La présidente du Parti destourien libre (PDL), Abir Moussi, est revenue, mardi 15 novembre 2022, sur la conférence organisée par son parti politique il y a quelques jours pour présenter son programme économique détaillé et en a profité pour s’attaquer aux réformes, au gouvernement et à Saïed.
Au micro de La Matinale de Myriam Belkadhi sur Shems FM, Mme Moussi a considéré que l’absence des médias, notamment la Télévision tunisienne, pour la couverture de la conférence comme étant un point noir dans l\’histoire de la Tunisie.
Elle a spécifié que cette conférence sera suivie par douze conférences sectorielles, que la préparation du programme présenté avait commencé en 2019 et qu’on a poursuivi son affinage tout au long de ces dernières années.
Et de marteler : « Nous avons voulu montrer au monde et à toutes les institutions financières internationales que la Tunisie regorge d’intellectuels, d’experts et de compétences dans le domaine économique et qu’il y a un programme de réformes proposé et approuvé par les hautes compétences du pays. Nous avons voulu aussi monter que le programme de réformes ne peut pas se faire avec 400 fonctionnaires qui ne peuvent pas s’opposer à leurs supérieurs. Nous avons également voulu montrer que ce pouvoir a largué les compétences, ne les reconnaissant plus, les traitant de tous les noms, et imposant un programme sans valeur et sans fondements ».
Ainsi, la présidente du PDL a indiqué que le parti politique a invité les représentants présents en Tunisie du Fonds monétaire international (FMI), des institutions financières internationales, des agences de coopération internationales, des missions diplomatiques, des Nations-Unies, du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud), etc. pour justement leur présenter leur programme économique.
Elle a souligné : « Les réformes ne peuvent se faire avec des diktats et des décrets, mais à travers des négociations constructives. Nous estimons que ceux qui se considèrent comme une alternative doivent se préparer avant d’arriver au pouvoir et que pour mettre en œuvre des réformes, il faut une volonté politique, un minimum d’indépendance intellectuelle et d\’honnêteté politique ».
Et de poursuivre : « Les Tunisiens ne veulent pas de dialogue du cheikh (faisant référence à Rached Ghannouchi, ndlr) ou avec ceux qui ont détruit l’économie ou ceux qui ont vidé les finances publiques ».
Abir Moussi a estimé que la priorité aujourd’hui est économique et financière. Elle a évoqué dans ce cadre l’instabilité des positions du gouvernement et les mensonges proférés, en notant que des ministres se démentent et le président les dément souvent.
Elle a fait remarquer que la cheffe du gouvernement Najla Bouden s’est engagée avec le FMI pour la mise en place de certaines réformes mais qu’en parallèle le chef de l’Etat la désavoue ouvertement sur plusieurs volets.
« On se demande dans quel pétrin se trouve Mme Bouden ? Il y aura sûrement beaucoup de surprises dans ce processus ! », a-t-elle estimé, car pour elle on est en train de négocier pour l’intérêt du peuple tunisien afin de restaurer les finances publiques et garantir l’avenir de l’économie tunisienne mais sans avertir le peuple tunisien et sans le faire participer.
Et de soutenir qie le FMI, s’il avait un gouvernement fort devant lui et une autorité qui respecte ses compétences, n’aurait pas imposé son programme de réformes. Il lui aurait demandé de mettre en place un programme qui permettrait de maitriser le déficit budgétaire.
I.N










