Par Saïma Mezoughi
Lorsque Om Ezzine Ben Chikha Meskini monte sur la scène des Journées Théâtrales de Carthage, il ne s’agit pas seulement d’un événement culturel, c’est un souffle nouveau, une invitation à repenser la liberté et le rôle de l’intellectuel dans notre société. Philosophe et penseuse critique, elle conjugue art, beauté et réflexion critique, transformant la culture en un espace vivant où l’homme se confronte à ses questions, explore sa liberté et assume sa responsabilité éthique.
Quand la philosophie traverse la culture
La scène culturelle tunisienne et arabe est souvent dominée par des « boutiques culturelles », ces institutions qui définissent ce qui est acceptable, ce qui se vend, ce qui est visible. La créativité se retrouve alors enfermée, la parole libre limitée. Om Ezzine Ben Chikha Meskini rappelle que la présence des philosophes et des penseurs est vitale, ils posent les grandes questions, stimulent le débat, et transforment l’art en miroir de la société, en espace de conscience et de réflexion.
Pour elle, l’art ne peut croître que dans la liberté totale. Exprimer, expérimenter, provoquer, c’est ainsi que l’art devient résistance. La critique esthétique, loin d’être abstraite, est un instrument pour affiner notre sensibilité, pour défendre la créativité face aux contraintes, pour ouvrir des horizons nouveaux à la beauté. La culture, sous sa plume et sa pensée, n’est plus un simple spectacle, elle devient parcours vivant de libération et terrain de dialogue, un moyen de remodeler notre monde à travers imagination et pensée critique.
L’intellectuel, catalyseur du changement
L’écriture, la réflexion et l’action culturelle ne sont pas de simples activités pour Om Ezzine Ben Chikha Meskini, elles sont un engagement éthique. Les philosophes et intellectuels animent le débat, confrontent les idées, réveillent la créativité et redonnent sa valeur à la beauté et à la liberté. Face à l’aliénation intellectuelle et aux monopoles culturels, ils deviennent les catalyseurs d’une société capable de se penser et de se réinventer.
S’opposer aux « boutiques culturelles » ne se résume pas à un geste symbolique, c’est redonner vie à la culture, ouvrir l’espace à la créativité indépendante et au dialogue libre. L’art devient un moyen de libération, de coexistence humaine et de stimulation de la pensée critique. La participation d’Om Ezzine Ben Chikha Meskini aux Journées Théâtrales de Carthage illustre cette vision, elle montre comment la philosophie, la liberté et la créativité peuvent se rencontrer pour transformer notre perception de la culture et du monde.










