Dans un contexte marqué par des tensions autour de la responsabilité technique dans certains projets, l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) a pris position en faveur de ses affiliés. Dans un communiqué publié vendredi 19 décembre 2025, l’Ordre a exprimé son soutien aux ingénieurs confrontés à ce qu’il considère comme des pressions professionnelles, à des accusations jugées infondées et à des campagnes de dénigrement dans plusieurs régions du pays.
Cette prise de position intervient à la suite de plusieurs situations jugées préoccupantes, signalées dans différentes zones du territoire. Selon l’OIT, des ingénieurs auraient fait l’objet de mises en cause injustifiées ou de tentatives d’attribution de responsabilités ne relevant pas de leurs prérogatives, notamment dans le cadre de projets ou d’échecs techniques.
Dans un communiqué signé par son président, Mohsen Ghrissi, l’Ordre indique suivre « avec une vive inquiétude et un sens aigu de la responsabilité » les conditions dans lesquelles exercent plusieurs ingénieurs et ingénieures, confrontés, selon l’institution, à des pratiques de harcèlement professionnel, à des restrictions injustifiées et à des accusations ne reposant pas sur des éléments objectifs.
Des conditions de travail jugées difficiles et complexes
L’Ordre souligne que ces situations s’inscrivent dans un contexte professionnel déjà marqué par des conditions de travail complexes, parfois dépourvues des garanties minimales de protection et d’équité. Malgré ces contraintes, les ingénieurs tunisiens continuent, selon l’OIT, d’assurer leurs missions dans des secteurs sensibles touchant à la sécurité des infrastructures, à la qualité des services et à l’intérêt général.
Le communiqué rappelle que la profession d’ingénieur s’est historiquement distinguée par sa compétence, son intégrité et son engagement au service du pays. Des valeurs que l’Ordre estime aujourd’hui fragilisées par des pressions administratives et médiatiques, ainsi que par des campagnes de dénigrement jugées injustifiées.
Plusieurs régions concernées
L’OIT fait état de cas enregistrés dans plusieurs gouvernorats, notamment à Jendouba, Sfax, Gabès et Kasserine, où des ingénieurs se seraient retrouvés confrontés à des interprétations erronées de faits techniques ou à des tentatives de leur imputer des responsabilités ne correspondant ni à leurs prérogatives réelles ni au cadre juridique de leurs missions.
Selon l’Ordre, ces mises en cause se produisent parfois sans prise en compte du contexte général des projets concernés, ni des contraintes objectives dans lesquelles les professionnels exercent leurs fonctions.
Un rappel au respect des cadres légaux et professionnels
Tout en réaffirmant son attachement à l’État de droit et à ses institutions, l’Ordre des ingénieurs tunisiens insiste sur un point central : l’évaluation des fautes ou des manquements à caractère technique et ingénierique relève exclusivement de ses compétences, conformément aux lois et aux règlements en vigueur.
L’OIT souligne qu’aucune conclusion ne peut être tirée de manière anticipée ou en dehors des instances professionnelles habilitées, mettant en garde contre toute tentative de jugement hâtif ou de désignation de responsabilités sans expertise technique avérée.
Des revendications claires
Dans son communiqué, l’Ordre exprime son soutien total et sans réserve aux ingénieurs qui exercent leurs fonctions avec professionnalisme et intégrité. Il rejette catégoriquement toute forme de diffamation, de ciblage professionnel ou d’attribution sélective des responsabilités.
L’OIT appelle également les médias à faire preuve de rigueur, de précision et d’objectivité dans le traitement des dossiers à caractère technique et ingénierique, estimant que les approximations ou les raccourcis peuvent porter atteinte à la réputation des professionnels et nuire à la compréhension du public.
Par ailleurs, l’Ordre réclame la mise en place de garanties morales et juridiques afin de protéger les ingénieurs dans l’exercice de leurs missions, ainsi que le respect strict de leurs compétences et de leurs prérogatives.
« La dignité de l’ingénieur est indissociable de celle de l’État »
En conclusion, l’Ordre des ingénieurs tunisiens affirme que la protection de la dignité de l’ingénieur ne constitue pas un privilège, mais une condition essentielle pour garantir la qualité des services publics, la sécurité des projets et la continuité du développement. L’institution réaffirme enfin sa détermination à poursuivre son rôle national en défendant ses membres par tous les moyens légaux et institutionnels, dans l’intérêt général et afin de renforcer la confiance au sein de la communauté des ingénieurs.
I.N.










