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Jaouadi accuse, Belkhir disparaît : Mourali tente de reprendre le contrôle

Par Myriam Ben Zineb

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, est longuement revenu, lors de son intervention devant la séance plénière conjointe du Parlement tenue mardi 18 novembre 2025, sur deux dossiers qui agitent actuellement le paysage sportif : celui du champion du monde Ahmed Jaouadi et celui de l’haltérophile Ghofrane Belkhir, dont le départ soudain en Norvège a provoqué une vive polémique.

Soutien financier à Jaouadi : le ministère défend sa version

Concernant Ahmed Jaouadi, le ministre a rappelé les efforts consentis par l’État pour accompagner l’athlète dans sa carrière internationale. Deux contrats de soutien ont été conclus avec lui : le premier en 2024 pour un montant de 375.000 dinars, et le second, signé en mai 2025, pour 350.000 dinars. Le champion a perçu un premier versement de 185.000 dinars en juin 2025, assorti d’un certificat d’émission de devises déposé sur son compte le 22 août. Sadok Mourali a assuré que le ministère continuait d’honorer tous ses engagements malgré les ressources limitées du Fonds national de promotion du sport.

Polémique autour du contrat : le champion contre-attaque

Cette version intervient dans un contexte où Ahmed Jaouadi a lui-même dénoncé des dysfonctionnements dans la gestion de son dossier. Le 16 novembre 2025, le champion du monde du 800 m nage libre a affirmé avoir tenté « à plusieurs reprises » de contacter les services concernés pour finaliser son contrat administratif, préparé selon lui depuis février, mais resté sans signature. Son père aurait également tenté de joindre un responsable du ministère, sans succès.

Le nageur soutient que les autorités ne l’auraient contacté qu’après son sacre mondial à Singapour, en juillet 2025, où il avait remporté la médaille d’or en 7’36’’88, troisième meilleur temps de l’histoire. Sur le même plateau, un haut responsable du ministère a toutefois affirmé que les négociations n’avaient débuté qu’en mai et que les fonds destinés à la rémunération de son entraîneur avaient été transmis à la Fédération tunisienne de natation.

Une affirmation immédiatement contestée par Ahmed Jaouadi, qui dit avoir lui-même contacté le responsable deux semaines avant son départ pour les États-Unis pour réclamer les arriérés dus à son entraîneur, sans obtenir de réponse. Il a déclaré avoir dépensé « 80.000 euros » de sa poche et s’est interrogé publiquement : « Comment puis-je payer mon entraîneur alors que je n’ai même pas de quoi vivre ? », précisant que sa prime ne lui avait été versée que trois jours plus tôt.

La FTN réplique et publie ses chiffres

Face aux accusations, la Fédération tunisienne de natation (FTN) a publié, le 14 novembre 2025, un communiqué affirmant avoir respecté l’ensemble de ses engagements financiers envers l’athlète. Elle cite notamment un premier versement de 185.000 dinars effectué le 6 juin 2025 et un transfert de devises de 105.000 dinars attesté le 28 juillet et déposé sur le compte du nageur le 22 août.

Selon la FTN, ces fonds incluaient 50.000 dinars destinés à la rémunération du coach Philippe Lucas, mais Ahmed Jaouadi ne les aurait pas versés à son entraîneur malgré leur mise à disposition. La Fédération affirme avoir finalisé les démarches pour un dernier versement de 185.000 dinars et réitère son engagement envers la transparence, alors que Philippe Lucas a récemment menacé de saisir la justice.

Fuite de Ghofrane Belkhir : un départ « irresponsable »

L’autre dossier sensible abordé par le ministre est celui de Ghofrane Belkhir. L’haltérophile tunisienne a quitté la délégation nationale en Norvège de manière irrégulière, quelques jours avant les championnats du monde d’octobre 2025. Selon Zied Ayedi, président du bureau provisoire de la Fédération tunisienne d’haltérophilie, elle avait disparu après l’atterrissage à Oslo, lors d’une escale avant de rejoindre la ville de Førde. Déjà sanctionnée pour dopage en 2024, la championne avait demandé à faire une courte promenade dans l’aéroport, laissant son passeport et ses bagages à son entraîneur… avant de ne plus réapparaître.

Les autorités tunisiennes se sont mobilisées dès les premières heures, en coordination avec le ministère et les services norvégiens. Ghofrane Belkhir a ensuite présenté des excuses à son entraîneur et aux dirigeants de la fédération, qualifiant son geste de « décision personnelle ». Les premiers éléments suggèrent qu’elle a choisi d’émigrer clandestinement.

Sadok Mourali a qualifié son acte « d’inacceptable et d’irresponsable », estimant qu’il constitue une trahison vis-à-vis de la délégation nationale. Il a annoncé qu’elle devra rembourser les fonds de soutien qui lui ont été accordés.

M.B.Z

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