La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a décidé, vendredi 21 novembre 2025, de mettre en délibéré le dossier lié à l’affaire dite de « l’appareil secret » du mouvement Ennahdha.
La décision est intervenue à l’issue d’une audience consacrée à l’examen de plusieurs demandes de libération présentées au profit d’accusés détenus, ainsi que de requêtes procédurales, avant la fixation de la date de la prochaine séance.
La même chambre a entamé ce vendredi l’examen sur le fond de ce dossier, dans lequel comparaissent, pour des accusations à caractère terroriste, le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, l’ancien chef du gouvernement Ali Laârayedh, l’ancien sécuritaire Fethi Beldi, ainsi qu’un ancien cadre sécuritaire et d’autres prévenus, certains en état d’arrestation, d’autres en liberté ou en fuite.
L’affaire remonte à plusieurs années. Le juge d’instruction près le tribunal de première instance de l’Ariana avait émis, le 9 juin 2023, un mandat de dépôt contre Rached Ghannouchi dans le cadre de ce dossier. Celui-ci avait été déclenché à la suite de la découverte de cartons contenant des documents sensibles : rapports sur la situation sécuritaire du pays, éléments relatifs au fonctionnement du ministère de l’Intérieur, enregistrements, dossiers concernant des personnalités publiques ainsi que du matériel de surveillance. Cette découverte avait marqué le point de départ de ce qui a été par la suite baptisé « l’appareil secret » d’Ennahdha, présenté comme un réseau parallèle composé de civils, de policiers et d’un ancien militaire.
Rached Ghannouchi avait été entendu dans cette affaire dès 2019. En février 2022, Ridha Raddaoui, membre du comité de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, avait affirmé que Nejah Belhaj Ltaief agissait comme l’un des hommes de main du chef d’Ennahdha et jouait un rôle central dans ce réseau présumé. Il aurait été chargé de la collecte de fonds à l’étranger et de leur transfert vers la Tunisie. Selon les déclarations de Me Raddaoui, le réseau incluait également une équipe chargée de surveiller des responsables politiques, des hauts cadres sécuritaires et des magistrats, les enregistrements étant remis directement à Rached Ghannouchi.
Les investigations menées par la justice avaient conduit, le 27 mai 2022, à une interdiction de voyage visant le président du mouvement Ennahdha.
M.B.Z










