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Réchauffement climatique : la Tunisie contrainte d’avancer l’exportation de ses agrumes

Par Myriam Ben Zineb

À l’approche de la saison des agrumes, les professionnels du secteur se préparent à un calendrier d’exportation bousculé par les changements climatiques. Invité sur les ondes d’Express FM, Imed El Bey, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Nabeul, a fait le point sur l’état d’avancement de la campagne 2025 et les perspectives pour la maltaise, fleuron des exportations tunisiennes.

Un démarrage anticipé de la saison d’exportation

Habituellement, les premières expéditions importantes de maltaise débutent entre le 5 et le 13 janvier. Mais cette année, les conditions climatiques ont accéléré la maturation du fruit, notamment le taux de sucre, poussant les opérateurs à avancer le départ des cargaisons.
« Nous nous préparons à exporter la maltaise avant le Nouvel An, entre le 15 et le 30 décembre », explique Imed El Bey. Cette réorganisation vise à compenser la réduction progressive de la saison causée par le réchauffement : au lieu de s’étendre jusqu’en avril comme auparavant, les exportations se terminent désormais dès le mois de mars.

La France, marché pivot de la maltaise

La France demeure le principal débouché pour la maltaise tunisienne, captant entre 90 et 95 % des volumes exportés. Le produit y jouit d’une réputation bien installée, et les consommateurs attendent chaque année son arrivée sur les étals.
« La France est le marché qui donne toute sa valeur à la maltaise », rappelle Imed El Bey, soulignant que ce pays joue aussi le rôle de plateforme de redistribution vers l’Allemagne et d’autres pays européens.
L’an dernier, malgré une baisse notable sur le marché français (5500 mille tonnes exportées), la Tunisie est parvenue à maintenir un volume global satisfaisant grâce à d’autres débouchés, et notamment le marché libyen, atteignant environ 12000 à 14000 tonnes d’exportations d’agrumes.

Un apport en devises essentiel pour l’économie

Les agrumes génèrent chaque année entre trente et 35 millions de dinars de recettes en devises. Outre leur importance économique, les exportations permettent aussi de stabiliser le marché local en évitant les surplus, souvent préjudiciables aux producteurs.

Qualité et spécificité : un atout tunisien

Le président de l’Union régionale insiste sur la singularité des agrumes tunisiens : un goût et une qualité liés directement au climat et au terroir.
« Ce sont des caractéristiques que l’on ne retrouve pas ailleurs », dit-il, rappelant que cette identité gustative reste un argument majeur face à la concurrence internationale.
Sur le marché local comme à l’export, le fruit est le même. Seuls les procédés de conditionnement diffèrent, afin de répondre aux normes internationales : lavage, tri, calibrage et emballage spécifique pour supporter le transport maritime.

Un rendement stable pour le marché intérieur

La production de cette année est similaire à celle de la saison précédente, considérée comme très bonne. Elle devrait couvrir largement les besoins des consommateurs tunisiens, tout en permettant des exportations équilibrées.
Quelques difficultés ont toutefois été observées dans certaines régions, notamment en raison des maladies ou de la cératite. Les traitements ont globalement été efficaces, limitant les pertes.

Quand l’orange à jus sera-t-elle disponible ?

Les premières oranges de petit calibre commencent tout juste à apparaître sur les marchés. Quant à la maltaise destinée au jus, elle sera plus largement disponible dans les dix à quinze prochains jours, le temps que son taux de sucre atteigne le niveau optimal.

M.B.Z

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