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Les Yankees nous sauveront

 

Dans le sillage de l’offensive occidentale pour contrer la Russie et donc préserver ses intérêts et son hyperhégémonie, des personnalités américaines, dont plusieurs ambassadeurs, ont lancé un appel au président Biden afin de s’occuper aussi du cas Tunisie. Les campagnes de lobbying pour rétablir au pouvoir les gentils, dociles et très démocrates partenaires de la dernière décennie, dégagés un certain 25 juillet 2021, semblent marcher comme sur des roulettes. Que viennent faire ici l’Ukraine et la Russie, me diriez-vous ? Le parallèle a été établi par ces même personnalités américaines afin de justifier des « sanctions » et des pressions accrues sur le régime du pas-très-commode président Saïed. Celui-là même qui n’a eu de cesse de fustiger dans ses discours, lunaires, les tentatives d’intervention des puissances étrangères.

« Nous redoublons d\’engagement et de soutien aux démocraties à travers le monde. Ce principe guide vos efforts pour diriger le monde libre dans la défense de la démocratie ukrainienne contre l\’agression russe. Pourtant, l\’Ukraine n\’est pas le seul pays confronté à de graves menaces pour sa démocratie, c\’est pourquoi nous vous écrivons maintenant pour exhorter votre administration à intensifier les efforts américains pour aider la Tunisie à inverser son rapide retour à l\’autoritarisme », voilà qui est dit. La démocratie ukrainienne, pro-occidentale, est menacée par Poutine. La démocratie tunisienne, occident friendly, est menacée par Saïed. En toute logique, les Etats-Unis se doivent d’agir en leur qualité de défenseurs attitrés des valeurs démocratiques et des libertés dans le monde.

 

On se rappellera l’Irak ou la Syrie, ça a bien ouvré pour instaurer la démocratie et défendre la veuve et l’orphelin. Tout cela bien évidemment, n’a aucun rapport avec une quelconque lutte d’influence ou des visées hégémoniques. Non, rien à voir. Comme pour l’Ukraine actuellement, il s’agit tout simplement de défendre une noble cause.  

« Les États-Unis devraient faire tout ce qu\’ils peuvent afin d’aider, à la fois pour protéger les intérêts américains et pour défendre les valeurs démocratiques », annotent ces personnalités à l’adresse de Joe Biden. La bonne vieille ingérence des puissants, qui s’arrogent le droit de regard, couchée sur une petite lettre.

 

Pourquoi en sommes-nous là ? Pourquoi en est-on à guetter qu’un tour de vis US vienne s’abattre sur nos têtes à tous ? Indépendamment de l’interventionnisme américain, il faut dire que Kaïs Saïed a bien (mal serait plus adéquat) œuvré à tendre le bâton pour se faire battre. Au lendemain du 25-Juillet où il a écarté une classé politique honnie, obnubilé qu’il était par le soulagement et la jubilation de la population, le président a entamé sa longue série de cafouillages. Il s’est mis en tête d’avoir empoché un chèque en blanc et le voilà qui s’attèle à imposer sa propre vision et son étrange projet politique. Il lui a fallu des mois pour nommer un gouvernement, des mois pour annoncer une feuille de route qui s’avère être calquée sur ses aspirations et excluant pratiquement toutes les forces vives du pays. Il a donné des garantis sans tout à fait les respecter. Il a pondu décrets sur décrets pour renforcer sa mainmise politique. Dans son entreprise de montée en puissance, il a omis que la situation économique dramatique lui explosera à la face, que son Etat est acculé, que des trous émaillent son budget, que l’Etat est criblé de dettes, qu’il peine à payer ses fonctionnaires et ses créanciers et qu’il dépend fortement des puissances et institutions internationales qui nous tiennent par… là où ça fait le plus mal.

« Nous recommandons que votre administration consente un soutien économique supplémentaire pour la Tunisie uniquement à l\’issue de ce processus », demandent les signataires à Biden. « Cette conditionnalité devrait s\’appliquer à toutes les formes d\’assistance supplémentaire, y compris les nouvelles aides bilatérales et les garanties de prêt, le pacte du Millennium Challenge Corporation et le soutien aux prêts des institutions financières internationales ». Comprendre, on ferme le robinet, plus de jus, on vous provoque un effondrement économique, jusqu’à ce que, acculé, vous n’auriez d’autre choix que de céder. L’addition démocratique risquerait d’être bien salée, si cet appel venait à tomber dans une oreille réceptive.  

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