Dans le cadre de la deuxième édition du « US-Africa Leaders Summit », le président de la République Kaïs Saïed a prononcé, jeudi 15 décembre 2022, une allocution sur le thème « Une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable ».
À cette occasion, le chef de l’État a affirmé que Tunisiens et les Tunisiennes recherchent la justice et la liberté en Tunisie et dans le monde. Dans son discours, il a soutenu : « Il n\’y a pas de remède efficace à nos problèmes qu\’après un diagnostic correct de la maladie », notant dans ce contexte que « les accords et conventions conclus et les textes de loi adoptés n’ont pas produit les effets et les résultats auxquels les peuples aspirent ». Et d\’assurer que « des millions ont été tués, des millions sont morts de faim, et des millions vivent comme s\’ils n\’appartenaient pas à l\’espèce humaine », en s\’interrogeant : « sommes-nous vraiment des nations unies ? »
Kaïs Saïed a souligné que le peuple tunisien, comme tous les peuples du monde, ne veut pas revenir en arrière et ne veut pas retourner dans le passé qu\’il souhaiterait voir révolu.
Et d’affirmer dans ce contexte : « Notre peuple, comme tous les peuples africains, a beaucoup souffert. Et si le monde d\’aujourd\’hui est en train de se refaçonner à nouveau, après que la mondialisation a atteint son paroxysme, alors le devoir demande de tracer les repères d\’une nouvelle ère, d\’un nouveau chemin que nous tracerons ensemble, et qui ne peut être tracé par une seule partie. Nous devons être actifs, en nous basant sur le principe d\’égalité entre les États, et l\’égalité n\’a de sens que si elle ne se fonde pas sur la justice, car elle est l’introduction naturelle de la liberté et de la sécurité ».
Le président a poursuivi en s’interrogeant : « Sommes-nous dans un seul globe, ou dans un globe qui est toujours divisé en deux parties, une première partie pour les riches et une deuxième partie pleine de richesses, mais où s’aggrave la pauvreté et des milliers de milliers d’êtres humains meurent de la faim et des guerres ? ».
S’adressant à l’assistance, il a invité les personnes présentes à rechercher de nouvelles solutions avec une autre approche humaine, afin que la sécurité prévale pour tous, et afin qu’il n’y ait pas de retour aux siècles passés et aux solutions dépassées, et qu’il assimile à des médicaments périmés.
Et de marteler : « Nous sommes en mesure de diagnostiquer les causes de la souffrance de nos peuples, alors œuvrons à identifier des solutions efficaces dont l’impact touchera tout le monde. Quant aux médicaments proposés par les milieux financiers et monétaires internationaux, ce ne sont pas des médicaments, mais plutôt un marquage au fer rouge ou une allumette près des matériaux explosifs alors que les classifications publiées de temps à autre se basent sur des chiffres alors que les êtres humains ne sont pas de simples chiffres ».
Le président de la République a appelé à ce que les dettes accumulées depuis des décennies soient abandonnées, et à œuvrer pour récupérer les fonds spoliés étant un droit subtilisé à de nombreux peuples africains, dont celui tunisien. Et de soutenir : « Les rêves de l\’humanité sont communs », en appelant à ajuster les montres pour bâtir un monde sur la base de la justice et de la liberté.
Notons que le « US-Africa Leaders Summit » avait démarré mardi 13 décembre à Washington pour se poursuivre pendant trois jours. Au menu des discussions : sécurité, économie, santé et changement climatique.
I.N










