Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Lettre ouverte de la FIJ à Kaïs Saïed

 

Le 28 décembre, le journaliste tunisien Zied El Heni a été arrêté et détenu à la suite d\’une émission diffusée sur la radio privée IFM. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et son affilié, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), ont envoyé une lettre ouverte à M. Kais Saied, président de la République tunisienne, lui demandant de respecter la Constitution, de protéger la liberté de la presse et de veiller à la libération immédiate de Zied El Heni et des autres journalistes qui se trouvent derrière les barreaux.


Ci-joint la traduction intégrale de la lettre ouverte: 


Lettre ouverte à M. Kais Saied, Président de la République tunisienne : Le chef de l\’Etat doit exercer ses pouvoirs pour faire respecter la constitution et protéger la liberté de la presse


Monsieur Kais Saied, Président de la République tunisienne, 


La Fédération internationale des journalistes (FIJ), signataire de cette lettre ouverte, exprime sa plus vive inquiétude face à l\’emprisonnement fréquent de journalistes, en totale contradiction avec les dispositions de la Constitution tunisienne relatives à la liberté d\’expression et des médias. Nous sommes conscients que la Tunisie célèbre actuellement l\’anniversaire de la révolution du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011, au cours de laquelle les Tunisiens se sont soulevés contre la corruption et la tyrannie.


Monsieur Kais Saied, Président de la République tunisienne, 

L\’arrestation du journaliste Zied El Heni et son emprisonnement dans l\’attente de son procès, selon le  Code des Telecommunications , ont fondamentalement porté atteinte aux garanties prévues par la constitution tunisienne, les lois et les accords internationaux que le pays a signés dans le cadre de la protection des journalistes. En outre, elle a ouvert la porte à des violations flagrantes de la loi et de la procédure qui pourraient l\’exposer à une peine de deux ans d\’emprisonnement. 


Le cas de Zied El Heni n\’est pas isolé, mais indique clairement l\’existence d\’une politique systématique d\’instrumentalisation des procédures légales et du système judiciaire pour intimider, brimer et emprisonner systématiquement les journalistes. Cette situation est arbitraire, illégale et anticonstitutionnelle et menace de transformer la Tunisie, modèle arabe et international de protection des libertés dans la pratique et la législation, en une grande prison pour les journalistes.


M. Kais Saied, Président de la République tunisienne,

L\’injustice infligée à notre collègue Zied El Heni s\’ajoute aux violations encore plus graves infligées à notre collègue Khalifa Guesmi, qui a été emprisonné par la section terroriste du tribunal tunisien avec la peine la plus lourde de l\’histoire du journalisme dans le pays, cinq ans, pour le crime présumé d\’avoir publié un article de presse précis en utilisant des informations qu\’il a obtenues auprès d\’une source sécuritaire officielle. Dans une affaire marquée par d\’horribles violations, les autorités judiciaires ont pris un temps injustifiable et suspect pour fixer une date pour une audience de suivi depuis mai 2023. La détention injuste et arbitraire de notre collègue Chadha Haj Mbarak, jugée depuis septembre 2021 pour complot présumé contre la sécurité intérieure de l\’Etat, se poursuit alors que la loi tunisienne garantit son jugement en état de liberté. Il s\’agit d\’un abus de pouvoir manifeste et d\’une violation des procédures.


M. Kais Saied, Président de la République tunisienne, 

Tous les cas mentionnés ci-dessus auront des répercussions négatives sur la liberté d\’expression et la liberté de la presse en Tunisie, ainsi que sur le droit du public à l\’information. Elles portent toutes atteinte aux règles et à la déontologie des journalistes professionnels, qui peuvent exercer leur métier à l\’abri de la domination de centres d\’influence politiques et financiers autoritaires. Nous comptons sur vous pour user de tous vos pouvoirs pour faire respecter la Constitution, protéger la liberté de la presse et assurer la libération de nos collègues Zied El Heni, Khalifa Guesmi et Chadha Haj Mbarak. Il est temps de mettre fin à l\’application arbitraire de lois et de décrets qui violent les procédures de poursuites contre des journalistes.


S.H

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *