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Législatives 2022 : ces députés qui n’ont pas besoin de faire campagne


L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a publié, à la date du 11 novembre 2022, la liste préliminaire des candidatures acceptées pour les élections législatives anticipées du 17 décembre 2022. La liste comporte plus de 1.000 noms pour 154 des 161 circonscriptions électorales. L’Isie avait indiqué depuis le début de mois de novembre qu’il n’y avait pas de candidats au niveau de sept circonscriptions. De plus, une candidature unique a été enregistrée au niveau de dix circonscriptions. Ces personnes, dont les dossiers avaient été acceptés par l’Isie, sont devenues des membres du prochain parlement avant même la tenue des élections. Mais qui sont-elles ?

Sept des dix circonscriptions ayant enregistré une candidature unique se trouvent à l’intérieur du territoire tunisien. Il s’agit de celle de Cité El khadhra- El MenzahBab Bhar – Sidi Béchir, le Kram, El Mourouj – Bir El KassaaRaoued 2, Sokra 2 et Beni Khedache. Les trois autres circonscriptions se trouvant à l’étranger sont celles de France 2, France 3 et d’Italie. Pour ce qui est de nos élus n’ayant pas besoin de faire campagne, il s’agit de :

 Maher Hadhri : candidat à la circonscription El Mourouj – Bir El Kassaa. Il s’agit, également, du président actuel de la Municipalité d’El Mourouj. Il a été élu à ce poste à la suite des élections municipales partielles de décembre 2021. Il a officiellement accédé à la présidence de la mairie en janvier 2022. Il s’était présenté en tant que candidat de la liste « Al mourouj tourid« . Maher Hadhri est titulaire d’un master en physique de la matière condensée obtenu auprès de la Faculté des Sciences de Tunis. Le jeune maire était actif au sein de la société civile et à participer à plusieurs actions axées sur les questions d’ordre écologique et environnemental.

 Thabet El Abed : candidat à la circonscription de Cité El khadhra- El Menzah. Il s’agit du directeur régional du centre irakien de développement de l’économie. Il est, également, chef de l’entreprise « Holding marble company« . Thabet El Abed est connu pour avoir fait partie des leaders de Nidaa Tounes. Il avait intégré le comité élargi du parti politique en mars 2018. 

 Adel Bouslimi : candidat à la circonscription Bab Bhar – Sidi Béchir. M. Bouslimi est fonctionnaire au sein de la Tunisair. Il était, également, candidat aux élections législatives de 2019. Il était à la tête de la liste indépendante « Nabdh Tounes » qui s’était présenté à la circonscription électorale de Tunis 1. Il soutient publiquement et ouvertement le processus entamé par le président de la République, Kaïs Saïed depuis l’annonces des mesures exceptionnelles du 25 juillet 2021.

 Hichem Hosni : candidat à la circonscription du Kram. Il était membre de l’Assemblée nationale constituante. M. Hosni était candidat en 2011 en tant que représentant du Parti Populaire Progressiste. Il était membre de la commission de la magistrature judiciaire, administrative, financière et constitutionnelle. M. Hosni est titulaire d’une maîtrise en mathématiques. Il est militant politique et syndicaliste depuis le règne de Ben Ali. Il avait été convoqué, en 2014, à comparaître devant le procureur de la République. Il avait affirmé que des députés étaient coupables de corruption et avaient parrainé des candidats aux présidentielles de 2014 en échange de dix mille dinars.

 Abdelhalim Boussema : candidat à la circonscription de Raoued 2. Il s’agit encore une fois d’un ancien de Nidaa Tounes. Plusieurs personnes affirment qu’il s’agit de l’un des amis proches de Hafedh Caïd Essebsi, fils de feu Béji Caïd Essebsi, ancien président de la République. Abdelhalim Boussema est gérant d’une entreprise privée.

 Abedessalam Hamrouni : candidat à la circonscription électorale de Beni Khadeche. Il est proche du Mouvement Echaâb. Il a suivi ses études à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis (communément connue sous le nom de 9 avril 1938). Il y a décroché un master en histoire contemporaine. Il occupe la fonction d’enseignant d’histoire et de géographie. Il fait partie de la coordination nationale des enseignants vacataires.

 Sami Ben Abdelali : candidat à la circonscription électorale d’Italie. Il habite à Palerme. Il était, également, député de l’Assemblée des représentants du peuple, dissoute par le chef de l’Etat, Kaïs Saïed. Il était à la tête de la liste indépendante « Kolna Twensa » lors des législatives de 2019. M Abdelaali a intégré le bloc parlementaire Al Mostakbal de novembre 2019 à octobre 2020, puis le bloc de La Réforme. Il était, avant cela, fonctionnaire au sein du consulat de la Tunisie à Palerme et avait occupé la fonction de conseiller de Rosario Crocetta, gouverneur de la région de Sicile.

 Riadh Jaidane : candidat à la circonscription électorale de France 3. Il est avocat et ancien député. Riadh Jaidane a été élu en 2014 et en 2019. Pour son premier mandat, l’avocat s’était présenté comme candidat de la liste indépendante « L’appel des Tunisiens à l’étranger » (circonscription France 2). Il a intégré en 2016 le bloc parlementaire de Afek Toune. Pour son deuxième mandat, Riadh Jaidane était tête de la liste « Aich Tounsi » (circonscription France 2). Il a, par la suite, intégré le bloc parlementaire « Allégeance à la patrie ».

Les deux autres candidats sont Omar Barhoumi et Faten Nsibi. Peu d’informations sont disponibles à leur égard. Omar Barhoumi est candidat à la circonscription de France 2. Faten Nsibi est candidate à la circonscription de Soukra 2. Il s’agit d’une ancienne étudiante à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis, soit la faculté à laquelle le président de la République enseignait dans le passé.

Par ailleurs, cette campagne électorale fait l’objet de plusieurs polémiques. Les opposants au chef de l’Etat évoquent une fuite en avant et des élections non conformes aux standards internationaux. Certains les qualifient même de truquées avant leur tenue. L’attitude de l’Isie n’arrange pas les choses. Celle-ci avait opéré des changements au niveau des délais de dépôt des candidatures sans apporter d’explication ou motiver cette décision. Par la suite, elle a rendu publique une décision relative à la couverture médiatique de la campagne électorale sans consulter la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle. Plusieurs personnes évoquent ce point afin d’affirmer que l’Isie était devenu un outil de propagande du pouvoir en place et ne cherchait qu’à garantir la concrétisation du projet de la gouvernance par les bases. Ils estiment que nous aurons droit durant les prochains jours à une drôle de campagne.

 

Sofiene Ghoubantini

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