des musulmans modérés ensuite.

Ces nouveaux tradesetters ont été rejoints, très vite, par des représentants du peuple. Des députés – animés d’une aversion envers l’Occident – ont fait de l\’hémicycle et des réseaux sociaux une tribune pour vomir leur haine, cracher des menaces et justifier le terrorisme, dans l’impunité la plus totale. Mais que faire?! Que dire; quand le président de la République, lui-même, le chef des armées, le sommet de l’Etat, se permet de dire que la Oumma islamique ne saurait accepter des atteintes au lieu d’adresser ses condoléances à son homologue français. Que dire que, quand, seul le ministère des Affaires étrangères se contente de gribouiller un communiqué pour “dénoncer” un attentat commis par un Tunisien, au lendemain d’un autre communiqué diffusé – cette fois là – pour condamner les caricatures. Que dire quand la toile tunisienne se divise entre ceux qui pleurent le malheur de la France, expriment leur solidarité, et ceux qui voient en cette triste tragédie un triomphe de l’Islam et en le meurtre d’innocents l’expression d’une vengeance céleste.

 

L’enquête que le Parquet tunisien a ouverte ne vient-elle pas un peu trop en retard? Suffira-t-elle pour essuyer ce mal qui nous ronge, effacer la haine qui nous a éclaboussés? Cela nous étonnerait, tant que nous avons des Seif Eddine Makhlouf, des Rached Khiari, des Béchir Ben Hassen, et un Etat qui laisse faire dans l\’impunité.

Nadya Jennene 

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