La chambre criminelle de Jendouba a prononcé, ce mardi 9 décembre 2025, un non-lieu en faveur du militant écologiste Moncef Houaidi. En première instance, il avait été condamné à deux ans de prison ferme pour « outrage au président de la République » et pour infraction à l’article 24 du décret 54.
Une première condamnation lourde et contestée
Le tribunal de première instance de Jendouba avait condamné, en octobre dernier, Moncef Houaidi à deux ans de prison ainsi qu’à une amende de mille dinars, sur la base de publications Facebook jugées offensantes envers les autorités.
Le parquet lui reprochait d’avoir diffusé des contenus considérés comme attentatoires au chef de l’État et d’avoir utilisé les réseaux sociaux pour propager des informations susceptibles de « nuire à autrui », conformément à l’article 24 du décret 54.
Cette décision avait suscité de vives réactions dans la région comme auprès des organisations de défense des droits humains, qui dénonçaient un « procès d’opinion » et une application répressive du décret 54.
Un appel qui renverse entièrement la décision
En appel, la chambre criminelle a estimé qu’il n’existait aucun fondement suffisant pour maintenir les charges retenues en première instance. Elle a ainsi décidé de ne pas poursuivre l’affaire et d’annuler intégralement la condamnation.
Ce revirement judiciaire marque une rupture nette avec le premier jugement, considéré par la défense comme sévère et entaché d’irrégularités.
Un verdict perçu comme un signal d’apaisement
Pour ses soutiens, cette décision vient réparer une injustice et reconnaître le caractère non criminel de ses prises de position.
Militant social et environnemental dans une région marginalisée, Moncef Houaidi était devenu un symbole des poursuites visant des internautes ou des activistes pour des publications critiques.
M.B.Z










