Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Kaïs Saïed promulgue la loi pour le recrutement exceptionnel des diplômés chômeurs de longue durée

Par Imen Nouira

La Loi n°2025-18 du 22 décembre 2025, visant à faciliter l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée dans le secteur public et la fonction publique, a été publié, mardi 23 décembre 2025, au Journal officiel de la République tunisienne (JORT). La loi a été promulguée par le président de la République, Kaïs Saïed.

Cette initiative, présentée comme exceptionnelle par les autorités, vise à répondre à un défi majeur du marché de l’emploi en Tunisie : l’accès des jeunes diplômés à des postes stables dans les institutions publiques.

Une mesure exceptionnelle supervisée par le ministère de l’Emploi

Selon le texte de loi, le règlement de la situation des diplômés en chômage prolongé se fera « par voie de recrutement exceptionnel dans les différents secteurs publics de l’État, au sein du secteur public et de la fonction publique », sous la supervision du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. L’objectif est de créer une passerelle directe entre le chômage prolongé et l’emploi public, en garantissant une gestion centralisée et transparente des candidatures.

Une plateforme numérique pour centraliser les candidatures

La loi prévoit la création d’une plateforme numérique dédiée, qui permettra d’enregistrer toutes les données relatives aux candidats. Ces derniers seront classés par ordre préférentiel selon plusieurs critères précis :

  1. L’âge : priorité aux candidats ayant dépassé quarante ans.
  2. L’ancienneté du diplôme : priorité aux diplômés ayant obtenu leur diplôme il y a plus de dix ans.
  3. La représentativité familiale : un seul membre par famille pourra bénéficier du dispositif, indépendamment de l’âge.
  4. La situation sociale : les candidats en situation sociale plus précaire pourront être favorisés.

Cette plateforme sera mise à jour une fois par an, afin de refléter l’évolution des situations des candidats et de garantir l’équité dans le processus de recrutement.

Conditions d’éligibilité strictes

La loi définit également des conditions précises pour pouvoir bénéficier du recrutement exceptionnel :

  • être inscrit auprès des bureaux de l’emploi,
  • ne pas avoir bénéficié de mesures de régularisation de situations professionnelles,
  • ne pas être affilié de manière continue au régime de retraite et de prévoyance sociale,
  • ne pas disposer d’un identifiant fiscal au cours de l’année précédant l’inscription sur la plateforme,
  • ne pas avoir contracté de prêt dépassant 40.000 dinars auprès des établissements financiers et bancaires.

Ces conditions visent à cibler les diplômés véritablement en situation de chômage prolongé et à éviter les bénéficiaires déjà stabilisés ou engagés dans des financements importants.

Recrutement par dossier et qualification professionnelle

Le recrutement s’effectuera sur dossier, suivi d’une phase de qualification correspondant au poste ou à la fonction au sein des institutions publiques concernées. La loi précise que les postes vacants dans le secteur public et la fonction publique seront comblés prioritairement par ces diplômés, tout en respectant une répartition équilibrée entre les différentes spécialités.

Une mise en œuvre échelonnée sur trois ans

La loi prévoit que le recrutement se fera par tranches sur une période maximale de trois ans à compter de sa publication, ce qui permet d’étaler les intégrations tout en assurant un suivi administratif et organisationnel efficace.

Entrée en vigueur immédiate

La Loi n° 2025-18 entre en vigueur immédiatement après sa publication au Journal officiel, marquant ainsi le lancement officiel d’un dispositif exceptionnel de lutte contre le chômage de longue durée chez les diplômés tunisiens.

Cette initiative intervient dans un contexte où le chômage des jeunes diplômés reste un défi structurel pour la Tunisie. Selon les dernières statistiques de l’Institut national de la statistique, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur dépasse encore les 20% dans certaines régions, accentuant la pression sociale et économique.

I.N.

Subscribe to Our Newsletter

Keep in touch with our news & offers

Contenus Sponsorisés

3 commentaires

  1. Hannibal

    24 décembre 2025 | 9h00

    Une sorte d’allocation chômage sans cotisation pour des chômeurs qui sont sans intérêt pour le marché de l’emploi.
    Les vrais fonctionnaires qui sont productifs devraient s’insurger contre cette étiquette de « fonctionnaires bons à rien ».
    A ce propos, quel budget pour quelle recette ?
    Ras-le-bol de cet amateurisme et de ce populisme destructeurs! On nous embarque vers le naufrage.

  2. HatemC

    23 décembre 2025 | 20h03

    La Loi n°2025-18 n’est pas une politique de l’emploi.
    C’est un aveu d’échec.

    Sous couvert d’“insertion professionnelle exceptionnelle”, l’État tunisien choisit une solution facile, coûteuse et dangereuse : transformer l’administration publique en centre d’accueil pour diplômés en fin de parcours.
    Soyons clairs :
    un diplômé de plus de 40 ans, formé il y a quinze ou vingt ans dans une filière déconnectée de l’économie réelle, n’est pas spontanément une plus-value pour l’État.

    Un État responsable aurait conditionné tout recrutement à une requalification sérieuse, ciblée sur les besoins réels : éducation de base, santé, numérique, ingénierie publique, collectivités locales.
    Un État responsable aurait dit la vérité : la Tunisie n’a pas besoin de titres, elle a besoin de valeur ajoutée.

    CETTE LOI ACHETE UN CALME SOCIAL TEMPORAIRE AU PRIX D’UN AFFAIBLISSEMENT DURABLE DE L’ETAT.

    Ce type de Carthage organise l’enlisement du pays … on arrive presque à regretter le Tartour Marzouki … HC

  3. Fares

    23 décembre 2025 | 18h57

    Un chômeur de dix ans plus à tout oublié de sa formation. Dans les disciplines plus techniques, la formation qu’a eue ce chômeur est devenue très vraisemblablement dépassée. Un texte de loi n’a jamais été une solution à un problème économique. Pauvre pays, on continue à vendre des mirages au peuple afin de contenir la colère de la rue.