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Présidentielle, les dés pipés sont-ils déjà jetés ?

 

La course à la présidentielle est bel est bien lancée. Le top départ a été donné lorsque le Président, dans sa grande mansuétude, a confirmé la tenue du scrutin dans les délais. Les gens avaient applaudi la décision du chef de l’État de maintenir les élections comme si c’était un exploit ou une faveur. Une belle preuve, s’il en est, du climat général dans le pays. Tout dépend du bon vouloir d’un seul homme.    

 

Après des mois de stagnation, la scène nationale connait un regain d’effervescence. Il est clair que cette présidentielle, en plus d’être l’événement qui prédominera la vie politique durant cette année, constituera un tournant décisif pour les adeptes du processus du 25-Juillet et pour ses détracteurs. Cette élection déterminera ainsi l’avenir du pays en fonction de l’identité du vainqueur. Le camp présidentiel pariera sur une victoire pour poursuivre l’instauration de son processus et ses opposants pour y mettre fin.  

 

Mais cette élection se déroulera dans un climat des plus tendus, pas uniquement politique, mais aussi social et économique avec un bilan des plus médiocres du gouvernement présidentiel. Depuis l’été 2021, un coup d’arrêt a été porté à la transition démocratique. D’anciens mécanismes, qu’on pensait révolus, ont été ravivés par un pouvoir qui a installé son emprise en éliminant toute menace pouvant le déstabiliser. Une mainmise totale sur les appareils de l’État, une justice matée et aux ordres, répression des voix dissidentes, intimidations, poursuites, figures de l’opposition sous les verrous pour des accusations gravissimes…. Il n’est plus nécessaire d’énumérer, encore et encore, les manœuvres entreprises par le régime, pour prouver que l’arbitraire règne désormais. C’est une vérité indéniable.

Pour qu’une élection soit qualifiée de loyale, les faits précités ne devraient pas exister. Et pourtant ils existent, ce qui nous amène à dire que les dés ne pourraient être que pipés. L’inégalité des chances est évidente, la situation est biaisée en faveur d’une seule et unique partie.

 

Le chef de l’État n’a toujours pas annoncé officiellement qu’il se présentait à sa propre succession. Cependant, tout un faisceau d’éléments convergent et permettent d’établir qu’il le sera. Comment pourrait-il en être autrement, alors que le stade final des sommets stratosphériques n’a pas encore été atteint ?

Les soutiens de la cause juillettiste sont de sortie et affirment que la campagne de M. Saïed est fin prête. Cette sortie des soutiens charrie bien évidemment toute une panoplie de viles accusations et injures visant les potentiels adversaires, et aussi son lot de répugnante obséquiosité. Ils se disent prêts et font monter la sauce, d’aucuns affirmant que ceux qui s’opposent au président sont, sans exception, des traîtres à la nation, d’autres que le président est l’unique élu capable de guider le peuple vers les lumières.

M. Saïed, qui n’est pas encore candidat, semble de son côté en campagne. Il multiplie les visites et les bains de foule. Il convoque ses ministres et nous gratifie de monologues où l’on retrouve ses sujets de prédilection. Mais, surtout, l’offensive contre ses détracteurs est montée d’un cran. Le meilleur exemple qui démontre l’entrée dans une nouvelle phase, est l’étrange et glaçant communiqué de Carthage où l’on constate un niveau de hargne et de véhémence jamais égalé. En plus des effrayantes accusations, l’on relève aussi que le chef de l’État critique ses opposants en les faisant paraître uniquement préoccupés par la présidentielle contrairement aux autres scrutins. Il s’adresse ainsi à son peuple pour lui démontrer que ces personnes sont intéressées et reluquent exclusivement son trône, qu’elles veulent le pouvoir pour le pouvoir et non pas pour le servir.  

 

Faut-il le rappeler, les potentiels candidats sérieux sont en prison. Un autre potentiel candidat s’est prononcé et s’est retrouvé quelques jours après dans le viseur des thuriféraires du régime qui ont diffusé une info sur un mandat d’amener international à son encontre. C’est devenu une blague dans la sphère qui s’intéresse à la chose politique : celui qui ose se porter candidat se retrouvera poursuivi… Une bien triste blague.

 

Le pouvoir hausse donc le ton et ses propagandistes sont sur le pied de guerre. Une attitude qui interroge. Est-ce la manifestation d’une crainte que les choses tournent mal malgré tous les efforts pour verrouiller le pays ? Le pouvoir aurait-il des inquiétudes qu’une surprise survienne ? Comprendre, une possible défaite face un candidat autour duquel tous ceux qui ne sont pas d’accord avec le processus s’uniraient.   

Cette fébrilité nous amène à une certitude. Les oppositions commettraient une erreur stratégique en boycottant le scrutin, en dépit du climat qui favorise le candidat-président et quand bien même les dés seraient pipés. M. Saïed le sait et il l’a avoué involontairement, ce ne sont pas les législatives ou les locales qui pouvaient changer la donne, mais bien la présidentielle.

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