Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Pourquoi Samir Taïeb est-il encore en détention ?

Par Nizar Bahloul

Militant de gauche, universitaire respecté et ancien ministre sans fortune, Samir Taïeb croupit en prison depuis novembre 2024 sans la moindre preuve d’enrichissement personnel. Son maintien en détention, alors que d’autres responsables politiques et économiques ont bénéficié d’un traitement plus clément, illustre une justice à géométrie variable, faite de décisions incohérentes et d’un deux poids deux mesures assumé.

Dans la mémoire politique tunisienne, Samir Taïeb n’a jamais appartenu à la catégorie des ambitieux ni des prédateurs. Né à Tunis en 1957, juriste et universitaire, il a passé sa carrière dans les amphithéâtres : d’abord à la faculté de droit de Sfax, puis à celle de Tunis. Pas de bureaux feutrés, pas de business, pas de parcours doré. Sa seule fortune est une petite maison à Radès, achetée avec son épouse avocate.

Militant dans l’âme, il a combattu Ben Ali au sein d’Ettajdid (ex-Parti communiste tunisien fondé en 1934), avant de siéger à l’Assemblée constituante en 2011 et de prendre la tête du parti El Massar, né de la fusion avec le Parti du Travail tunisien et des indépendants du Pôle démocratique moderniste (El Qotb).

Ceux qui ont côtoyé Samir Taïeb décrivent un homme droit, travailleur, austère, profondément honnête. Un homme qui n’a jamais profité de la fonction publique, dont la retraite constitue l’unique ressource. Un homme qui porte bien son nom, Taïeb voulant dire « bon » en arabe.

Nommé ministre de l’Agriculture en 2016, sous le gouvernement Youssef Chahed, il a servi l’État avec la même sobriété que dans sa vie privée. Mais depuis le 25 juillet 2021, Samir Taïeb est devenu une cible du régime de Kaïs Saïed, sans que personne ne sache exactement pourquoi.

La mécanique d’un premier acharnement

La première alerte remonte au 30 octobre 2021. Samir Taïeb est arrêté, avec des responsables de son ministère et un chef d’entreprise, dans une affaire d’équipements informatiques d’une valeur de 800 mille dinars.

Le 26 novembre, le juge d’instruction reçoit un rapport officiel affirmant l’absence totale de violation de la loi. Il décide la libération de tout le monde.

Mais le parquet fait appel. Le quatuor reste en prison, sans justification nouvelle.

Il faudra attendre le 1ᵉʳ décembre pour qu’ils recouvrent la liberté.

Déjà, la logique de la détention interrogeait. Mais ce n’était qu’un avant-goût, Samir Taïeb n’a pas fini avec ses déboires.

Henchir Châal : l’affaire qui a tout déraillé

Le 3 novembre 2024, l’ancien ministre est arrêté brutalement. Un dimanche. Sans convocation. Quatre agents l’embarquent dans la rue pour l’emmener à caserne d’El Gorjani.

Dans le même dossier, des fonctionnaires sont arrêtés mais aussi l’homme d’affaires Abdelaziz Makhloufi, géant de l’exportation d’huile d’olive et un des plus grands exportateurs tunisiens.

L’affaire concerne l’exploitation agricole Henchir Châal, visitée quelques jours plus tôt par le président de la République. Le lien entre cette visite et les arrestations restera un sujet de murmures, jamais clarifié.

Le 11 novembre, un mandat de dépôt est émis avant même l’audition de Samir Taïeb. Il n’est entendu par le juge que quatre jours plus tard.

Depuis, il croupit en prison, en silence.

Un dossier vide

La question principale est pourquoi est-il en prison. De quoi la justice l’accuse ?

Son avocate, Monia El Abed, ne tourne pas autour du pot. Elle explique que le dossier de son client est « vide de toute infraction ».

Elle détaille : « l’unique acte attribué à Samir Taïeb est l’approbation administrative d’un échelonnement des dettes d’agriculteurs en difficulté pour la saison 2017-2018. » Il s’agit d’une simple approbation administrative d’une décision du conseil d’administration de l’OTD concernant l’échelonnement des dettes d’agriculteurs en difficulté pour la saison 2017-2018. « Une procédure parfaitement légale, une mesure sociale, rien d’autre », insiste-t-elle, précisant que la procédure est courante, déjà pratiquée par ses prédécesseurs et ses successeurs.

Depuis son arrestation, l’ancien ministre attend une expertise judiciaire ordonnée le 25 novembre 2024. La mission devait durer quatre mois. Elle en est aujourd’hui à plus d’un an. « Les experts n’ont toujours rien remis », déplore l’avocate, parlant d’une attente « infernalement injustifiée » et totalement hors délais légaux.

 Aucune infraction n’est constituée : ni corruption, ni abus, ni favoritisme, ni enrichissement.

Et surtout, dit-elle, « l’accusation ne tient même pas juridiquement : le ministre n’a pas compétence pour gérer les terres agricoles ni pour fixer les dettes. Ses prérogatives sont encadrées par les textes : il n’exerce qu’une tutelle administrative et commerciale sur les établissements publics. Il n’y a aucun lien entre les faits reprochés et ses fonctions réelles. Aucun. »

L’avocate rappelle également un élément accablant : son successeur immédiat au ministère, Oussama Kheriji, a poursuivi exactement les mêmes politiques d’échelonnement des dettes, allant même « plus loin que Samir » en 2020 et n’a jamais été inquiété.

 L’affaire devient presque caricaturale lorsqu’on observe la suite.

Abdelaziz Makhloufi : le grand accusé… qui sort le premier

Dans l’affaire Henchir Châal, il y a un contraste qui crève les yeux.

Alors que le fonctionnaire Samir Taïeb est maintenu en détention depuis novembre 2024, l’homme d’affaires Abdelaziz Makhloufi — figure centrale du dossier, poids lourd de l’exportation d’huile d’olive — a retrouvé la liberté dès le 5 novembre 2025.

Et ce, avant même que les experts judiciaires ne remettent leur rapport.

Me Monia El Abed ne cache pas son incompréhension. « Le principal accusé sort, le fonctionnaire sans ressources reste en prison. Et tout cela sans expertise, sans conclusion, sans logique », confie-t-elle à Business News.

Ce contraste, dit-elle, n’est pas un simple détail procédural : c’est le cœur du problème.

M. Makhloufi a payé une caution astronomique — cinquante millions de dinars, un montant inédit dans les annales judiciaires récentes.

M. Taïeb, lui, n’a qu’une pension de retraite.

L’écart n’est pas seulement financier. Il est moral, presque philosophique : l’argent accélère, la modestie ralentit.

« Nous avons un responsable politique maintenu en détention, alors qu’aucune infraction ne lui est attribuée, explique Me El Abed, et un homme d’affaires remis en liberté, alors même que le rapport d’expertise — censé éclairer le juge — n’a pas été déposé. »

Elle marque un silence avant d’ajouter : « C’est une incohérence dépourvue de base légale. Une contradiction qui n’honore pas la justice. »

Dans ce dossier, M. Makhloufi n’est pas un figurant. Il est au centre de l’affaire, cité dans la majorité des griefs. Et pourtant, c’est lui qui sort le premier.

C’est Samir Taïeb, celui pour qui « aucune infraction n’existe », celui dont le rôle se limite à une approbation administrative routinière, qui reste en cellule.

Pour Me El Abed, ce dossier illustre une « politique pénale sélective » où l’on extorque les hommes d’affaires et où l’on pénalise des responsables politiques du gouvernement d’unité nationale (2016–2020).

Ce qui reste, dit-elle, n’est qu’une procédure construite « sur un contenu fabriqué, amplifié artificiellement, en totale violation du droit à un procès équitable et des garanties de la défense ».

Une discrimination qui n’a rien d’inédit

La différence de traitement entre Samir Taïeb et Abdelaziz Makhloufi n’est pas un cas isolé.

D’autres dossiers récents ont montré les mêmes décalages dans l’application de la détention préventive.

Dans plusieurs affaires impliquant d’anciens ministres, la règle juridique selon laquelle la liberté est la règle et la détention l’exception n’a pas été respectée de manière uniforme.

Riadh Mouakher, ancien ministre, a passé deux ans en détention préventive dans le cadre de poursuites pour corruption. Après deux années de privation de liberté, il a été acquitté. Acquitté, mais brisé par deux ans de détention abusive et injuste.

Ce cas interroge la proportionnalité et la justification de la détention au stade de l’instruction.

À l’inverse, l’ancien ministre Samir Saïed, également poursuivi dans une affaire de corruption, n’a jamais été placé en détention préventive.

Il a comparu libre pendant toute la durée de la procédure et a été acquitté lui aussi. Peut-être parce qu’il est le ministre de Kaïs Saïed.

Ce n’est donc pas la gravité des faits qui détermine la privation de liberté, ni le poids des preuves, ni l’urgence judiciaire.

C’est autre chose. Quelque chose de plus opaque, de plus politique, de moins avouable où la présomption d’innocence est respectée pour les uns et violée pour les autres.

Les dossiers Mouakher, Saïed et aujourd’hui Makhloufi et Taïeb racontent la même histoire : une justice dont les principes s’effacent au gré des individus, une justice qui s’acharne sur certains, et se montre étrangement clémente envers d’autres.

Et c’est ce glissement qui, aujourd’hui, enferme Samir Taïeb plus sûrement que n’importe quel dossier.

Le prix du silence

Depuis son départ du ministère à la fin de l’année 2019, Samir Taïeb s’est retiré de la vie publique.

Il n’a exercé aucune activité politique, n’a fait aucune déclaration médiatique et n’a pris position dans aucune controverse, y compris après les événements du 25 juillet 2021.

Cette attitude s’est prolongée durant sa détention.

Contrairement à d’autres figures politiques ou syndicales, il n’a pas cherché à médiatiser son cas, n’a sollicité ni campagnes de soutien ni mobilisation publique, et a refusé toute politisation de son dossier. De toutes les ONG nationales et internationales, son cas n’a été évoqué que par le Comité pour le respect des libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie dans un simple communiqué de soutien publié en mai dernier. Son parti El Massar et la LTDH ont maintenu un silence total.

Ce choix de la discrétion n’a produit aucun effet sur le déroulement de la procédure.

Malgré l’absence d’enrichissement personnel, l’absence d’infraction caractérisée, l’absence de compétence ministérielle dans les faits qui lui sont reprochés, et malgré les incohérences relevées dans la gestion d’autres dossiers similaires, Samir Taïeb demeure en détention.

Sa situation met en évidence un point précis : la réserve et la discrétion, qui auraient pu constituer une forme de protection, n’ont pas été prises en compte par l’autorité judiciaire.  Elles n’ont ni accéléré l’instruction, ni atténué les mesures restrictives de liberté, ni permis un traitement comparable à celui d’autres responsables politiques ou économiques.

Il reste détenu dans un dossier où les faits à sa charge sont limités, où les expertises tardent, où d’autres mis en cause — parfois plus centraux — ont bénéficié d’un traitement différent et où la présomption d’innocence, si fondamentale sous d’autres cieux, est violée.

Nizar Bahloul

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

5 commentaires

  1. Hannibal

    20 novembre 2025 | 21h42

    Je ne suis spécialiste des profils tordus n’étant pas psychiatre mais je pense que l’archarnement contre ce monsieur ressemble beaucoup à une volonté d’assouvir certaines pulsions sur ce qui est moins fort que soit. C’est du même genre que la torture d’un chat ou d’un chien.
    Quelle est la solution ? Y a-t-il une cour de justice supranationale ? Sinon, je conseille à son avocate de s’approcher de médias internationaux pour faire du bruit. Pourquoi pas faire un spot qui regroupe toutes ces affaires indignes. Attention ! Le générateur du chaos (copyright un autre commentateur) va se délecter avec ses histoires d’ingérence étrangère.

  2. zaghouan2040

    20 novembre 2025 | 15h44

    Le cas Samir Taieb est terrifiant
    On l’a accusé et emprisonné sur la foi de rumeurs de caniveau comme quoi il faisait du favoritisme avec des affairistes sfaxiens
    Cela est pathologique et confine au racisme regionaliste
    Vous constatez à quel point le niveau est misérable

  3. jamel.tazarki

    20 novembre 2025 | 15h18

    Voici les raisons des dysfonctionnements que connaît la Tunisie dans tous les domaines :

    Nous sommes dans une situation où les structures de contrôle démocratique ont été neutralisées. Ces structures reposent sur la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) pour garantir un équilibre, ainsi que sur des institutions indépendantes, comme les tribunaux. Elles incluent également des mécanismes, comme les élections libres et justes, la liberté de la presse, de réunion et d’expression, et la participation citoyenne (consultations publiques, budgets participatifs).

    1) Institutions et mécanismes de contrôle:
    – Contrôle du législatif sur l’exécutif : Le Parlement a le pouvoir de contrôler et d’interroger le gouvernement.
    – Institutions indépendantes : Des organismes comme les tribunaux ou des institutions spécialisées (contrôle de police, etc.) veillent à la légalité des actions gouvernementales et au respect des droits fondamentaux.
    – Libertés fondamentales : La liberté de la presse, de réunion et d’association permet la discussion publique et le jugement de l’action du gouvernement.
    – Participation citoyenne : Les citoyens peuvent participer directement au processus décisionnel par le biais de référendums, de consultations publiques, de conseils citoyens ou de budgets participatifs

    2) Pas de justice sans le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dont les membres sont élus et non pas nommés par le Président de la République.

    – Le CSM garantie l’indépendance et l’impartialité de la justice, condition nécessaire à l’État de droit. En gérant la carrière des magistrats et en statuant sur leurs nominations et leur discipline, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) contribue à assurer un système judiciaire indépendant des pressions extérieures.

    – Le CSM est le conseil de discipline des magistrats, ce qui lui permet de traiter / contrôler des comportements des juges et procureurs et de veiller à ce que l’institution judiciaire respecte ses devoirs de déontologie.

    – Le CSM renforce l’indépendance des magistrats en évitant toute ingérence politique ou hiérarchique, et en garantissant que les jugements seront basés uniquement sur le droit et les faits du dossier

    – Le CSM contribue à maintenir la confiance du public dans l’institution judiciaire, car l’indépendance et l’impartialité de la justice sont nécessaires pour un procès équitable,

    – Le CSM garantit que l’égalité de tous devant la loi sera respectée, car elle repose sur l’accès à une magistrature impartiale.

    – Les justiciables peuvent saisir le CSM pour dénoncer le comportement d’un magistrat, renforçant ainsi le contrôle de ses actions et sa responsabilité.

    3) Pas de justice sans la cour constitutionnelle
    – L’importance d’une cour constitutionnelle réside dans sa mission de garantir le respect de la Constitution et de l’État de droit, en s’assurant que les lois sont conformes à la loi suprême du pays. Elle protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, limite le pouvoir du législateur et assure l’équilibre entre les pouvoirs publics.
    – Rôle principal:
    — Contrôle de constitutionnalité des lois : Vérifie si les lois et règlements sont conformes à la Constitution et à d’autres textes à valeur constitutionnelle, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
    — Protection des droits et libertés : Protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, en particulier en cas de contestation d’une loi existante (par exemple, via la QPC ou Question Prioritaire de Constitutionnalité).
    — Régulation des pouvoirs publics : Assure le bon fonctionnement des institutions de l’État et veille à l’équilibre des pouvoirs.
    — Contrôle des élections : Veille à la régularité des élections nationales (présidentielle, législatives, référendum) et proclame les résultats.
    — Avis et contentieux : Peut être amenée à donner des avis dans des situations spécifiques et traiter des contentieux.
    — Garantie de la stabilité démocratique : Assure la stabilité démocratique en protégeant la Constitution des atteintes potentielles d’une majorité parlementaire, surtout dans des pays ayant connu des régimes autoritaires.

    4) Pas de justice sans le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dont les membres sont élus et non pas nommés par le Président de la République.
    – Le CSM garantie l’indépendance et l’impartialité de la justice, condition nécessaire à l’État de droit. En gérant la carrière des magistrats et en statuant sur leurs nominations et leur discipline, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) contribue à assurer un système judiciaire indépendant des pressions extérieures.

    – Le CSM est le conseil de discipline des magistrats, ce qui lui permet de traiter / contrôler des comportements des juges et procureurs et de veiller à ce que l’institution judiciaire respecte ses devoirs de déontologie.

    – Le CSM renforce l’indépendance des magistrats en évitant toute ingérence politique ou hiérarchique, et en garantissant que les jugements seront basés uniquement sur le droit et les faits du dossier

    – Le CSM contribue à maintenir la confiance du public dans l’institution judiciaire, car l’indépendance et l’impartialité de la justice sont nécessaires pour un procès équitable,

    – Le CSM garantit que l’égalité de tous devant la loi sera respectée, car elle repose sur l’accès à une magistrature impartiale.

    – Les justiciables peuvent saisir le CSM pour dénoncer le comportement d’un magistrat, renforçant ainsi le contrôle de ses actions et sa responsabilité.

    5) Pas de justice sans la cour constitutionnelle
    – L’importance d’une cour constitutionnelle réside dans sa mission de garantir le respect de la Constitution et de l’État de droit, en s’assurant que les lois sont conformes à la loi suprême du pays. Elle protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, limite le pouvoir du législateur et assure l’équilibre entre les pouvoirs publics.
    Rôle principal:
    – Contrôle de constitutionnalité des lois : Vérifie si les lois et règlements sont conformes à la Constitution et à d’autres textes à valeur constitutionnelle, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
    – Protection des droits et libertés : Protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, en particulier en cas de contestation d’une loi existante (par exemple, via la QPC ou Question Prioritaire de Constitutionnalité).
    – Régulation des pouvoirs publics : Assure le bon fonctionnement des institutions de l’État et veille à l’équilibre des pouvoirs.
    – Contrôle des élections : Veille à la régularité des élections nationales (présidentielle, législatives, référendum) et proclame les résultats.
    – Avis et contentieux : Peut être amenée à donner des avis dans des situations spécifiques et traiter des contentieux.
    – Garantie de la stabilité démocratique : Assure la stabilité démocratique en protégeant la Constitution des atteintes potentielles d’une majorité parlementaire, surtout dans des pays ayant connu des régimes autoritaires.

    Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

  4. jamel.tazarki

    20 novembre 2025 | 15h03

    La suite de mon commentaire ci-dessous :
    -> Je cite M. Mohamed Abbou : « Selon la Constitution actuelle, en cas de vacance du poste présidentiel, le pouvoir revient provisoirement au président de la Cour constitutionnelle. Voir Business News TN du 19/01/2025 à 17:27.

    C’est-à-dire qu’« en cas de vacance du poste présidentiel, le pouvoir revient provisoirement au président de la Cour constitutionnelle ». –> Mais nous n’avons pas de Cour constitutionnelle, et ainsi pas de président de la Cour constitutionnelle. –> Et prétendre que notre constitution est géniale 🙂

    – 7. Des débats socio-économiques et politiques de haut niveau.
    –> Notre récente élection présidentielle était dépourvue de tout débat socio-économique…

    – 8. D’élections législatives, présidentielles et communales (municipales) justes et équitables,
    –>
    L’absurdité des 10 000 parrainages non numérisés et non soumis à l’obligation d’une signature légalisée, et donc facilement contestables à posteriori, et qu’aucun candidat n’a pu passer saint et sauf, à l’exception de KS par sa position…

    – 9. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

    Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

  5. jamel.tazarki

    20 novembre 2025 | 14h57

    Toutes les lois qui n’auront pas été soumises à un contrôle de constitutionnalité exercé par la Cour constitutionnelle finiront dans une poubelle. –> 1ère priorité : est de créer une Cour constitutionnelle, sur la base d’un CSM, dont les membres sont élus et non pas nommés par le Président de la République. La Tunisie a besoin d’un État de droit, et non pas d’une dictature.

    Ce dont la Tunisie a urgemment besoin :
    – 1. D’une Cour constitutionnelle, –> avant la promulgation d’une loi, elle devrait être soumise à un contrôle de constitutionnalité exercé par la Cour constitutionnelle, ce qui nécessite une constitution sans erreurs de pensée, sans contradiction, sans dilemme, et non écrite en solo, sur mesure. Même les lois et les décrets ne devraient pas être en contradiction avec la Constitution.
    –>
    Malheureusement, la Tunisie fonctionne aujourd’hui à travers une confusion de décrets présidentiels, qui se placent, par abus de pouvoir, au-dessus de la constitution et des lois.
    –>
    Je rappelle la hiérarchie des textes dans les pays démocratiques (la « pyramide du droit ») :
    a) Constitution, protégée par la Cour constitutionnelle ; b) Lois ; c) Décrets et arrêtés ; d) Circulaires.
    –>
    Ce qui est nullement vérifié en Tunisie : la preuve est la déformation de la loi électorale (« amendement ») à quelques jours de la récente élection présidentielle.

    – 2. D’une justice indépendante,

    -3. D’un Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) dont la majorité des membres serait élue et non pas nommée par le Président de la République.
    –> La fonction première du CSM est d’assurer l’égale application de la loi et de protéger les droits et libertés des personnes, notamment contre l’éventuel arbitraire du pouvoir.
    –> Par ses prérogatives le CSM contribue à la gestion des ressources humaines du corps de la magistrature. Par son rôle disciplinaire, il vise à garantir l’exemplarité des juges et procureurs. Enfin, par ses travaux, il est une instance de réflexion sur le fonctionnement de la justice, sa déontologie et les valeurs de l’Etat de droit doivent guider son action.

    – 4.D’une Cour de cassation dont la majorité des membres serait élue et non pas nommée par le Président de la République –> la Cour de cassation est le juge du droit. Elle a pour mission de contrôler et d’unifier l’interprétation de la loi afin que les règles de droit soient appliquées de manière identique par l’ensemble des tribunaux et des cours d’appel de l’ordre judiciaire. Elle ne réexamine pas les faits qui sont à l’origine du litige, mais vérifie que la loi a été correctement appliquée et que les règles de procédure ont été respectées. La Cour de cassation ne se prononce donc pas sur le conflit qui oppose les parties, mais sur la qualité de la décision de justice qui a été rendue. –> Dans certains cas, on ne peut pas faire appel d’un jugement, alors il faudrait faire recours à un pourvoi en cassation, qui ne rejugera pas l’affaire sur le fond mais vérifiera le respect des règles de droit.

    – 5. D’une loi électorale intelligente, sans erreurs de pensée, sans contradictions, sans dilemmes, et non écrite en solo…
    –>
    Je cite : « l’aberration de demander des parrainages non numérisés et non soumis à l’obligation d’une signature légalisée, et donc facilement contestables a posteriori [. . .] de ces faits, chaque personne peut revenir sur son parrainage pour des raisons politiques ou pour faire chanter le concerné » voir Business News TN du 17/09/2024 | 10:28.

    – 6. D’une Constitution intelligente, sans erreurs de pensée, sans contradictions, sans dilemme, et non écrite en solo…
    –>
    Je cite Mr. Sofiene Ben Hamida : « En août 2022, il [KS] jette à la poubelle un projet collectif de constitution et publie sa propre constitution. Tant pis pour ce peuple nigaud qui a avalé, sans réagir, la couleuvre des quarante-six erreurs qui se sont faufilées dans le texte publié :))
    Voir Business News TN du 06/04/2025 à 15:59.
    –>
    -> Je cite Mr. Mohamed Abbou : « Selon la Constitution actuelle, en cas de vacance du poste présidentiel, le pouvoir revient provisoirement au président de la Cour constitutionnelle. Voir Business News TN du 19/01/2025 à 17:27.

    Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien

    PS : Je n’ai aucune ambition politique, je voudrais tout simplement revenir à mon village, Tazarka, et vivre dans un État de droit.