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Douleur cancéreuse : les médecins alertent sur une pénurie critique d’antalgiques 

Par Nadya Jennene

Un appel d’alerte circule depuis quelques jours parmi les professionnels de la santé concernant la pénurie d’antalgiques utilisés dans le traitement des douleurs extrêmes chez les patients atteints de cancer en phase avancée.

Mohamed Guebsi, médecin algologue et membre de la Société tunisienne d’étude et de traitement de la douleur, a alerté, lundi 24 novembre 2025, sur cette situation jugée « particulièrement critique ». Intervenant dans l’émission Cappuccino sur Jawhara FM, le spécialiste a exprimé la « profonde inquiétude » et la « frustration croissante » du corps médical face à l’absence prolongée de plusieurs dérivés morphiniques indispensables au contrôle de la douleur.

Il a indiqué que certains antalgiques à effet immédiat étaient indisponibles depuis de longs mois, tout comme les patchs transdermiques, pourtant essentiels pour les patients incapables d’avaler des comprimés.

Selon lui, deux médicaments majeurs sont aujourd’hui totalement introuvables sur le marché tunisien, dont la morphine en comprimés, considérée comme un pilier du traitement des douleurs intenses en oncologie.

Face à cette pénurie, le médecin a dit être désormais contraint de vérifier systématiquement la disponibilité des produits en pharmacie avant de prescrire un protocole thérapeutique, une pratique inhabituelle qui illustre la gravité de la situation et son impact direct sur la prise en charge des patients en fin de vie.

Un autre médecin, Aymen Bettaieb, ancien vice-président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, a lui aussi tiré la sonnette d’alarme. Dans une publication datée du dimanche 23 novembre 2025, il a dénoncé la rupture prolongée du Moscontin, un antalgique opioïde prescrit aux patients en phase très avancée de la maladie. 

Ce traitement figure, en effet, parmi les rares options capables d’atténuer les douleurs sévères des malades, souvent éprouvés par la chimiothérapie, les effets secondaires et la progression du cancer.

S’interrogeant sur l’écart entre la formation universitaire et la réalité du terrain, le médecin s’est indigné : « Pourquoi former les étudiants à prescrire ces traitements dans des examens cliniques simulés si ceux-ci sont introuvables dans la réalité ? ».

Entre les ruptures de stock, les traitements indisponibles et des patients en fin de vie laissés sans alternatives, les professionnels de santé réclament désormais une intervention structurelle et rapide pour éviter que la douleur ne devienne, elle aussi, un symptôme négligé du système de santé tunisien. 

N.J

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Commentaire

  1. Gg

    24 novembre 2025 | 17h18

    Comme le faisait remarquer HatemC dans un autre sujet, la Tunisie dépense chaque année 413 millions d’euros pour le pèlerinage à la Mecque.
    La santé, Gabes, ou le pelerinage, c’est un choix…