L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis un an en Algérie, a bénéficié d’une grâce présidentielle. Le président Abdelmadjid Tebboune a accédé à une demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, qui plaidait pour le transfert de l’auteur vers l’Allemagne afin qu’il y soit soigné.
Une demande humanitaire venue d’Allemagne
Selon un communiqué officiel de la présidence algérienne publié mercredi 12 novembre 2025, Abdelmadjid Tebboune a « répondu favorablement » à la demande du président allemand.
Frank-Walter Steinmeier avait sollicité une mesure de clémence pour Boualem Sansal, âgé et souffrant de problèmes de santé, rappelant « sa situation fragile » et « la nécessité d’un traitement approprié ».
L’auteur du célèbre roman Le village de l’Allemand avait été condamné en appel en juillet dernier à cinq ans de prison.
Paris exprime son soulagement
À Paris, le gouvernement français a salué la décision d’Alger.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exprimé devant les députés son « soulagement » après l’annonce de la grâce, souhaitant que l’écrivain « puisse rejoindre ses proches au plus vite » et bénéficier des soins nécessaires.
« Nous remercions du fond du cœur celles et ceux qui ont contribué à cette libération, fruit d’une méthode faite de respect et de calme », a-t-il déclaré, insistant sur la voie diplomatique qui a permis ce dénouement.
Les avocats saluent “la victoire de l’humanité”
Les avocats français de Boualem Sansal, Me Pierre Cornut-Gentille et François Zimeray, se sont réjouis que « l’humanité ait prévalu sur toute autre considération ».
Dans un communiqué transmis à l’AFP, ils ont dit accueillir « avec une profonde satisfaction la nouvelle de (sa) libération, après l’épreuve d’une trop longue détention ».
Les deux juristes ont également salué « le rôle de l’Allemagne dans ce dénouement », soulignant que le dossier de leur client « devait être dissocié des aléas diplomatiques ».
BN avec AFP











Commentaire
HatemC
Une grâce présidentielle révélatrice de la dérive diplomatique algérienne
Au-delà de la façade humanitaire, cette décision révèle la nature profondément sélective et opportuniste de la diplomatie algérienne actuelle.
L’Algérie n’a agi qu’après une intervention étrangère, et non par souci de justice ou de droits humains.
La grâce de Boualem Sansal n’est pas une victoire de l’humanité, comme le disent ses avocats :
c’est une mise en scène d’un régime en quête de respectabilité extérieure, après avoir étouffé toute liberté intérieure.
Un geste qui révèle, paradoxalement, la faiblesse diplomatique et morale d’une Algérie isolée, prisonnière de ses rancunes historiques et incapable de s’émanciper d’un discours de haine devenu sa seule identité politique.
La Tunisie devrait se désolidariser d’un régime algérien devenu voyou
Depuis 2021, Kaïs Saïed a cherché à resserrer les liens avec Alger, au point de donner l’image d’une soumission stratégique
Tunis semble suivre Alger, non par choix, mais par faiblesse.