Le verdict en appel dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État, attendu jeudi soir, n’a finalement été communiqué que dans la matinée du vendredi 28 novembre 2025, via une dépêche de la Tap. Les décisions rendues dressent un tableau très contrasté, mêlant lourdes condamnations, réductions significatives et trois acquittements.
Selon une source judiciaire citée par l’agence, la chambre pénale spécialisée en matière de terrorisme auprès de la cour d’appel de Tunis a prononcé des peines allant jusqu’à 45 ans de prison pour les prévenus détenus. L’un d’eux a été totalement disculpé.
Pour les accusés laissés en liberté, les peines varient entre 5 et 35 ans de prison, avec deux acquittements supplémentaires.
S’agissant des accusés en fuite, la cour a confirmé les condamnations de première instance, soit 33 ans avec exécution immédiate.
Plusieurs condamnés écopent également d’amendes et de confiscations de biens.
Trois acquittements majeurs ont été prononcés :
• Noureddine Boutar, directeur de Mosaïque FM
• Lazhar Akremi, avocat et ancien secrétaire d’État
• Hattab Slama, un citoyen sans lien politique, impliqué par erreur et totalement par hasard, selon sa défense.
Du côté des personnalités politiques, les résultats en appel sont mitigés.
• Jaouhar Ben Mbarek, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj, Issam Chebbi et Chayma Issa voient leurs peines passer de 18 à 20 ans. Chayma Issa est également condamnée à une amende de 50 mille dinars et au gel de ses avoirs.
• Abdelhamid Jelassi : peine réduite de 13 à 10 ans
• Ayachi Hammami : peine réduite de 8 à 3 ans
• Ahmed Néjib Chebbi : peine réduite de 18 à 12 ans
• Kamel Letaief : peine réduite de 66 à 45 ans
• Khayem Turki : peine réduite de 48 à 35 ans, plus une amende de 100 mille dinars et le gel de ses avoirs
• Noureddine Bhiri : peine réduite de 43 à 20 ans
• Chokri Bahria : peine portée de 13 à 14 ans
• Mohamed Hamdi : peine ramenée de 13 à 17 ans, assortie d’une amende de 20 mille dinars
• Ridha Charfeddine : peine réduite de 16 à 2 ans, avec trois mois de surveillance administrative
• Sahbi Attig : peine réduite de 13 à 10 ans
• Said Ferjani : peine réduite de 13 à 10 ans
• Karim Guellaty : peine ramenée de 25 à 35 ans, une amende de 50 mille dinars et cinq ans de surveillance administrative
Les peines de première instance ont été maintenues pour Kamel Bedoui (13 ans) et Mohamed Bedoui (13 ans).
Enfin, la cour a confirmé les peines de 33 ans de prison avec exécution immédiate pour la majorité des accusés en fuite :
Ali Hlioui, Hamza Meddeb, Monji Dhaouedi, Kamel Guizani, Ridha Driss, Mustapha Kamel Nabli, Kaouther Daâssi, Mohamed Abderraouf Khalfallah, Abdelmajid Ezzar, Tasnim Kheriji, Nadia Akacha, Rafik Chaâbouni, Najla Letaïef, Bochra Belhaj Hamida et Bernard Henry Lévy.
M.B.Z













3 commentaires
zaghouan2040
Rire ou pleurer ?
Ce qui est certain c’est que les « juges » n’ont aucune conscience du caractère obscène et définitivement infamant de leurs actes
Rendez vous compte de l’absurdité obscène des accusations et « jugements » envers des sommités telles que Bochra Ben Haj Hamida Mustapha Kamel Nabli Karim Guellaty Khayyam Turki Ahmed Nejib Chebbi……
Et le plus anéanti par cette obscénité en robe rouge ne peut être que Bernard Henry Lévy
Il l’a bien cherché
HatemC
POURQUOI FAIRE UNE RÉVOLUTION … SI C’EST POUR REVENIR AU MÊME POINT ?
2011 : ils ont renversé Ben Ali… mais laissé le Benalisme intact.
2025 : le système qu’ils ont nourri les dévore un par un
Ce qui se passe aujourd’hui dans le procès de “complot contre la sûreté de l’État” n’est pas seulement une tragédie judiciaire.
C’est aussi un retour de flamme historique.
Car en 2011, l’élite politique avait une opportunité unique :
– Réformer l’appareil sécuritaire,
– Garantir l’indépendance réelle de la justice,
– Réécrire les règles du jeu économique,
– Encadrer les pouvoirs exceptionnels,
– Purger l’État profond de la logique policière,
– Et surtout : construire une démocratie solide, pas une démocratie décorative.
Elle ne l’a pas fait.
– Elle a changé les visages, pas les pratiques.
– Elle a remplacé Ben Ali par un pluralisme de façade.
– Elle a gardé la même police politique.
– Elle a laissé intacte la justice aux ordres.
– Elle a reproduit le même clientélisme, le même opportunisme, les mêmes réflexes d’impunité.
Ils ont pensé qu’ils pouvaient domestiquer le système.
Aujourd’hui, c’est le système qui les dévore.
LES OPPOSANTS D’AUJOURD’HUI SONT LES » GESTIONNAIRES D’HIER » :
Ceux qui, à l’époque, avaient le pouvoir de réformer… et n’ont rien fait, préférant le compromis avec l’ancien système à la rupture.
LE PARADOXE CRUEL :
Ceux qui n’ont pas démantelé la machine Ben Ali … sont jugés par la version 2.0 de cette même machine, sous Kaïs Saïed.
Kaïs Saïed n’a rien inventé.
Il a simplement poussé jusqu’au bout ce que les élites de 2011 ont laissé survivre
LA SCENE EST TRAGIQUEMENT IRONIQUE :
Les artisans de la “transition démocratique” deviennent les accusés d’un régime autoritaire qu’ils ont rendu possible par leur propre lâcheté réformatrice … HC
zaghouan2040
Le système qu’ils ont nourri les dévoré maintenant un a un
Exactement
Cela concernera aussi plus tard Kaes Saed et les siens
En fin de compte ce dispositif de répression inique et aveugle cette machine à broyer agit depuis les années 70 comme une malédiction satanique contre la Nation tunisienne