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Huile d’olive : Noureddine Nasr met en garde contre la chute des prix et ses effets sur les petits producteurs

Par Myriam Ben Zineb

L’expert international en développement agricole et rural, Noureddine Nasr, a alerté sur les risques liés à la vente d’huile d’olive tunisienne à des prix trop bas. Selon lui, cette tendance fragilise les producteurs et menace l’avenir de la filière.

Lors d’une conférence internationale consacrée à la gestion durable des ressources naturelles, organisée, samedi 22 novembre 2025, à Hammamet, il a souligné la vulnérabilité des oléiculteurs tunisiens face à la pression constante sur les prix. Il a rappelé que, malgré la qualité reconnue de l’huile d’olive tunisienne, celle-ci reste vendue à des tarifs inférieurs à ceux observés dans plusieurs grands pays producteurs comme l’Italie, la Grèce, la Turquie, l’Espagne ou la France.

Pour illustrer ces difficultés, Noureddine Nasr s’est appuyé sur une étude menée avec les universitaires Mohamed Arbi Abdeladhim et Wassim Riahi autour des coûts de production dans le gouvernorat de Zaghouan. L’enquête, effectuée sur onze exploitations et couvrant les campagnes 2023-2024 et 2024-2025, montre que les petites structures, surtout celles dépendant des cultures en sec, n’ont dégagé aucun profit en moyenne. La première saison, marquée par la sécheresse, a occasionné d’importantes pertes et un recours accru à l’endettement. La seconde a été plus favorable grâce à de meilleures pluies, sans toutefois compenser les difficultés accumulées.

L’expert a également dénoncé les campagnes menées chaque année, peu avant la récolte, sur les réseaux sociaux et certains médias pour tirer les prix vers le bas. Un phénomène qui, selon lui, touche en premier lieu les petits agriculteurs, souvent dépendants d’une seule bonne saison après plusieurs années de sécheresse.

Il a rappelé que la plupart des superficies oléicoles du pays — près de 85 % — sont exploitées en sec et que la majorité des domaines, y compris une partie des zones irriguées, relèvent de l’agriculture familiale. Le maintien de prix bas aurait ainsi des conséquences directes sur le niveau de vie des agriculteurs, sur l’économie tunisienne en général et sur l’intérêt des jeunes pour ce secteur.

Deux pistes pour réguler le marché

Pour rétablir un équilibre, Noureddine Nasr propose deux pistes.
La première consiste à renforcer l’intervention de l’État : l’huile d’olive produite par les terres domaniales pourrait être vendue aux Tunisiens à des prix subventionnés, tandis que les exportations seraient alignées sur les cours internationaux, garantissant une marge aux exportateurs. Ce mécanisme instaurerait davantage de transparence et permettrait de concilier les intérêts des différentes parties.

La seconde s’inspire d’expériences étrangères, notamment du modèle saoudien. Dans ce pays, une institution publique achète les dattes aux petits producteurs à des tarifs préférentiels avant d’en assurer la commercialisation. Un dispositif similaire pourrait être adapté à l’huile d’olive via l’Office national de l’huile, et aux dattes via le groupement professionnel dédié.

Noureddine Nasr conclut en appelant à une refonte rapide de la gouvernance agricole afin de garantir la protection des petits exploitants et d’assurer la résilience du secteur de l’olive face aux défis économiques et au changement climatique.

M.B.Z

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Commentaire

  1. Citoyen_H

    23 novembre 2025 | 18h58

    IL N’Y A PAS MILLE ALTERNATIVES……

    Il y a un cours « mondial » de l’huile d’olive.
    Il a baissé de 40% environ, par rapport à la période précédente.
    Le créneau du packaging doit absolument se mettre à la page, et cela, au plus vite.
    La plus-value sur le prix de vente de la valeur de la bouteille d’huile est parfois égale à trois ou quatre fois supérieur, si ce n’est plus, à la valeur intrinsèque du volume d’huile qui s’y trouve.
    Nous devons essayer de développer notre circuit de distribution, mais nous ne pourrons pas échapper à l’emprise des dragons célestes, qui supervisent quasiment tous les circuits de distributions de l’univers !