Le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (Spot) a publié lundi 8 décembre 2025 un communiqué pour expliquer et justifier sa décision de suspendre le système du tiers payant, effective ce même jour. Cette décision, annoncée initialement mercredi 3 décembre, fait suite à l’échec des négociations avec la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) et à l’absence de solutions concrètes pour résoudre les retards de paiement des créances des pharmaciens.
Le Spot insiste sur le fait que cette mesure n’est pas dirigée contre les citoyens, mais vise à préserver la survie des officines et l’ensemble de la chaîne du médicament, dont la continuité est menacée par les difficultés financières croissantes des pharmacies.
Une crise structurelle pour les pharmacies
Dans son communiqué, le Spot souligne que la situation financière des pharmacies s’aggrave depuis plusieurs années, avec un allongement progressif des délais de paiement des créances :
- En 2015 : environ deux mois
- En 2019 : entre 80 et 90 jours
- En 2023 : environ 110 jours
- En 2024 : plus de 120 jours
- En 2025 : jusqu’à 150 jours, dépassant parfois une année
Ces retards imposent aux pharmaciens des charges financières qui ne relèvent pas de leurs obligations professionnelles, fragilisant la santé économique des officines et menaçant certaines pharmacies, notamment dans les régions de l’intérieur, de faillite.
Le Spot rappelle également que, malgré ces difficultés, les pharmacies ont continué à assurer la disponibilité des médicaments pour les patients, respectant leur engagement éthique et professionnel.
Appel à des solutions durables
Le syndicat dénonce les manquements financiers et structurels persistants et appelle les autorités compétentes à intervenir rapidement. Il réclame la mise en place d’un mécanisme de financement durable et transparent afin de protéger le secteur et d’éviter que les pharmaciens ne supportent à nouveau des charges qui ne sont pas de leur ressort.
Le Spot précise enfin qu’il est prêt à revenir au tiers payant dès que des garanties sérieuses de respect des délais de paiement seront établies, et insiste sur le caractère préventif et responsable de cette suspension.
Depuis plusieurs mois, les pharmaciens dénoncent les retards de paiement de la Cnam, avec des délais atteignant les 150 jours, alors que l’accord initial prévoyait quatorze jours. En 2024, un délai exceptionnel de soixante jours avait été accepté. Ces retards ont fragilisé les finances des officines, compliquant le règlement des fournisseurs et de la Pharmacie centrale tunisienne (PCT), et mettant certaines pharmacies, surtout dans les régions de l’intérieur, en risque de faillite.
I.N.












