La Tunisie se classe quatrième en Afrique dans l’édition 2025 du Digital Entrepreneurship Ecosystem Index (DEE), récemment publiée par The Vienna Institute for Global Studies, qui évalue la performance des écosystèmes de l’entrepreneuriat numérique dans 170 pays à travers le monde.
Avec un score de 31,2, la Tunisie se classe 87e mondiale et quatrième en Afrique, derrière l’Afrique du Sud (43,4 points, 59e mondial), l’île Maurice (42,5 points, 60e), et le Maroc (32,5 points, 83e), mais devant l’Égypte (29,5 points, 92e). Ce classement souligne la position de la Tunisie parmi les économies africaines les plus avancées en matière d’entrepreneuriat numérique, tout en illustrant les écarts persistants entre les pays de tête et le reste du continent.
Une position intermédiaire dans le monde arabe
Comparée aux pays arabes, la Tunisie se situe derrière les principales économies du Golfe, qui dominent largement le classement régional. Les Émirats arabes unis figurent en tête du monde arabe (60,2 points, 34e mondial), suivis par l’Arabie saoudite (47,8 points, 48e), le Qatar (47,7 points, 50e) et le Bahreïn (47,0 points, 53e), bénéficiant d’importants investissements, d’infrastructures numériques avancées et d’environnements réglementaires favorables.
La Tunisie se place toutefois devant plusieurs pays arabes, notamment l’Égypte (29,5 points, 92e), l’Algérie (23,2 points, 111e), le Liban (24,9 points, 106e) et l’Irak (20,0 points, 117e), ce qui lui confère une position intermédiaire dans l’espace Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena), entre les économies pétrolières fortement capitalisées et celles confrontées à des contraintes structurelles persistantes.
Une hiérarchie mondiale dominée par les économies avancées
À l’échelle mondiale, le classement est largement dominé par les pays à hauts revenus. Les États-Unis arrivent en tête avec un score de 87,9, suivis par le Danemark et le Royaume-Uni (84,8 chacun). L’Europe confirme sa prééminence avec cinq pays dans le top dix, aux côtés de Singapour, seule économie asiatique du groupe de tête.
Ces performances reposent sur des écosystèmes numériques matures, un accès massif au capital-risque, des institutions solides et une forte adoption des services digitaux par les citoyens et les entreprises.
L’Afrique, une progression rapide mais inégale
Le rapport met en évidence une progression significative du continent africain entre 2017 et 2022. Bien que l’Afrique reste la région la moins performante en valeur absolue, elle affiche la plus forte croissance relative mondiale, avec une hausse cumulée de plus de 42% du score DEE.
Cette dynamique traduit des avancées en matière d’infrastructures numériques, de connectivité et d’usages digitaux, même si de nombreux pays africains demeurent concentrés en bas du classement mondial en raison de déficits persistants en financement, en capacités institutionnelles et en soutien à l’entrepreneuriat.
Une trajectoire de rattrapage à consolider pour la Tunisie
Dans ce contexte, la quatrième place africaine de la Tunisie reflète des atouts réels, notamment en capital humain et en culture entrepreneuriale, mais aussi des marges de progression importantes. Le rapport souligne que les régions historiquement en retard connaissent aujourd’hui des rythmes de croissance plus rapides, suggérant un processus graduel de convergence numérique.
Pour la Tunisie, l’enjeu réside désormais dans la consolidation de ces acquis à travers des politiques publiques ciblées, un meilleur accès au financement et un renforcement durable de l’écosystème entrepreneurial, afin de transformer cette progression relative en gains structurels durables.
I.N.










