Le médecin chirurgien Mohamed Sadok Boudaya a été agressé physiquement durant les heures de travail et alors qu’il se trouvait à l\’hôpital Charles Nicolle à Tunis.
Le médecin a précisé, dans un post partagé sur les réseaux sociaux, mardi 22 novembre 2022, que le fils d’une patiente décédée s’en est pris à lui, lui infligeant de multiples contusions.
« Le fils d\’une patiente décédée m\’a tabassé en me donnant des coups de poing à la tête, m\’a insulté et m\’a humilié devant les résidents et les patients. Résultat : une commotion cérébrale, des céphalées, des bleus, sans parler de l\’impact moral », a écrit le chirurgien, soulignant que le travail à l’hôpital public devient de plus en plus dangereux et ingrat.

Il ne s’agit pas d’une première, les agressions commises sur les médecins se multiplient, au mois d’avril dernier, un chirurgien a été agressé et tabassé à l’hôpital régional de Gafsa. Des faits vivement condamnés par le secteur qui a revendiqué une présence sécuritaire renforcée au niveau des établissements de santé publique.
On rappellera que mille médecins ont quitté la Tunisie l’année dernière. C’est ce que nous apprend un reportage diffusé sur ARTE et intitulé : « Tunisie, le grand exode des médecins ». Les médecins fuient le pays par centaines par manque de moyens dans les hôpitaux, manque de reconnaissance, des salaires misérables, des conditions de travail lamentables… Manifestations et sit-in n’ayant mené à rien, aucun effort de réforme n’ayant abouti, nos médecins ont décidé de se sacrifier ailleurs.
« Ce sauve-qui-peut général » ne semble pas préoccuper les autorités de tutelle. Les Tunisiens, eux, pleurent leurs médecins partis en masse à l’étranger. Plusieurs internautes ont partagé le reportage sur la toile s’interrogeant sur le devenir du secteur et leur droit à la santé. Certains ont déploré le mutisme des autorités dans un pays où la décadence se poursuit à tous les niveaux.
Leurs compétences reconnues à l’étranger, notamment en France, les médecins – jeunes et moins jeunes – s’expatrient de plus en plus. Leur fuite vers de meilleurs horizons s’est intensifiée durant les dix dernières années alors que le chaos règne dans les hôpitaux. Car par-dessus les conditions de travail catastrophiques, leur intégrité physique se trouve, aujourd’hui, menacée. Plusieurs médecins, cadres, techniciens, et autres professionnels de la santé ont été victimes d’agressions dans les établissements de santé publique. D’autres ont perdu la vie dans un ascenseur dysfonctionnel.
M.B.Z










