Le projet du gouvernement britannique d’instaurer d’ici 2029 une carte d’identité numérique nationale suscite une forte inquiétude au Royaume-Uni, alimentée par un flot continu de désinformation venue de l’extrême droite.
Dans un pays qui n’a jamais adopté de carte d’identité, le gouvernement travailliste de Keir Starmer avait pourtant pris des précautions: il a annoncé en septembre que cette carte d’identité ne serait introduite qu’en 2029, et assuré que la future carte ne serait pas obligatoire, simplement nécessaire pour prouver son droit à travailler.
Cela n’a pas empêché des figures d’extrême droite, opposées au projet comme la plupart des partis d’opposition, de la présenter comme un nouveau moyen pour le gouvernement de contrôler la vie des citoyens.
Ils affirment que la carte d’identité numérique sera utilisée pour stocker des données sur les vaccinations et sur l’empreinte carbone, ou encore pour limiter l’accès aux voyages en avion et à la nourriture.
Nigel Farage, le leader du parti anti-immigration Reform, a assuré sur la chaîne de télévision de droite GB News que des données médicales seraient bientôt ajoutées et que les non-vaccinés seraient traités comme des « citoyens de seconde classe », sans aucune preuve.
« Déviez de la ligne, dites quelque chose qui ne leur plaît pas et ils vous couperont: pas de voyage, pas de voiture, pas de dépenses, pas de vie », a aussi affirmé Renee Hoenderkamp, médecin et commentatrice sur GB News.
« Aucune de ces affirmations n’a de fondement factuel« , a déclaré à l’AFP un porte-parole du gouvernement britannique. « Nous avons été clairs : la carte d’identité numérique ne sera pas obligatoire, et ce ne sera pas un crime de ne pas en avoir une ».
« La carte d’identité numérique donnera aux gens plus de contrôle sur la manière dont leurs données sont utilisées et garantira que tout le monde puisse accéder aux services publics dont ils ont besoin« , a-t-il ajouté.
Pétition et débat au Parlement
Mais l’opinion publique est sceptique: selon une enquête de l’institut More in Common réalisée fin septembre, 45% des Britanniques étaient opposés à cette carte, contre 31% favorables.
En décembre 2024, lorsque plusieurs ex-ministres de l’Intérieur avaient appelé à la création d’une telle carte, ils étaient 53% à soutenir l’idée, selon More in Common.
Et près de trois millions de personnes ont signé une pétition contre le projet, suffisamment pour organiser un débat au Parlement, prévu le 8 décembre.
« Ce n’est pas marginal, c’est un problème politique central, qui soulève des préoccupations aux plus hauts échelons de la politique« , a souligné Silkie Carlo, directrice du groupe de défense des libertés individuelles Big Brother Watch, qui a présenté aux députés les craintes que suscite le projet.
Profitant de ces inquiétudes, des TikTokeurs ont accumulé des millions de vues en publiant des vidéos générées par IA de gigantesques manifestations contre la carte d’identité numérique dans le centre de Londres, alors que les participants étaient en fait peu nombreux.
« Rien ne devrait être imposé »
Parmi eux David Icke, un éminent théoricien britannique du complot, qui a manifesté contre la carte d’identité numérique à Londres en octobre avec plusieurs centaines de personnes.
L’organisatrice de la manifestation, l’étudiante en droit Fiona Hine, avait été arrêtée lors de manifestations contre le confinement. « Il s’agit entièrement de liberté et de liberté de choix: rien ne devrait nous être imposé », a-t-elle indiqué à l’AFP.
Reprenant des tropes conspirationnistes connues, Hine a accusé une « élite » internationale — y compris Tony Blair, qui soutient depuis longtemps l’idée d’une telle carte, et Klaus Schwab, fondateur du Forum économique mondial — d’être derrière ce projet de carte d’identité numérique.
© Agence France-Presse











2 commentaires
Gg
Bonjour HE!
Comme vous avez raison, mille fois raison!
Je vous rejoins totalement.
Si on aime son pays son drapeau, sa culture, si on n’est pas woke et genriste… on est d’extrême droite!
Ras le bol des partis de gauche et des journalistes de gauche!
HE
Dés que le pouvoir en place se voit bousculer , il accuse l’extrême droite, d’ailleurs je n’ai jamais compris ce que veut dire l’expression extrême droite aujourd’hui, car l’histoire de cette expression est fait référence à Mussolini,Hitler et autre Franco, avons nous aujourd’hui des hommes comparable à ces monstres, la réponse est non, « l’extrême droite » veut arriver au pouvoir par la voie des élections et donc démocratiquement, alors je vous conseille BN d’arrêter de répéter naïvement, la bienpensance des dirigeant d’aujourd’hui.