À travers une conférence organisée samedi par le parti Al Joumhouri, familles de prisonniers politiques et acteurs de la société civile ont témoigné des conséquences sociales, économiques et psychologiques des détentions. Entre pertes de revenus, pression judiciaire et stigmatisation, ces proches paient un lourd tribut face à un contexte de répression croissante en Tunisie.
Le parti Al Joumhouri a organisé, samedi 20 décembre 2025, une conférence de presse consacrée à la situation des prisonniers politiques en Tunisie et à l’impact de leur détention sur leurs familles. Cette rencontre, intitulée « ما بعد القضبان: حكايات لم تُروَ » (Au-delà des barreaux : des histoires jamais racontées), s’est tenue au siège du parti, abritant également la rédaction du journal Al Mawqif.
Au-delà des témoignages livrés par les proches de détenus, la conférence a donné la parole à plusieurs acteurs de la société civile, dont Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui a livré une analyse critique de l’évolution des libertés publiques et du climat politique et judiciaire en Tunisie.
Prisonniers politiques : des parcours emblématiques d’une répression élargie
La conférence a permis de rappeler la situation de plusieurs prisonniers politiques et militants actuellement détenus.
Lotfi Mraïhi, président de l’Union populaire républicaine (UPR) et ancien candidat à l’élection présidentielle, a été arrêté alors qu’il s’apprêtait à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2024. Il est poursuivi pour blanchiment d’argent, gains illicites et détention de comptes non autorisés. Condamné à six mois de prison en appel en novembre 2024 pour diffusion de fausses informations, il a été arrêté en juillet 2024 après un avis de recherche. Sa condamnation liée à l’élection présidentielle de 2019, initialement plus lourde, a été réduite en appel en septembre 2024 à six mois de prison, assortie d’une interdiction à vie de se porter candidat. Il a connu une détention préventive prolongée à la fin de l’année 2024 et au début de l’année 2025.
Saadia Mosbah, fondatrice de l’association Mnemty et militante antiraciste, a été arrêtée le 6 mai 2024. Elle est poursuivie pour des irrégularités financières et demeure détenue. Figure emblématique de la lutte contre le racisme anti-Noirs en Tunisie, elle a contribué à l’adoption de la loi tunisienne de 2018 contre les discriminations raciales. Son association, active depuis 2013, œuvre pour la défense des droits des Tunisiens noirs et des migrants subsahariens. Son domicile et le siège de Mnemty ont été perquisitionnés, avec saisie de documents et d’équipements, et plusieurs membres de l’association ont été interrogés. Si le dossier est officiellement de nature financière, de nombreuses organisations estiment que son arrestation s’inscrit dans une campagne de diffamation raciste et vise à envoyer un message aux structures actives dans la défense des migrants et des minorités.
Chadha Haj Mbarek, journaliste, est détenue dans le cadre de l’affaire dite Instalingo. Inculpée pour complot contre la sûreté de l’État, offense au président de la République et atteinte à la sûreté extérieure, elle a été condamnée à cinq ans de prison en février 2025. Les accusations reposent sur des contenus éditoriaux et des productions numériques jugés hostiles au pouvoir. Les organisations de défense des droits humains estiment que le dossier repose largement sur des interprétations politiques d’activités journalistiques. Elle est incarcérée depuis juillet 2023 et son cas est largement relayé dans les rapports internationaux sur la liberté de la presse.
Abdallah Saïd, fondateur de l’association Enfants de la Lune à Médenine, a été arrêté le 12 novembre 2024. Il est poursuivi pour complot contre la sécurité extérieure de l’État et demeure détenu. Il est connu pour son engagement associatif local, notamment en faveur d’enfants atteints de maladies génétiques rares et pour son soutien aux exilés. Son dossier est traité par le pôle antiterroriste, une première pour un responsable d’ONG de solidarité. Il est accusé d’avoir reçu des financements étrangers utilisés dans le cadre d’un prétendu complot en lien avec « l’installation » en Tunisie de migrants.
Siwar Bargaoui, trésorière du mouvement Azimoun, a été condamnée à quatre ans et sept mois de prison pour fraude de signatures lors de la collecte des parrainage pour la campagne présidentielle du candidat Ayachi Zammel. Elle est actuellement détenue.
Salwa Ghrissa, fondatrice de l’Association pour la Promotion du Droit à la Différence (ADD), a été arrêtée le 9 décembre 2024. Elle est poursuivie pour suspicion de financement étranger et demeure détenue à la prison de la Manouba. Militante des droits humains, chercheuse et ancienne professeure d’enseignement supérieur aujourd’hui à la retraite, elle est connue pour son engagement en faveur des minorités et du droit à la différence. Selon les ONG, une enquête financière ciblant les partenaires et prestataires de l’ADD était en cours depuis plusieurs mois. Sa famille dénonce une détention prolongée sans jugement, qu’elle considère comme révélatrice de l’usage de l’accusation de financement étranger pour faire pression sur les associations de défense des droits humains.

Derrière les barreaux, des familles prises en étau
Dans son intervention, Romdhane Ben Amor a dressé un tableau qu’il a qualifié d’alarmant de la situation actuelle, estimant que la répression ne se limite plus aux personnes incarcérées, mais s’étend désormais à leurs familles. Selon lui, ces dernières subissent de plein fouet les conséquences économiques, sociales et psychologiques des arrestations et des poursuites judiciaires.
Il a évoqué des situations marquées par la perte de revenus, la suspension de salaires ou de pensions, ainsi que l’incapacité de nombreuses familles à couvrir les besoins élémentaires liés à la vie quotidienne, aux déplacements pour les visites carcérales, à l’alimentation ou aux soins médicaux. À ces difficultés matérielles s’ajouteraient, selon ses propos, des pressions psychologiques lourdes, liées à l’incertitude judiciaire et à la stigmatisation sociale.
Romdhane Ben Amor a insisté sur le fait que l’injustice, telle qu’il la perçoit, ne s’arrête pas aux murs des prisons. Il a souligné que plusieurs détenus se trouvent en détention prolongée sans jugement définitif, se retrouvant privés de toute source de subsistance, tandis que leurs familles supportent seules le poids financier et social de la situation.
Il a qualifié cette réalité de punition collective, touchant des foyers entiers et contribuant, selon lui, à fragiliser durablement le tissu social tunisien.
Une « punition collective » silencieuse
Le porte-parole du FTDES a également estimé que les poursuites engagées contre certaines associations ne relèvent pas du hasard. Il a expliqué que la répression a d’abord ciblé les associations actives dans le suivi et l’observation du scrutin électoral, avant de s’étendre progressivement à d’autres composantes de la société civile. Il a évoqué une stratégie qu’il juge délibérée de ciblage du travail associatif, en particulier des organisations actives dans les domaines de la migration, de l’aide humanitaire et de la défense des droits des migrants, notamment originaires d’Afrique subsaharienne.
Selon Romdhane Ben Amor, les accusations financières ou administratives avancées contre ces structures serviraient avant tout à criminaliser l’action civile et solidaire, dans un contexte marqué par un durcissement progressif observé depuis l’année 2023.
L’intervenant a mis en garde contre les effets indirects de cette politique, affirmant qu’elle contribue à instaurer un climat de peur au sein de la société civile. Licenciements, marginalisation professionnelle, campagnes de dénigrement et poursuites judiciaires seraient, selon lui, autant de mécanismes visant à décourager toute forme d’engagement public ou critique.
Il a rappelé que des journalistes et des militants, dont certains avaient pourtant bénéficié par le passé de décisions de classement sans suite, se retrouvent aujourd’hui de nouveau poursuivis ou condamnés. Une situation qu’il a décrite comme révélatrice d’une instrumentalisation de la justice.
Pour Romdhane Ben Amor, la situation actuelle constitue une menace directe pour les libertés publiques et pour l’existence même d’une société civile indépendante en Tunisie. Il a appelé à une vigilance accrue, tant au niveau national qu’international, face à ce qu’il considère comme un processus de démantèlement progressif des espaces de liberté, de solidarité et d’expression.
« Briser le silence »
À travers cette conférence, le parti Al Joumhouri et les organisations présentes ont affirmé vouloir briser le silence imposé aux familles de détenus, rompre leur isolement et renouveler la solidarité avec toutes les personnes victimes de détentions arbitraires et d’atteintes aux droits et libertés fondamentales.
Les organisateurs ont également appelé à identifier et à assumer les responsabilités politiques et juridiques dans un contexte qu’ils jugent marqué par une dégradation continue des libertés publiques en Tunisie.
Imen Nouira











3 commentaires
Roberto Di Camerino
On sait exactement qui est derrière ces exactions. On sait qui, par pur despotisme, transforme une opposition politique en « terrorisme » et une opinion divergente en « coup d’État ». Ce n’est ni une erreur ni un excès : c’est une stratégie de terreur assumée.
Oui, le Tghut lui-même mène cette mascarade, instrumentalise la peur et piétine la loi pour écraser toute voix libre. Quant à la justice, elle n’est plus qu’un décor : des juges véreux, serviles et sans honneur s’y livrent à une frénésie de condamnations, exécutant les ordres du régime avec un zèle obscène.
Qu’ils le sachent : leurs noms sont notés. L’impunité ne dure jamais éternellement. L’histoire, elle, n’oublie pas les tyrans — ni leurs compliceS.
jamel.tazarki
Introduction: Il est injuste de maintenir M. Ayachi Zammel et Mme Siwar Bargaoui en prison pendant des années supplémentaires. En effet, aucune preuve convaincante de leur culpabilité n’a été apportée. D’ailleurs, une juge tunisienne intelligente a libéré M. Zammel, mais d’autres juges l’ont contredite, ce qui a eu des conséquences fatales pour elle. La faute revient principalement à une loi électorale et à une constitution très mal conçues et pleines d’erreurs de pensée!
– Liberté pour tous les détenus politiques et pour les victimes de la liberté d’expression.
– Il n’y a pas de justice sans l’instauration d’une Cour constitutionnelle sur la base d’un Conseil supérieur de la magistrature dont la majorité des membres serait élue par les magistrats eux-mêmes, et non nommée par le président de la République.
A) CSM et Cour constitutionnelle
a1) Un Conseil supérieur de la magistrature (CSM) composé de membres élus par les magistrats eux-mêmes, qui désignent des représentants (magistrats du siège et du parquet) pour siéger au sein du Conseil, garantissant ainsi leur indépendance dans la gestion des carrières et des nominations ; Les magistrats du siège (juges) tranchent les litiges et rendent la justice de manière impartiale (assis), tandis que les magistrats du parquet (procureurs) défendent l’intérêt général, requièrent l’application de la loi et dirigent l’action publique (debout). Les premiers jugent, les seconds poursuivent au nom de la société en tant que représentants du ministère public.
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– Le CSM garantit l’indépendance et l’impartialité de la justice, conditions nécessaires à l’État de droit. En gérant la carrière des magistrats, en statuant sur leurs nominations et leur discipline, il contribue à assurer un système judiciaire indépendant des pressions extérieures.
– Le CSM est également le conseil de discipline des magistrats, ce qui lui permet de contrôler leur comportement et de veiller à ce que l’institution judiciaire respecte ses devoirs déontologiques.
– Le CSM renforce l’indépendance des magistrats en évitant toute ingérence politique ou hiérarchique et en garantissant que les jugements seront fondés uniquement sur le droit et les faits du dossier.
– Le CSM contribue à maintenir la confiance du public dans l’institution judiciaire, car l’indépendance et l’impartialité de la justice sont nécessaires pour garantir un procès équitable.
– Le CSM garantit le respect de l’égalité de tous devant la loi, car celle-ci repose sur l’accès à une magistrature impartiale.
– Les justiciables peuvent saisir le CSM pour dénoncer le comportement d’un magistrat, ce qui renforce le contrôle de ses actions et sa responsabilité.
a2) La composition de la Cour constitutionnelle devrait être la suivante :
– quatre membres sont élus par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ; or, les membres de notre CSM ont été nommés par Kaïs Saïd : à vous de tirer des conclusions intelligentes et utiles.
– trois membres doivent être élus par le Parlement. Peut-on encore faire confiance à « notre » Parlement après sa déformation de la loi électorale à quelques jours de l’élection présidentielle ?
– Quatre membres de cette Cour doivent être nommés par le président de la République.
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même si nous avions bientôt une Cour constitutionnelle, elle serait probablement au service du président de la République.
– L’importance d’une Cour constitutionnelle réside dans sa mission de garantir le respect de la Constitution et de l’État de droit, en veillant à ce que les lois, les décrets, les arrêtés et les circulaires soient conformes à la Constitution du pays. Elle protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, limite les pouvoirs du législateur et veille à l’équilibre entre les pouvoirs publics.
– Rôle principal de la CourConstitutionnelle:
– contrôle de constitutionnalité des lois : vérifie que les lois et règlements sont conformes à la Constitution et à d’autres textes à valeur constitutionnelle, comme la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ;
– protection des droits et libertés : elle protège les droits et libertés fondamentaux des citoyens, notamment en cas de contestation d’une loi existante.
– Régulation des pouvoirs publics : assure le bon fonctionnement des institutions de l’État et veille à l’équilibre des pouvoirs.
– contrôle des élections : veille à la régularité des élections nationales (présidentielle, législatives, référendum) et proclame les résultats ;
– Avis et contentieux : peut être amenée à donner des avis dans des situations spécifiques et à traiter des contentieux.
– Garantir la stabilité démocratique : assurer la stabilité démocratique en protégeant la Constitution des atteintes potentielles d’une majorité parlementaire, notamment dans les pays ayant connu des régimes autoritaires.
– Je rappelle que, dans les pays démocratiques, la hiérarchie des textes est la suivante :
1) la Constitution, protégée par la Cour constitutionnelle ;
2) les lois ;
3) les décrets et les arrêtés ;
4) les circulaires.
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Or, en Tunisie, cette hiérarchie n’est pas respectée, comme en témoigne la déformation de la loi électorale (« amendement ») à quelques jours de la récente élection présidentielle. De plus, les décrets et arrêtés sont souvent en contradiction avec la constitution.
B) Notre loi électorale d’avant le 25 juillet 2021 (d’avant le putsch) ne nécessitait que quelques retouches, que je résume comme suit :
b1. – la création d’une Cour constitutionnelle sur la base d’un CSM dont les membres seraient élus et non nommés par le président de la République ;
b2) Redonner aux partis politiques le poids politique qu’ils avaient avant les élections législatives de 2022, tout en maintenant des peines sévères pour ceux qui achètent des voix ou se battent au Parlement.
– b2.2) Interdire le passage des députés d’un parti à un autre (non au tourisme parlementaire) ; Par exemple, les députés de Nidaa Tounes, élus lors des élections législatives, sont passés à Ennahdha afin de lui garantir la majorité absolue.
b2.3) Revoir les lois qui définissent le fonctionnement des partis politiques en Tunisie. Voir le postskriptum ci-dessous.
(b2.4) Il n’est pas nécessaire de collecter des parrainages pour se présenter aux élections législatives. Il faut redonner aux partis politiques le poids politique qu’ils avaient avant l’élection législative de 2022.
– b3) Les partis politiques représentés à notre Parlement devraient avoir le droit de proposer un candidat à l’élection présidentielle issu de leurs rangs, sans cette histoire de parrainage.
– b4) Le président de la République sortant ne devrait pas collecter de parrainages pour l’élection présidentielle, puisqu’il pourrait en obtenir des millions grâce à sa position à la tête de l’État tunisien.
– b5) Les parrainages pour l’élection présidentielle sont réservés aux indépendants sans appartenance à un parti politique et aux partis politiques sans siège au Parlement. Le filtrage des candidats à l’élection présidentielle se fait déjà lors de l’élection législative.
Malheureusement, M. Kais Saied n’a pas conscience de l’impossibilité de récolter 10 000 parrainages lorsqu’on n’est pas président de la République dans une Tunisie où les Tunisiens, par habitude, refusent de signer quoi que ce soit s’ils ne sont pas obligés de le faire, par mesure de prudence. En effet, nos députés, les présidents élus des collectivités locales, les représentants du Conseil national des régions et des districts, ainsi que les Tunisiens en général, se mettent à l’abri de tout risque de faute judiciaire en refusant majoritairement de signer les parrainages, avec quelques exceptions.
Les Tunisiens refusent de signer à la légère pour quiconque frappe à leur porte, en raison de leur culture et de leur éducation.
Les 10 000 parrainages sont une mission impossible qu’aucun candidat n’a pu accomplir, à l’exception de M. Kais Saied, en sa qualité de président de la République. En effet, qui oserait ne pas signer un parrainage pour l’homme le plus puissant de Tunisie, qui dispose encore d’un pouvoir absolu ?
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L’actuelle loi électorale aurait dû tenir compte du contexte et de la mentalité des Tunisiens. Franchement, je refuse moi-même de signer un formulaire de parrainage. En effet, je suis extrêmement avare avec ma signature (c’est mon éducation).
– Autre point négatif de l’actuelle loi électorale : dans une dictature, rares sont ceux qui ont le courage de signer un parrainage pour un candidat adverse du dictateur en place, en donnant leurs coordonnées (adresse et numéro de carte d’identité).
– Autre point négatif de l’actuelle loi électorale : « l’aberration de demander des parrainages non numérisés et non soumis à l’obligation d’une signature légalisée, et donc facilement contestables a posteriori. Chaque personne peut revenir sur son parrainage pour des raisons politiques ou pour faire chanter le concerné. »
L’emprisonnement de M. Zammel et de Mme Bargaoui est extrêmement injuste.
C) Le vote des Tunisiens résidant à l’étranger, à l’instar des élections législatives de 2019 et 2014 :
Sur un million de Tunisiens résidant en France, seuls 50 000 ont voté. Les partis politiques Ennahdha et Ettakatol avaient des candidats, alors que 95 % de nos partis politiques n’étaient pas présents. En tout, 10 sièges étaient réservés à la France.
2) En Italie, seuls 5 800 électeurs se sont rendus aux urnes, et bien sûr, les partis Ennahdha et Ettakatol avaient des candidats, alors que 97 % de nos partis politiques n’étaient pas présents. En tout, 3 sièges étaient réservés pour l’Italie.
3) Dans les pays arabes, le nombre de votants était de 6 800, et bien sûr, Ennahdha et Etttyar avaient des candidats, alors que 98 % de nos partis politiques n’étaient pas présents.
4) En Amérique du Nord, ils étaient 4 000 à voter, et bien sûr, Ennahdha et Etttyar avaient des candidats, alors que 99 % de la totalité de nos partis politiques n’étaient pas présents.
5) En Allemagne, ils étaient 4 000 sur 100 000 Tunisiens à voter, et bien sûr, Ennahdha et Etttyar avaient des candidats, alors que 96 % de la totalité de nos partis politiques n’étaient pas présents.
Fazit des points 1 à 5 :
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– Ennahdha a remporté environ 17 sièges et Ettayar, 12, grâce aux Tunisiens résidant à l’étranger, dont le taux de participation était inférieur en moyenne à 5 %. Pourquoi ? Réponse : parce que les partis Ennahdha et Ettayar étaient les seuls à avoir les moyens et les privilèges pour présenter des candidats partout dans le monde, là où vivent des Tunisiens (sans entrer dans les détails).
La même analyse est également valable pour l’élection législative de 2014. En 2014, le député représentant les Tunisiens résidant en Allemagne a été élu avec 207 voix, alors que le nombre de Tunisiens résidant en Allemagne est de 100 000.
– Les élections législatives de 2019 et de 2014 n’étaient pas justes envers les Tunisiens, envers la Tunisie, mais aussi envers 97 % des partis politiques qui disposaient de peu de financements et de privilèges, contrairement à Ennahdha et Ettayar, afin de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions électorales, en Tunisie et à l’étranger. De plus, le taux de participation des Tunisiens résidant à l’étranger était trop faible et non représentatif.
Cela ne justifie toutefois pas de jeter à la hâte le régime parlementaire par-dessus bord. Il fallait le corriger et l’optimiser.
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Je propose d’avoir, au maximum, trois ou quatre représentants pour l’ensemble des Tunisiens résidant à l’étranger.
Je me répète : la faute n’est pas dans le désir de pouvoir et de richesses, même par la corruption et le despotisme de certains de nos politiciens, mais dans l’absence de contrôles et de garanties constitutionnels, sur la base d’un État de droit. C’est la médiocrité de notre loi électorale et de notre Constitution, ainsi que l’absence d’un État de droit, qui ont permis à certains partis politiques et et à certains politiciens de se comporter de manière inappropriée.
D) Revoir les lois régissant le fonctionnement des partis politiques en Tunisie.
À l’intérieur de nos différents partis politiques, la démocratie est compromise par des facteurs tels que l’accaparement du pouvoir par une minorité qui s’est auto-proclamée leader du parti et domine les affaires sans considération pour la grande masse des membres. Une telle situation empêche l’inclusion et limite l’opportunité pour les membres de façonner la politique du parti.
–> On se demande comment un parti politique peut gérer les affaires du pays s’il est incapable de créer des organes chargés d’organisation des élections internes, tels que l’Assemblée Générale ou un Congrès National. La structure de nos partis politiques est en contradiction avec les lois régissant leur fonctionnement. Combien de temps faudra-t-il à nos partis politiques afin de définir un statut interne ? Il est inimaginable qu’un parti politique, comme celui de Nidaa Tounes, qui était au pouvoir et avait la majorité relative aux élections législatives, n’avait pas de statut et sans constitution interne. Quelle était l’idéologie, les principes et les objectifs du parti Nidaa Tounes ? On ne le sait pas encore ! Comment se fait l’élection des dirigeants ? Rien n’est encore défini ou annoncé !
Conclusion : il faut revoir les lois régissant le fonctionnement des partis politiques en Tunisie, et obliger ces derniers à les prendre en considération.
E) Il ne faudrait exclure personne des prochaines élections législatives et présidentielles. En revanche, il faudrait d’abord doter notre pays d’une bonne base constitutionnelle, avec des garanties constitutionnelles de protection des droits et des libertés (Conseil supérieur de la magistrature élu, Cour constitutionnelle, séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, soumission des pouvoirs à la loi, etc.).
Liberté pour tous les détenus politiques et pour les victimes du manque de liberté d’expression.
Il est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir.
F) Je voudrais discuter à nouveau le point b2.2 ci-dessus. Je cite:
« b2.2) Interdire le passage des députés d’un parti à un autre (non au tourisme parlementaire) ; par exemple, les députés de Nidaa Tounes, élus lors des élections législatives, sont passés à Ennahdha afin de lui garantir la majorité absolue. » Fin de la citation.
–>
Je rappelle que M. Mohsen Marzouk a créé son parti politique, « Machrouu Tounes », le 20 mars 2016, alors qu’il avait été élu au sein du parti Nidaa Tounes. Il a «piqué» une vingtaine de députés à ce dernier pour son nouveau parti politique, ce qui a offert gratuitement la majorité relative à Ennahdha. Ce parti a ainsi obtenu tous les pouvoirs : législatif, exécutif, judiciaire, culturel, etc.
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M. Marzouk a trahi plus d’un million d’électrices de Nidaa Tounes en ruinant ce dernier et en offrant la Tunisie sur les plans socio-politique, économique, judiciaire et culturel au parti poltique Ennahdha, qui en a abusé massivement.
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Les conséquences de cette trahison ne se sont pas fait attendre lors de l’élection de 2019 :
– Le parti « Machrouu Tounes » de M. Marzouk n’a obtenu que 1,42 % des voix lors de l’élection législative de 2019.
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Mr. Mohsen Marzouk a trahi plus de 1,4 million d’électrices et d’électeurs en fragilisant Nidaa Tounes et en prenant avec lui une bonne partie de ses députés pour créer son nouveau parti politique.
– Puis, il y a ceux qui se sont portés candidats au sein de Nidaa Tounes dans le but de rejoindre Ennahdha après l’élection législative. –> Tout a été programmé à l’avance d’une façon systématique.
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La faute ne revient pas à M. Mohsen Marzouk, mais plutôt à la loi électorale de 2013-2014, qui ne tenait pas compte de la mentalité des Tunisiens et autorisait les députés à changer de parti de manière abusive. Il est également absurde d’accorder 35 sièges aux Tunisiens résidant à l’étranger. En effet, ce sont les partis au pouvoir qui en profitent, car ce sont eux qui placent leurs pions dans nos consulats et ambassades afin de…
– Puis, il y a eu l’achat de voix électorales.
– Puis, il y a les dictatures au sein des partis politiques.
– etc., etc., etc.
Fazit: parlons ouvertement de tous les dépassements de la dernière décennie afin de faire revivre notre jeune démocratie sur des bases solides. Non pas seulement sur la confiance mutuelle, mais sur des garanties constitutionnelles et sur les bases d’un Etat de droit!
– Il est important de réclamer les droits et les libertés, mais il ne faut pas non plus négliger de réclamer les garanties constitutionnelles qui les protègent contre les abus de pouvoir.
Bonne soirée
Dr. Jamel Tazarki, Mathematicien
Citoyen_H
C’EST BIEN VRAI, CA !
Ils étaient assis, peinards, en train de déguster un thé, observant la voute céleste en pleine nuit, et puis, manque de pot pour eux, de très méchants et vilains personnages sont venus les arrêter, sans aucune raison.
Quelle misère !!