Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué, dans la nuit de mercredi 4 octobre 2023, une visite nocturne en centre-ville et à Jbel Jloud. Une vidéo a été postée tard dans la nuit de mercredi à jeudi 5 octobre 2023, à 1h17, sur la page de la présidence de la République.
Son premier arrêt était la fontaine du centre-ville de Tunis. Inspectant l’état de la fontaine, le président de la République a relevé l’incompétence des conseils municipaux notant que l’eau de la fontaine n’a pas été changée pendant dix ans. « Il a fallu intervenir pour que la fontaine soit nettoyée ! », a-t-il avancé rappelant que cette fontaine fait partie de la façade du pays tout comme la place emblématique où elle se situe, en référence à l’artère principale du centre-ville, Habib Bourguiba.
Kaïs Saïed a ensuite paradé dans les rues environnantes où il a repéré des épaves de voitures abandonnées. Le paysage ne lui plaisant pas, il a exigé que la chaussée soit débarrassée de ces tas de ferrailles.
Les poubelles entassées dans les rues ne lui ont pas échappé, non plus. La propreté de la Capitale étant un nouveau leitmotiv dans le discours de Kaïs Saïed. Dans un échange à ce sujet avec le ministre de l’Intérieur, Kamel Feki, qui a avancé un manque de moyens, le président de la République a rétorqué notant que les collectivités locales, le Bardo notamment, avaient réussi à un certain moment à mobiliser plus de 400 mille dinars. Il a également critiqué, dans ce sens, le modèle architectural élaboré pour ce quartier de la Capitale assurant qu’il n’a aucun lien avec l’histoire du Bardo. A cette remarque, Kamel Feki a promis d’examiner la question.
De passage devant l\’agence d’une banque publique, Kaïs Saïed a dénoncé le manque de cachet dans les environs. « Qu’ils participent aux efforts. Ils en ont les moyens ! », a-t-il lancé en s’adressant au ministre de l’Intérieur. Celui-ci a confirmé la disponibilité des moyens et des services notant qu’en dépit de cela rien ne se fait.
Continuant sur des kilomètres à pieds, le président de la République a aussi évoqué l’affaire des détenus politiques dans son échange avec le ministre de l’Intérieur. Il n’a pas manqué de tacler ses opposants politiques notant l’alliance entre les islamistes et les autres courants politiques. « Avant on le traitait d’assassin et les voici en grève de la faim ensemble ! », a-t-il déclaré en référence au dirigeant islamiste Rached Ghannouchi et les prisonniers politiques détenus dans le cadre d’une affaire de complot contre la sûreté de l’État. « Ils se sont unis (…) On parle d’une grève de la faim en France aussi, mais il n’en est rien ! », a-t-il ajouté.
Arrivé au niveau de la station de train qui lie Tunis à Radès, Kaïs Saïed a exprimé son insatisfaction de voir uniquement deux gardiens. Il a, également, souligné qu’il était possible de faire appels aux experts à la retraire pour améliorer les performances des chemins de fer. « Il y a une panne au niveau des rails et selon plusieurs témoignages de citoyens, les voitures sont déséquilibrées par manque d’entretien », a-t-il signalé mettant en garde contre une éventuelle catastrophe. Un agent présent sur place lui a signifié le manque de moyens. « Non ! Ce n’est pas une question de moyens ! Les moyens on peut bien les dépasser quand chacun se sacrifie un peu pour la patrie ! », lui a répondu le président de la République.
Le locataire de Carthage a clôturé sa visite dans le quartier de Jbel Jloud où il a échangé avec la foule venue à sa rencontre.
N.J.










