Le Brésil a « donné au monde une leçon de démocratie » avec le procès qui a conduit à l’incarcération de l’ex-président Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État. C’est ce qu’a déclaré mercredi 26 novembre 2025 le chef de l’État Luiz Inacio Lula da Silva lors d’une cérémonie officielle à Brasilia.
« Je suis heureux. Pas à cause de l’emprisonnement de qui que ce soit, mais parce que ce pays a démontré qu’il est mûr pour exercer la démocratie dans sa plus haute plénitude », a affirmé Lula, alors que Bolsonaro a commencé mardi à purger sa peine.
Un ancien président défiant la démocratie
L’ancien chef de l’État (2019-2022), âgé de 70 ans, avait pendant son mandat défié les institutions de la plus grande démocratie d’Amérique latine. Hors-jeu politiquement à moins d’un an de la présidentielle de 2026, il se retrouve aujourd’hui incarcéré dans une petite cellule équipée d’un climatiseur, d’une télévision et d’un mini-réfrigérateur dans un complexe de la police fédérale à Brasilia.
La Cour suprême a considéré que tous ses recours étaient épuisés, une décision contestée par sa défense. Son avocat, Paulo Cunha Bueno, a annoncé sur le réseau social X que la défense présenterait « dans les délais prévus le recours qu’elle juge approprié », après le rejet d’un premier appel en novembre.
Assigné à résidence depuis début août, Bolsonaro a été placé en détention provisoire samedi pour « risque élevé de fuite » après avoir tenté de brûler son bracelet électronique avec un fer à souder. Le juge Alexandre de Moraes, chargé du dossier, a précisé que Bolsonaro pourrait chercher à s’échapper à la faveur d’une manifestation prévue par ses partisans près de chez lui, notamment en raison de la proximité de l’ambassade des États-Unis, où il aurait pu chercher refuge.
En septembre, la Cour suprême l’a déclaré coupable d’avoir été le chef d’une « organisation criminelle » ayant conspiré pour assurer son « maintien autoritaire au pouvoir » après la victoire du président Lula lors du scrutin d’octobre 2022. Ce projet de coup d’État, qui prévoyait jusqu’à l’assassinat de Lula, n’a pas été concrétisé en raison du manque de soutien du haut commandement militaire.
Une droite fragmentée et sans leader
Bolsonaro est un allié de Donald Trump, qui a dénoncé une « chasse aux sorcières » contre lui. En représailles, le président américain a infligé une surtaxe punitive au Brésil, allégée ensuite après une rencontre avec Lula en octobre. Par ailleurs, le député Eduardo Bolsonaro, troisième fils de l’ex-président, a été inculpé pour obstruction à la justice après avoir promu les mesures prises par Trump visant à interférer dans le procès de son père.
La défense de Bolsonaro a expliqué l’épisode du bracelet électronique par un « état de confusion mentale » dû à la prise de médicaments, tandis que l’intéressé a nié toute intention de fuite. Sa famille assure qu’il est « dévasté psychologiquement » et « mange peu », évoquant ses graves séquelles d’un attentat à l’arme blanche subi en 2018. Elle souhaite qu’il retourne en résidence surveillée, estimant qu’il n’est pas en mesure de supporter la détention.
Cinq de ses anciens collaborateurs, dont plusieurs généraux et ex-ministres, ont également commencé à purger leurs peines, allant de 19 à 26 ans de prison. L’ex-chef des renseignements, Alexandre Ramagem, condamné à seize ans, est aujourd’hui considéré comme « fugitif » après avoir fui aux États-Unis.
Jair Bolsonaro est le quatrième ancien président brésilien à être incarcéré depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985). Le cas le plus récent avant lui était Fernando Collor (1990-1992), qui purge actuellement à domicile une peine pour corruption, pour raisons de santé. Lula lui-même a été incarcéré de 2018 à 2019 pour corruption, avant que ses condamnations ne soient annulées en 2021 pour vice de forme.
La chute de Bolsonaro, leader incontesté du camp conservateur, laisse ses partisans sans champion désigné pour la présidentielle de 2026, face à Lula, qui, à 80 ans, a déjà annoncé qu’il briguerait un quatrième mandat.
BN avec AFP











Commentaire
Citoyen_H
ATTENDONS VOIR
le livre qu’écrira Bolsonaro, sur les conditions de son séjour à l’ombre.
J’imagine, qu’il est aussi innocent que Sarcozizi.