Suite à notre article intitulé « 9,5 MDT pour I Watch en 2023 dont 4,5 MDT de l’Union européenne » publié le 4 janvier 2024, l’ONG I Watch nous a envoyé un droit de réponse que nous publions en intégralité conformément à la déontologie et à la loi. Notre réponse suit.
En réponse au « informations » relayées dans votre article publié le 04 Janvier 2023 sous le titre « 9,5 MDT pour I Watch en 2023 », qui manque de précision journalistique et contient de nombreux amalgames, nous souhaitons apporter quelques éclaircissements pour vos respectueux lecteurs.
Fondée en 2011, IWATCH a mené ses activités pendant trois ans sans bénéficier de financements considérables, contrairement à ce qui a été avancé dans votre article. Comme indiqué sur notre site web, IWATCH n\’a reçu de financements de l\’Open Society Foundation qu\’en 2018, soit un peu plus de 7 ans après sa création. Ce financement a été conforme aux lois en vigueur et encadré par un contrat de subvention détaillant les modalités de financement.
Créée à l’aube de la révolution, notre organisation s\’est consacrée à promouvoir l\’intégrité de la vie politique en tant que moyen stratégique pour lutter contre la corruption dans notre pays. Ainsi, nous avons privilégié le traitement d\’enquêtes et d\’alertes visant à mettre en lumière les actions des personnes politiquement exposées (PPE) ou des acteurs actifs de la scène politique en Tunisie. Cette stratégie visait à concentrer nos efforts sur des affaires classées comme de « Grande Corruption » dans le cadre des théories de la lutte contre la corruption. Ces enquêtes ont été menées avec rigueur dans le cadre d\’un travail civique responsable visant à exposer les faits et à promouvoir la transparence.
Notre travail de lutte contre la corruption englobe plusieurs dossiers qui ont été conclus par des décisions de justice, entraînant l\’arrestation ou la recherche des individus soupçonnés de corruption. Ainsi, nous rejetons toute allégation de nature fallacieuse ou imprécise et encourageons le travail de journalisme d’investigation factuel respectant les éthiques de la profession et les normes de cette discipline journalistique.
Contrairement à l\’affirmation avancée dans le même article selon laquelle l\’organisation aurait dépassé « le cadre de ses programmes » initiaux, il est important de préciser qu\’I WATCH reste fidèle à ses objectifs fondamentaux. Bien qu\’elle ait évolué au fil des ans en intégrant des éléments médiatiques tels qu\’une radio et une plateforme de fact-checking, ces ajouts s\’inscrivent dans sa mission de promouvoir la transparence de la vie politique, de lutter contre la corruption et de défendre les droits des consommateurs. L\’extension vers des formats médiatiques, entre autres, est une approche stratégique visant à amplifier l\’impact de ses initiatives et à impliquer un public plus large, le tout dans le cadre de ses objectifs d\’origine.
Par ailleurs, nous tenons à préciser que les normes comptables des associations diffèrent de celles des sociétés commerciales. Notre rapport financier certifié suit la structure des rapports financiers telle qu\’indiquée dans la norme comptable NCT 45 relative aux associations. Cependant, nous aimerions éclaircir que la rubrique CH4 englobe toutes les autres charges supportées par l\’organisation pour la réalisation de son activité courante, toujours conformément à la NCT45. Plus précisément, ces dépenses englobent divers aspects opérationnels tels que des subventions en cascade, des frais logistiques, d\’impression, bureautiques, ou toute autre dépense nécessaire à la réalisation des activités mentionnées dans notre rapport narratif de l\’année correspondante.
Il est également essentiel de souligner que, conformément aux dispositions du décret-loi 88-11, le comité directeur des associations doit exercer ses responsabilités à titre bénévole. Ainsi, nous tenons à confirmer que notre comité directeur ne perçoit aucune rémunération au sein d\’IWATCH. De plus, il est à noter que l’organisation ne dispose pas dans son organigramme d\’une position de directeur exécutif depuis 2018. Par ailleurs, les dépenses liées aux salaires auxquelles l\’article susmentionné fait référence cachent une importante employabilité pour une organisation de la société civile. Au cours de l\’année 2022, IWATCH compte parmi son équipe professionnelle entre 59 et 64 jeunes employé.e.s à plein temps.
La différence « observée » dans les chiffres entre ceux affichés sur le site web et ceux certifiés par le commissaire aux comptes pour l\’année 2022 s\’explique par le fait que les dons étrangers encaissés font partie de la trésorerie avec d’autres sources de financement (prestations de service, cotisation, dons du personnel…) et le rapport financier est un document comptable englobant la totalité des opérations financières. Ainsi, l’origine de cette différence est clairement identifiable dans notre rapport financier et correspond principalement au reliquat des subventions non dépensées de l\’année 2021, au reclassement du reliquat des subventions non-dépensées de l’année 2022 et aux dons reçus du personnel.
Finalement, I WATCH réitère son engagement envers la transparence et continuera à respecter les normes comptables et les lois en vigueur. L\’organisation s\’engage à fournir des informations précises et complètes sur ses activités financières, sous la supervision des organes de contrôle compétents.
Réponse BN : Nous remercions I Watch pour son droit de réponse courtois, contrairement à ses habitudes, du moins à celles de ses anciens dirigeants.
Par souci d’exactitude, nous relevons cependant que Business News n’a jamais évoqué Open Society, contrairement à ce qui est mentionné dans le droit de réponse. S’il est vrai que la fondation de George Soros n’a pas financé directement I Watch, il aurait été utile de mentionner que cette dernière figure parmi les financiers de Transparency laquelle finance I Watch à son tour. On appelle ça un tour de passe-passe.
I Watch dit que ses enquêtes ont été menées avec rigueur dans le cadre d’un travail civique responsable. Ceci n’est pas notre avis. I Watch a exposé au lynchage public plusieurs personnalités publiques tunisienne (politiques et d’affaires) bafouant la présomption d’innocence. Ceci s’est vu à de multiples reprises à ses premières années. Quant à l’exactitude, les tribunaux trancheront puisque I Watch a fait l’objet de plusieurs plaintes en diffamation, déposées par ses victimes.
Pour ce qui est des normes comptables, c’est le propre commissaire aux comptes d’I Watch qui a évoqué les normes des sociétés commerciales dans son rapport et non Business News.
Quant à la non-rémunération des dirigeants, c’est très fort probable que l’actuelle direction ne perçoit pas de rémunération. Mais cela n’a pas toujours été le cas. En 2015, le directeur exécutif a perçu quelque 54079 dinars sous forme d’honoraires. En 2016, les honoraires sont devenus un salaire et le montant a été de 50603 dinars. Peu importe le chiffre, Business News n’a pas mentionné dans son article une quelconque rémunération des dirigeants. Nous avons juste signalé que le commissaire aux comptes n’a pas relevé le chiffre et ceci s’explique maintenant puisqu’il n’y a plus de chiffre à la base.










