Le chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a assuré dans une allocution publiée à la date du 21 mars 2022 par la page officielle de la présidence de la République, que la consultation nationale n’a rien coûté à la Tunisie.
« L’Etat n’a payé aucuns millimes. Tout cela a été accompli grâce à la volonté du peuple », a-t-il déclaré. La volonté du peuple suffit-elle à couvrir les frais de la réalisation de cette consultation ? L’absence de factures ou de bons de commande, signifie-t-elle l’absence de coûts ? L’équipe de BN Check s’est penchée sur la chose afin de vous fournir les réponses à ces questions.
Il est vrai que le budget de l’Etat, selon la Loi de finances de l’année 2022, ne contenait pas de rubriques ou de dépenses dédiées à la consultation nationale. Néanmoins, le suivi du déroulement de cette consultation prouve que l’Etat s’était engagé dans ce projet politique et y a considérablement contribué.
En premier lieu, nous pouvons évoquer le développement de la plateforme, la création d’un algorithme et l’exploitation d’un serveur. Ceci a nécessité la réquisition de fonctionnaires et l’utilisation de ressources matérielles appartenant à l’Etat.
En second lieu, nous pouvons mentionner le harcèlement des citoyens à travers l’envoi continu de SMS afin de les pousser à participer au projet politique du président. Ceci nécessite encore une fois la mobilisation d’un serveur et de ressources logistiques. A noter que l’Etat avait conclu un accord avec les opérateurs téléphoniques. Mais ceci ne signifie pas l’absence de frais sûrement couverts par l’argent collecté auprès du contribuable, car, Tunisie telecom, entreprise étatique, a envoyé ce genre de SMS aux citoyens tunisiens. Elle a, également, permis la possibilité d’utiliser un code USSD afin d’obtenir un identifiant.
Ensuite, n’oublions pas les spots publicitaires diffusés à plusieurs reprises sur le service public. Les différentes radios et la télévision nationale ont bombardé les Tunisiens de publicités soulignant l’importance de la consultation. Ces spots publicitaires ont été diffusés tout au long du déroulement de cet événement.
Enfin, le gouvernement n’a pas hésité à mobiliser des hauts fonctionnaires et représentants de l’Etat tels que des ministres, des délégués et des gouverneurs et de les faire participer à des campagnes sur terrain durant les heures de travail. Ainsi, ils ont exploité les locaux, les voitures de fonction et les équipements de l’administration tunisienne.
S.G










