L’Organisation tunisienne des jeunes médecins a exprimé sa profonde tristesse à la suite du décès de l’infirmière Azhar Ben Hmida, qualifiée de « martyre du service public de la santé », et a présenté ses condoléances à sa famille, à ses collègues ainsi qu’à l’ensemble des cadres médicaux et paramédicaux.
Dans un communiqué, publié dans la soirée du jeudi 25 décembre 2025, l’organisation estime que cette disparition ne saurait être considérée comme un accident isolé, mais comme le résultat direct de la dégradation avancée du système de santé publique. Elle pointe l’absence des conditions élémentaires de sécurité et de prévention, notamment dans les hôpitaux régionaux et les zones de l’intérieur, exposant quotidiennement soignants et patients à des risques graves.
La responsabilité de l’autorité de tutelle engagée
L’Organisation tunisienne des jeunes médecins tient l’autorité de tutelle pour politiquement et moralement responsable de ce drame, ainsi que des accidents similaires appelés, selon elle, à se reproduire.
Elle dénonce une politique d’austérité persistante dans le financement de la santé publique, conjuguée à un décalage croissant entre le discours officiel valorisant des « réalisations » et la réalité vécue dans les établissements hospitaliers à travers le pays.
Audit urgent et réformes structurelles exigés
Afin d’éviter que ce décès ne reste sans suite, l’organisation appelle à un audit urgent et exhaustif des conditions de sécurité dans toutes les institutions de santé publique, assorti d’un programme d’urgence de réhabilitation et de la mise en place d’un cahier des charges national unifié, à l’instar de celui appliqué dans le secteur privé depuis 2001.
Elle réclame également l’abandon des politiques de communication jugées opaques et promotionnelles, au profit d’une transparence totale sur l’état réel des hôpitaux publics.
Enfin, les jeunes médecins soulignent que la défense de la santé publique ne peut être menée de manière isolée. Ils appellent à l’unification des luttes de l’ensemble des professionnels du secteur afin d’engager une réforme en profondeur et de préserver ce qui reste de l’hôpital public.
La région de Redeyef, dans le gouvernorat de Gafsa, est en deuil après le décès tragique de l’infirmière Azhar Ben Hmida, grièvement brûlée la semaine dernière alors qu’elle assurait son service de garde à l’hôpital local.
Souffrant de brûlures d’une extrême gravité, elle avait été transférée en urgence au centre des grands brûlés de Ben Arous, où son état critique a conduit à son décès dans la matinée du jeudi 25 décembre 2025, selon le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).
Plus tôt dans la matinée, une marche de protestation a été organisée à Redeyef par des composantes de la société civile et des citoyens, sous le slogan : « Rendre justice à la victime de la négligence, l’infirmière Azhar Ben Hmida ».
R.B.H











