La Tunisie compte aujourd’hui près de 5.000 immeubles classés comme menaçant ruine sur l’ensemble du territoire. C’est ce qu’a indiqué Moncef Soudani, directeur de l’amélioration de l’habitat au ministère de l’Équipement, lors de son intervention sur Express FM, mercredi 5 novembre 2025.
Le responsable a précisé que le gouvernorat de Tunis concentre à lui seul plus d’un millier de bâtiments, soit environ 1.100, en raison de sa densité urbaine et de l’ancienneté du tissu bâti. La situation est également préoccupante dans plusieurs autres régions : environ 550 immeubles ont été recensés dans le gouvernorat de Mahdia, près de 300 à Bizerte, 300 à Nabeul, et 175 dans le gouvernorat de Jendouba. D’autres gouvernorats comptent également près d’une centaine de bâtiments chacun.
Ces chiffres évoluent constamment, a souligné Moncef Soudani, en fonction des interventions menées sur le terrain. Certains propriétaires procèdent à des travaux de rénovation lourde, d’autres optent pour la démolition puis la reconstruction, tandis que de nouveaux cas apparaissent parallèlement. La dynamique est donc fluctuante et demande un suivi administratif et technique continu.
Dans la seule municipalité de Tunis, plus de 500 opérations de constat ont été menées par une commission tripartite composée des services du ministère de l’Équipement, de la municipalité et des services du patrimoine. Ces constats permettent d’évaluer l’état réel des bâtiments et d’orienter les décisions d’intervention, qu’il s’agisse de rénovation ou d’évacuation en situation de danger imminent pour les habitants ou pour les passants.
Selon Moncef Soudani, le cadre légal actuellement en vigueur, notamment la loi n°33 de juin 2024, encadre la procédure de classification, de mise en demeure et d’intervention, tout en tenant compte de la responsabilité première du propriétaire dans l’entretien de son bien. Dans les situations où celui-ci est dans l’incapacité matérielle ou juridique d’agir, la loi permet à la municipalité d’intervenir à sa place, notamment pour l’évacuation et les travaux urgents, avec des modalités de remboursement fixées par accord.
M.B.Z











2 commentaires
HatemC
Le centre de Tunis, jadis surnommé « le petit Paris » ou « la ville européenne », est en ruine avancée. Et ce n’est pas seulement une question de moyens : c’est un choix politique, culturel et idéologique, explicite ou implicite.
Tunis s’effondre sous nos yeux.
Le centre Art déco, jadis joyau méditerranéen, tombe en ruine.
Ce n’est pas un héritage colonial à effacer, c’est notre histoire à sauver.
Laisser mourir ce patrimoine est un crime culturel.
Le centre-ville européen de Tunis : un héritage unique
Bâtiments Art déco, néo-mauresques, modernistes des années 1920-1930, comparable aux plus belles villes méditerranéennes.
Témoignage d’une époque où Tunis était ouverte sur le monde et innovante dans son architecture.
Aujourd’hui : façades décrépites, immeubles insalubres, balcons effondrés.
Pourquoi ? Parce que ce patrimoine est encore perçu par certains comme l’héritage du colonisateur, donc indigne d’être valorisé.
Une idéologie post-indépendance a préféré glorifier le « style arabo-musulman » au détriment de ce patrimoine.
Pourtant, Rome, Alger, Hanoï ou Casablanca ont compris que préserver l’héritage colonial, c’est aussi préserver leur histoire et attirer le tourisme culturel
MA question montre bien la différence fondamentale entre la France et la Tunisie dans la gestion du patrimoine.
En France, la préservation et la rénovation du patrimoine bâti reposent sur un système institutionnel solide, hiérarchisé et coordonné entre l’État, les collectivités locales et les architectes spécialisés.
– Le Ministère de la Culture
C’est le pilier central. Il fixe la politique nationale de protection du patrimoine (lois, budgets, labels).
En France, préserver le patrimoine est un DEVOIR NATIONAL
En France, le patrimoine bâti n’est pas seulement un héritage, c’est une fierté collective et un levier culturel et économique.
Chaque immeuble ancien, chaque façade, chaque place publique raconte une histoire que l’État, les collectivités et les citoyens s’efforcent de préserver
À l’inverse, en Tunisie, le patrimoine immobilier est considéré comme un fardeau, non comme une richesse.
Les bâtiments historiques de Tunis, Sfax, Bizerte ou La Goulette tombent en ruine, sans que ni l’État, ni les municipalités, ni les Ordres professionnels ne s’en émeuvent vraiment.
Les lois existent, mais elles ne sont ni appliquées ni respectées.
Citoyen_H
IL S’AGIT SOUVENT DE LIEUX
appartenant à des français, pour la plupart expatriés, avec des loyers dérisoires, datant de l’indépendance, et dont les occupants n’ont jamais payé aucune charge.
Faut pas prendre, les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.
C’est la mentalité typique du Néandertalien Tunisien.
Il veut tout, sans rien débourser.
C’est vraiment dommage de laisser toute cette partie du patrimoine national, et de bien d’autres, tomber en ruine.
Au rythme où vont les choses, ces derniers temps, il ne faudra pas s’étonner, qu’un jour, tous les occupants de ces lieux en péril, organisent des manifs pour imposer à l’État, de remettre à neuf, toutes les bâtisses faisant offices de leurs logements, gratuitement, bien entendu.
Qui vivra verra !