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Un député accuse le ministre de l’Éducation de « trahison » envers le président de la République 

Par Nadya Jennene

Lors de son intervention aujourd’hui, jeudi 20 novembre 2025, à l’Assemblée des représentants du peuple, le député Nejib Akermi a livré une critique virulente de la gestion du ministère de l’Éducation, dénonçant une série de manquements structurels, de négligences et de falsifications de données qui affectent directement enseignants et élèves.

« Nous savons que les politiques publiques sont dessinées par le Président de la République et que les grandes options de l’État relèvent de sa responsabilité », a rappelé Akermi. « Mais lorsque la fonction exécutive est partiellement paralysée ou agit contre les décisions présidentielles, il s’agit là d’une situation catastrophique qui ne peut être tolérée. »

Un ministère accusé de saboter les décisions présidentielles

Selon le député, le ministère n’a pas appliqué les mesures décidées par le chef de l’État pour l’amélioration du statut des enseignants et des instituteurs suppléants. « Pourquoi le ministère de l’Éducation a-t-il présenté des bases de données incomplètes et erronées ? Pourquoi n’a-t-il pas assumé ses responsabilités ? » s’est-il interrogé.

« Cela fait plus d’un an et demi que ça dure et cela constitue une véritable trahison des décisions présidentielles, qui avaient appelé à une régularisation complète et à une politique sociale ambitieuse », a-t-il lancé.

Surchargés, non affectés, oubliés : le quotidien des enseignants

M. Akermi a dénoncé les conséquences concrètes de ces manquements. « Aujourd’hui, nous avons des classes surchargées, des enseignants non affectés et des élèves privés d’encadrement. Les parents sont en colère et les enseignants qui veulent participer à l’action éducative ne sont même pas impliqués dans la planification des affectations », a-t-il précisé, citant l’incident survenu à l’école de Mezouna comme exemple dramatique des effets de ces dysfonctionnements.

Il a également mis en lumière le faible encadrement et la mauvaise gestion dans de nombreuses délégations régionales, ainsi que le manque de traitement des dossiers de corruption. « Où allons-nous, Monsieur le ministre ? Nous ne resterons pas silencieux face à l’injustice. Nous sommes venus pour la lutte contre le favoritisme et la corruption, pour donner aux enseignants et aux élèves leurs droits », a-t-il averti.

Le député a rappelé l’importance stratégique du ministère : « C’est une institution qui mérite un leadership strict et responsable. Malheureusement, ce que nous constatons aujourd’hui n’est pas à la hauteur. Les réformes structurelles et les infrastructures éducatives restent insuffisantes, et les enseignants continuent de subir des injustices depuis 2006, 2008, mais aussi depuis 2017 et 2018. »

Il a souligné l’urgence de mettre en œuvre les accords sectoriels conclus avec les partenaires sociaux depuis 2023, destinés à améliorer les conditions des enseignants du secondaire et à régulariser les situations injustes liées aux concours et aux affectations. « Ces accords doivent être activés sur trois ans. Les enseignants sont la colonne vertébrale du ministère et ont droit à un travail digne et à une rémunération équitable », a-t-il insisté.

Infrastructures en ruine dans les régions prioritaires

L’élu a par ailleurs pointé les manquements relatifs aux infrastructures éducatives dans plusieurs gouvernorats prioritaires, notamment Kasserine et Sidi Bouzid. Il a regretté que le ministère n’ait pas répondu aux convocations de la commission de l’Éducation depuis plus de cinq mois, alors même que des rapports détaillaient les dossiers en suspens.

Il n’a pas manqué d’évoquer les enseignants et agents éducatifs victimes de concours entachés de corruption, dont les dossiers restent non régularisés. « Le ministère a présenté des données erronées au Président de la République concernant la régularisation de ces dossiers, sans même préciser les formes, dates ou modalités des concours concernés. Il s’agit là d’une erreur légale et d’une falsification manifeste. »

M. Akermi a lancé un avertissement solennel au ministre de l’Éducation : « Nous sommes venus pour lutter contre la corruption (…) Nous sommes venus pour le 25 juillet, pour la libération. Non à la falsification ! (…) Non au rafistolage ! Nous voulons des solutions radicales aux dossiers évoqués par le chef de l’État et vous avez une responsabilité historique à cet égard, Monsieur le ministre ! »

Un budget en hausse, un secteur toujours en crise

Les élus se penchent ce jeudi sur le budget du ministère de l’Éducation, qui s’élève à 8,7 milliards de dinars en 2026, soit une hausse de 8,16 % par rapport à 2025. La majeure partie de cette enveloppe, près de 85 %, est consacrée aux salaires des enseignants, tandis qu’à peine 8 % sont alloués aux investissements dans les infrastructures et les équipements, alors que le secteur souffre de déséquilibres structurels persistants.

La dégradation des infrastructures scolaires demeure en effet préoccupante : de nombreuses écoles souffrent de bâtiments vétustes, de classes surchargées et d’un manque d’équipements pédagogiques essentiels. Dans certaines régions, surtout à l’intérieur du pays, les élèves doivent suivre leurs cours dans des conditions précaires, ce qui compromet la qualité de l’enseignement et accentue les inégalités entre gouvernorats.

Par ailleurs, le faible investissement dans les outils pédagogiques et technologiques limite la modernisation du système éducatif. Alors que le monde connaît une transformation numérique rapide, les écoles tunisiennes peinent à s’équiper en matériel informatique, en laboratoires scientifiques et en ressources éducatives adaptées aux besoins contemporains des élèves.

N.J

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Commentaire

  1. HatemC

    20 novembre 2025 | 21h27

    Un député accuse le ministre de l’Éducation de « trahison » envers le président. Encore du cinéma politique.
    Mais rappelons un détail simple : qui a nommé ce ministre ?
    S’il a « trahi », cela veut dire que le président s’est trompé en le choisissant.
    Donc la chaîne de responsabilité est claire :
    un ministre qui échoue → un président qui nomme mal.
    Le chaos ne tombe pas du ciel, il part du sommet….

    Ce ministre n’a pas atterri par magie : c’est le président lui-même qui l’a choisi, validé, défendu.
    Donc si le ministre trahit, échoue ou sabote, c’est que le président nomme n’importe qui.
    Honnêtement cette assemblée ressemble à s’y méprendre à une basse cour … des ronds de cuir inutile …. la Tunisie mérite mieux que ces clowns … HC