Dans un contexte marqué par la multiplication d’informations imprécises, de rumeurs et d’accusations infondées, le comité de défense des militants actuellement en détention dans le cadre de l’affaire de l’association Terre d’Asile Tunisie a publié, dans la soirée de mercredi 17 décembre 2025, une mise au point visant à rétablir les faits et à corriger plusieurs contre-vérités ayant circulé ces derniers jours.
Dénonçant une couverture médiatique fondées essentiellement sur des contenus diffusés par des pages Facebook, lesquelles ont « volontairement exagéré l’affaire et promu une lecture conspirationniste dénuée de tout fondement factuel ou juridique », le comité de défense a évoqué une dramatisation excessive du dossier, au détriment d’une analyse rigoureuse et vérifiée.
Rumeurs, exagérations et lecture conspirationniste : le comité de défense rétablit les faits
Plusieurs clarifications majeures ont été apportées notamment en ce qui concerne les accusations de blanchiment d’argent. Le comité de défense a assuré que les charges liée au blanchiment d’argent n’avaient pas été retenues dans cette affaire rappelant qu’il s’agissant de chefs d’accusation évoqué initialement puis définitivement abandonnée dès la clôture de l’enquête, en janvier 2025.
Le communiqué indique, également, que l’ensemble des charges visant l’association ont été classées sans suite, conduisant à sa mise hors de cause. « En revanche, des membres et employés demeurent poursuivis à titre individuel et continuent de comparaître devant la justice », a-t-on précisé.
Les chefs d’inculpation retenus contre les prévenus concernent essentiellement les activités humanitaires menées par l’association, notamment à travers Sherifa Riahi et ses collègues, ainsi que les interventions de l’association auprès de la municipalité de Sousse.
Affaire Terre d’Asile : des charges abandonnées contre l’association
Les poursuites portent ainsi sur la violation des dispositions de l’article 25 de la loi n°7 de l’année 1968, relative au statut des étrangers sur le territoire tunisien ; la violation des articles 39 et 41 de la loi n°40 de l’année 1975, relative aux passeports et aux documents de voyage ; la participation à l’utilisation de la qualité d’un fonctionnaire en vue d’en tirer un avantage indu ou de porter préjudice à l’administration.
Il est, en substance, reproché à Sherifa Riahi et ses collègues d’avoir mis en œuvre, dans le cadre de leur mission, des dispositifs d’assistance humanitaire destinés aux migrants et aux demandeurs d’asile présents sur le territoire tunisien, notamment l’entrée, l’hébergement et l’installation de migrants en situation administrative irrégulière.
Placée en détention préventive depuis mai 2024, l’ancienne directrice de Terre d’Asile Tunisienne a comparu avec ses collègues devant la justice tunisienne le 15 décembre 2025, mais leur audience a finalement été reportée au 5 janvier 2026 et les demandes de libération rejetées.
Outre Mme Riahi, Iyad Bousselmi, directeur de l’association depuis avril 2023 et ancien diplomate, est poursuivi dans la même affaire. Il a été arrêté le 8 mai 2024. Dans ce même dossier sont présumés impliqués Mohamed Jouou, Imen Ouardani, ancienne adjointe au maire de Sousse, et Mohamed Iqbal Khaled, ancien maire de Sousse, élu en 2019 en tant qu’indépendant.
N.J










