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Huile d’olive : jusqu’à 150 mille tonnes de stock stratégique pour stabiliser la filière

Par Nadya Jennene

La séance plénière conjointe entre l’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des districts et des régions, tenue dimanche 23 novembre 2025, a été marquée par un ensemble d’annonces structurantes du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydriques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, concernant la préparation du budget sectoriel 2026 et les réformes engagées dans les différentes filières agricoles. 

Au cœur de ces annonces, le secteur de l’huile d’olive, pilier des exportations agricoles du pays, a fait l’objet d’un plan d’intervention renforcé. Depuis mai 2025, une série de concertations a abouti à la décision de mandater l’Office national de l’huile (ONH) pour constituer un stock stratégique compris entre 100 et 150 mille tonnes, et ce à des prix d’achat supérieurs à ceux proposés par les opérateurs privés, afin de stabiliser le marché et soutenir les revenus des producteurs, lit-on dans un communiqué du Parlement. Parallèlement, 230 crédits spécifiques ont été accordés aux oléiculteurs afin d’assurer la continuité des opérations agricoles et de favoriser la fluidité des exportations.

Agriculture et filière animale : approvisionnement, santé du cheptel et préparation de l’Aïd

Le ministre a par ailleurs détaillé l’état d’avancement des programmes engagés dans les autres segments du secteur. S’agissant des intrants agricoles, le rythme d’approvisionnement en engrais atteint désormais 1400 tonnes par jour, malgré un fléchissement conjoncturel. Un stock supérieur à 1000 tonnes d’ammonitrate est actuellement disponible. De plus, la dotation dédiée à la constitution du stock stratégique de semences a été renforcée, passant de 28 à 47 millions de dinars, soit une hausse de 68 %.

Concernant la filière animale, la baisse de près de 20 % du cheptel bovin, imputée aux conditions climatiques extrêmes, a conduit à l’adoption de mesures structurelles, dont la création du Fonds national des fourrages et l’amélioration de la santé animale, selon le communiqué de l’Assemblée. Des programmes ont également été déployés pour soutenir la filière cameline et bovine locale et pour réguler la distribution des fourrages selon les besoins effectifs des exploitants. En matière d’approvisionnement pour l’Aïd al-Idha, un programme spécifique sera communiqué ultérieurement.

Par ailleurs, le ministre a annoncé la reprise des courses hippiques à Manouba dès le 26 novembre 2025, dans le respect des normes sanitaires internationales, et le renforcement des équipes vétérinaires avec le recrutement de 70 praticiens.

Il a également insisté, selon la même source, sur les mesures relatives à la sécurité sanitaire des produits agricoles, notamment l’interdiction d’importer des végétaux vulnérables aux maladies, et la mise en place d’un plan national de lutte contre la cochenille, incluant la diffusion contrôlée de coccinelles et une campagne de taille programmée pour mars 2026. La protection des palmeraies et la lutte contre les infestations, telles que l’acarien de la poussière, demeurent également prioritaires.

Dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture, le ministre a assuré que son département œuvrait à moderniser les infrastructures portuaires, renforcer la qualité des produits, lutter contre la pêche illicite et numériser la gouvernance du secteur. Les dossiers de corruption au sein des institutions dépendantes du ministère continuent d’être traités en coordination avec les instances de contrôle et la justice, a-t-il ajouté. 

Ressources hydriques et gouvernance : réformes, Code des eaux et adaptation climatique

Sur le volet des indemnisations agricoles, l’ensemble des dossiers relatifs aux sinistres 2023–2024 a été validé et les versements sont en cours, tandis qu’un nouvel appel à adhésion au Fonds de compensation est en préparation, a indiqué Ezzeddine Ben Cheikh.

Concernant les réformes institutionnelles et foncières, le ministre a réaffirmé que le changement de vocation des terres agricoles demeure un dispositif exceptionnel pouvant mettre en péril la sécurité alimentaire.

Pour ce qui est du projet de décret portant création de l’Office national des dattes, le ministre a précisé qu’il n’avait pas abouti en raison de chevauchements de compétences. 

En termes de gouvernance des ressources hydriques, le ministre a indiqué que la nouvelle version du Code des eaux avait été finalisée et serait prochainement soumise au Parlement, après son adoption en Conseil des ministres. Cette mise à jour législative s’inscrit dans une démarche de rationalisation de la gestion de l’eau et d’adaptation aux tensions croissantes sur les ressources.

Parallèlement, il a souligné que la SONEDE poursuivait la mise en œuvre de ses réformes structurelles, notamment à travers la création de nouvelles directions régionales, l’établissement de sept nouveaux districts, ainsi que l’acquisition d’équipements destinés à optimiser la performance opérationnelle et à améliorer la qualité du service public de l’eau.

Le ministre a, en outre, fait état d’une amélioration notable du niveau de remplissage des barrages, malgré la persistance d’une pression significative sur les nappes phréatiques, situation qui continue de nécessiter une gestion prudente et une planification hydrique renforcée.

Au sujet de l’Agence de l’investissement agricole, il a souligné que cette structure était devenue le premier organisme national accrédité par le Fonds vert pour le climat, ouvrant la voie à la mobilisation de financements internationaux destinés à l’adaptation climatique. 

N.J

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