Le leader du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi a adressé, mercredi 10 décembre 2025, un message depuis la prison de Mornaguia où il est détenu, en réaction aux récentes arrestations ayant visées plusieurs figures politiques tunisiennes condamnées dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
Un hommage appuyé aux figures de l’opposition
« Je salue Me Ahmed Néjib Chebbi, Me Ayachi Hammami et l’héroïne Chayma Issa, véritables symboles de la démocratie », a écrit Rached Ghannouchi notant qu’« il est pour la Tunisie un honneur que de compter parmi ses fils et filles de tels leaders ».
L’ancien président du Parlement a mis en lumière la situation critique des figures politiques de l’opposition : « Actuellement, des figures de la gauche sont incarcérées, comme Ayachi Hammami, précurseur de l’appel à l’unité des démocrates, et qui s’est dressé pour défendre tous ceux accusés de complot, moi y compris. »
Dans son message, il a évoqué également le rôle historique d’Ahmed Néjib Chebbi, qu’il a qualifié de « symbole du combat démocratique, nationaliste, de gauche, islamique et patriotique ». Il a insisté sur l’importance de l’initiative de M. Chebbi dans la création du Front de salut national, qui a réuni « courants laïcs, libéraux et islamistes », un geste qu’il a décrit comme « une percée majeure contre les sacralités de la dictature ».
Des arrestations en chaîne dans l’affaire du « complot »
Chayma Issa, Ahmed Néjib Chebbi et Ayachi Hammami ont été arrêtés entre fin novembre et début décembre 2025 en application du verdict de la Coup d’appel de Tunis en charge de l’examen de l’affaire dite de complot.
La membre du Front de salut national, condamnée à vingt ans de prison, a été arrêtée le 29 novembre au cœur de la manifestation en défense des libertés organisée au centre-ville de Tunis. Ses soutiens dénoncent une détention arbitraire et une instrumentalisation de la justice, tandis que plusieurs ONG internationales appellent régulièrement à sa libération.
Ayachi Hammami a été écroué, le 3 décembre, afin de purger une peine de cinq ans de prison. Il rejoint ainsi plusieurs avocats détenus depuis 2023 dans le cadre de la même affaire. D’abord avocat de la défense, il avait été ajouté à la liste des suspects en mai 2023 avant d’être officiellement inculpé en octobre de la même année.
Ahmed Néjib Chebbi a été arrêté, le 4 décembre à son domicile. Il a été condamné à douze ans de prison dans le cadre de la même affaire avec plusieurs autres figures de l’opposition. Il avait, à maintes reprises, dénoncé un dossier « totalement fabriqué » et instrumentalisé à des fins politiques.
Rached Ghannouchi a appelé, dans son message publié sur Facebook, à l’unité et à la tolérance, dénonçant ceux qui « s’agrippent aux vestiges de la dictature, prêchant exclusion et éradication » et affirmant que « l’avenir est à une Tunisie unie, pour tous ».
Rached Ghannouchi a adressé également ses salutations au parti Al Joumhouri, dirigé par Issam Chebbi, frère d’Ahmed Néjib Chebbi, notant que « c’est un honneur pour cette famille d’avoir offert à la Tunisie deux leaders pour sa transition démocratique ». Il félicite le parti pour avoir « osé franchir un nouveau mur d’isolement et d’exclusion », réunissant constitutionnalistes, islamistes, socialistes, indépendants et représentants de la société civile.
Pour le dirigeant islamiste, cela est « le début de la fin de la dictature, de la contre-révolution et de l’exclusion » qui ont marqué l’histoire politique récente de la Tunisie.
Ghannouchi, figure déchue du pouvoir, accablé par les condamnations
Également en prison depuis 2023, Rached Ghannouchi est, entre autres, poursuivi pour entente présumée visant à conspirer contre la sûreté de l’État, et implication dans des activités considérées comme portant atteinte à la sécurité nationale.
Il a été condamné dans plusieurs affaires distinctes : vingt-deux ans de prison dans l’affaire dite Instalingo, quatorze ans pour une deuxième affaire de complot, trois ans pour des activités de lobbying, et quinze mois dans l’affaire dite du Taghout.
Il a, également, été condamné récemment à deux ans d’emprisonnement et une amende, dans une affaire en lien avec un don effectué au Croissant-Rouge tunisien, correspondant au montant d’un prix international décerné à Rached Ghannouchi pour la promotion des principes gandhiens de paix et de tolérance.
Au total, l’ensemble de ces peines s’élève à plus de quarante ans d’emprisonnement, assortis de sanctions financières.
N.J












8 commentaires
FREE GHANNOUCHI
DE GHANNOUCHI À AYACHI EN PASSANT PAR CHEBBI ET LES CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D OPINIONS SANS EKSCEPTIONS : LIBERTE DIGNITE DE TRAITEMENTS ET SOLIDARITE UNITAIRE SANS CONCESSIONS NI KONTORSIONS QÔM KOMPROMISSIONS…
Citoyen_H
TIENS DONC, LE SERPENT A REPRIS VIE ?
Aux dernières nouvelles, il me semblait que ce chacal, ce vil personnage, avait entrepris une grève de la faim, en solidarité avec notre Mandela national, à savoir, Jawhar Ben Mbarek.
Son récent soutien envers ses sous-traitants, embastillés actuellement, ceux qui œuvraient pour son compte par procuration, probablement en échange d’un futur poste au gouvernement, sous sa direction, n’était qu’une forme de réponse du berger à la bergère.
Ils se sont tous brisés les dents en le soutenant.
Les vendus savaient bien qu’en opérant individuellement, uniquement sous leur nom, ils resteront à jamais des loosers !
Les soutenir, à son tour, montre que ce beau monde était de connivence !
Après tout, que risque-t-il de plus, en se prenant pour un Phénix ??
Ce fourbe a plus d’un tour dans son sac.
Toutes mes excuses à l’illustre disparu, Nelson Mandela, pour mon insolente comparaison.
C’était une boutade !
Citoyen_Kankre_las
TIENS DONC, LES MEMES KRAPAUDS N’ONT TOUJOURS PAS FINI DE BAVER LEURS MONOBSSESSIONS EKULÉES ?
Aux KanKres las mitoyens_tHiniKS : une bouffée de fitoKS, un suppo et au lit. Y a Konsultation psychothérapique demain.
Bonne consultation.
Citoyen_H
CALME, CALME, L’AMI
Va te faire une ségue.
Ça te calmera et ça t’apaisera !!
@Citoyen abou_Kakki
Trois bouffées de fitoKS finalement, la boite entière de suppo et suite de séjour en chambre Kapitonnée pour les hybrides Kankres las_tHiniKS apparemment chèvres de ces messieurs Sèguins.
Bonne Kure.
Avant la déKotaille de pipelettes qui arrive.
Bêehhh…
Tunisino
Le médiocre suprême, la source de tous les malheurs après 2011, il ose encore parler!
TunezoKafiono
La médioKrité double Krême, la source tuneZinezoline de bien des malheurs bien avant 2011, il ose enKore tuneKlakemerder !
LIBERTE DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE AUX CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D OPINIONS ET MILLIERS DE DROIT COMMUN INNOCENT.E.S SANS EKSCEPTIONS !
HatemC
Monsieur Ghannouchi,
Votre message depuis la prison rappelle — avec justesse — le courage de certaines figures de l’opposition aujourd’hui derrière les barreaux.
Mais permettez-moi d’ajouter une vérité que l’Histoire retiendra, et que vous connaissez mieux que quiconque : vous aviez, avec ces mêmes leaders, une opportunité unique de démocratiser réellement la Tunisie.
Entre 2011 et 2021, vous aviez le temps, la légitimité populaire et le soutien international pour transformer ce pays en un véritable havre de paix, un espace de stabilité et d’avenir.
Vous auriez pu briser les structures de l’ancien régime, réformer en profondeur la justice, la police, l’administration, et ouvrir un nouveau chapitre pour tous les Tunisiens.
Mais vous ne l’avez pas fait.
Aucun de vous. Ni vous, ni vos alliés, ni vos opposants d’hier devenus vos partenaires d’aujourd’hui.
Vous avez laissé intact l’appareil Ben Ali.
Vous l’avez cohabité, contourné, parfois même utilisé, au lieu de le démanteler.
Résultat : aujourd’hui, ce système que vous n’avez pas osé transformer s’est refermé sur vous — et sur toutes celles et ceux qui ont cru à la révolution.
C’est là la grande erreur d’une classe politique qui se disait chevronnée :
– vous avez gardé un système étouffant,
– vous avez laissé les mêmes leviers de domination en place,
– vous avez préservé les mêmes habitudes autoritaires,
– vous avez confondu compromis politique et immobilisme structurel.
Et le prix payé est terrible : quinze ans de révolution pour revenir au même point.
Le cercle est bouclé, non pas par fatalité, mais par renoncement.
Oui, aujourd’hui, l’unité est nécessaire.
Oui, les arrestations arbitraires sont une honte.
Mais cette unité doit aussi s’accompagner d’une lucidité historique :
on ne peut plus reconstruire l’avenir avec les mêmes erreurs, les mêmes illusions et la même complaisance envers les vestiges de la dictature.
L’Histoire retiendra vos sacrifices actuels, mais elle retiendra aussi une responsabilité majeure :
celle d’avoir laissé au système Ben Ali une seconde vie … HC