Zenith Energy Ltd., société énergétique cotée à Londres et Oslo, a publié, jeudi 27 novembre 2025, un communiqué dans lequel elle accuse les autorités tunisiennes d’avoir procédé à la vente non autorisée de pétrole brut produit par ses concessions en Tunisie.
Pétrole bloqué et stockage forcé : un lourd fardeau pour Zenith
La société, qui détient à 100% les concessions pétrolières de Robbana et El Bibane via sa filiale Ecumed Petroleum Tunisia Ltd (EPT), dénonce depuis 2022 les entraves répétées des autorités tunisiennes à la vente de son pétrole. Selon Zenith, ces blocages auraient empêché la filiale de générer des revenus et de fonctionner normalement, l’obligeant à financer elle-même les salaires, la conformité environnementale et l’entretien technique de ses installations, pour un coût total estimé à environ deux millions de dollars.
Depuis 2022, la production totale de pétrole des concessions s’élèverait à 11.670 barils, répartis comme suit : 5.791 barils en 2022, 4.408 en 2023 et seulement 1.471 en 2024. Zenith assure que la production aurait été sensiblement plus élevée si elle avait été autorisée à vendre son pétrole et à percevoir un paiement régulier.
Actuellement, environ 8.000 barils seraient stockés à Robbana, soit la capacité maximale de stockage. Par ailleurs, 3.987 barils ont été transférés à Maretap après qu’Ecumed Petroleum Tunisia (EPT) aurait été contrainte par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à vider ses réservoirs sur la concession d’El Bibane en janvier 2024 pour des motifs de sécurité, alors même qu’une inspection menée le 1er avril 2024 avait confirmé l’absence de risque environnemental ou sécuritaire. L’opération de vidange a été achevée le 20 avril 2024.
Conflits avec l’ETAP : violation des droits d’actionnaire
Zenith détient également 50% de Maretap, la société exploitante de l’ancienne concession d’Ezzaouia, à travers sa filiale Ecumed Petroleum Zarzis Ltd (EPZ), coentreprise avec l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP). La direction de Maretap refuserait, selon Zenith, de donner accès aux informations financières, opérationnelles et corporatives d’EPZ, violant ainsi les droits légaux du groupe en tant qu’actionnaire à 50%.
Le communiqué souligne que les 3.987 barils transférés à Maretap auraient été vendus par l’ETAP sans autorisation ni notification d’EPT, et que les revenus générés ne seraient pas versés à la société. Zenith qualifie cette opération de confiscation et d’expropriation préméditée, directement liée à l’ordre de vider les réservoirs imposé en 2024.
Un PDG furieux : « Arbitrage et justice internationale en jeu »
Andrea Cattaneo, directeur général de Zenith, a dénoncé ce qu’il considère comme un « comportement arbitraire et systématique » des autorités tunisiennes, qui se traduit par « des violations répétées des obligations contractuelles et légales ». Il a déclaré :
« Ce comportement cause un préjudice matériel non seulement à nos filiales, mais aussi à nos employés tunisiens et aux communautés locales, toutes victimes de l’absence de respect de l’État de droit. Les autorités ont voulu affaiblir notre capacité financière à poursuivre la justice internationale, mais cette stratégie a échoué. Nous sommes déterminés à obtenir réparation. »
La société indique qu’EPT et ses filiales prendront immédiatement toutes les mesures nécessaires pour défendre leurs droits et que tous les recours juridiques disponibles seront engagés.
Litige de centaines de millions de dollars : la Tunisie sous le feu des réclamations
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte de litige international de longue date. Zenith Energy avait annoncé, le 20 septembre 2025, une réévaluation du montant des indemnités réclamées à la Tunisie dans le cadre de son arbitrage international devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), organisme dépendant du Groupe de la Banque mondiale. Initialement fixé à 503 millions de dollars en octobre 2024, le montant revendiqué atteint désormais 572,65 millions de dollars. Cette augmentation fait suite à un nouvel examen mené par le cabinet de conseil TWCOG LLP, spécialisé dans les litiges énergétiques, en collaboration avec la société canadienne Chapman Hydrogen and Petroleum Engineering Ltd.
Zenith Energy maintient ainsi une position ferme face aux autorités tunisiennes, dénonçant des pratiques qu’elle juge arbitraires et illégales, et s’apprête à poursuivre tous les recours possibles pour obtenir réparation pour ses filiales.
I.N.











2 commentaires
Roberto Di Camerino
Zenith Energy accuse la Tunisie d’avoir confisqué et vendu sans autorisation son pétrole????
Pourquoi pas :
Zenith Energy accuse la Tunisie d’avoir confisqué et vendu son petrole, sans autorization…
Citoyen_H
BIEN ENTENDU,
Ce sont toujours les pays du tiers monde, du quart monde en ce qui nous concerne, suite au carnage des troubadours chameliers, qui volent les pays développés !