L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) traverse une phase critique « sans précédent depuis sa fondation », alerte un communiqué daté du 25 décembre 2025 et signé par le syndicaliste Anouar Ben Kaddour. Le document met en garde contre les risques pesant sur l’organisation et appelle la direction syndicale à assumer une « responsabilité historique » en garantissant la tenue du congrès national dans les délais initialement fixés.
Selon le communiqué, la situation actuelle impose à l’ensemble des syndicalistes de s’attacher au respect des décisions prises par l’instance administrative nationale, qui avait acté la tenue du congrès les 25, 26 et 27 mars 2026, lors de ses réunions des 29 mai et 23 septembre 2025. Ces décisions reposent, rappelle le texte, sur un document signé par l’ensemble des membres du bureau exécutif national.
L’auteur du communiqué appelle à dépasser les blocages internes par le consensus et l’unification des positions, afin de sortir définitivement de la crise « de manière transparente » et de définir une nouvelle stratégie pour la prochaine étape, tant sur le plan du rôle social que national de l’organisation. Il insiste également sur la nécessité de rassurer les syndicalistes quant au respect des décisions émanant des différentes structures de décision de l’UGTT.
Appel à mettre fin aux manœuvres dilatoires
Le communiqué dénonce toute forme de « tergiversation, de blocage ou de remise en cause » des décisions actées, appelant à l’application immédiate des conclusions de l’instance administrative nationale relatives à l’organisation du congrès.
Parmi les mesures urgentes réclamées figurent le lancement des préparatifs logistiques du congrès, notamment le choix du lieu devant accueillir les travaux et la signature du contrat de location, ainsi que la publication du communiqué officiel du congrès au plus tard avant la fin de l’année 2025.
Sur le plan revendicatif, le texte appelle également à l’émission d’un préavis de grève générale dès la première semaine de janvier 2026, accompagné d’une stratégie de mobilisation visant à assurer son succès. Cette grève serait motivée par la défense du droit syndical, de la négociation collective, l’obtention d’augmentations salariales jugées « équitables », notamment dans le secteur privé pour l’année 2025, ainsi que par l’application des accords déjà signés.
Menace d’ingérences et scénarios alternatifs
Le communiqué met en garde contre d’éventuelles interventions visant à empêcher la tenue du congrès de l’UGTT. Dans un tel scénario, l’instance administrative nationale serait appelée à se réunir pour prendre les décisions nécessaires. Il est également évoqué la possibilité de convoquer, dans un délai de deux semaines, une session complémentaire du Conseil national afin de statuer sur la poursuite de ses travaux et de voter sur le point 12 du règlement intérieur.
D’autres options sont avancées, notamment la convocation d’un Conseil national pour décider de la tenue d’un congrès soit en mars 2026, soit en février 2027. Toutefois, le communiqué insiste sur la nécessité de résoudre les différends internes dans le cadre institutionnel de l’organisation, de manière transparente, et d’accepter les décisions qui en découleraient, quelles qu’elles soient.
Réformes internes et appel au retrait de la démission de Noureddine Taboubi
Le texte appelle à accélérer les travaux des commissions chargées des motions du congrès, en actualisant, le cas échéant, les motions du Conseil national pour les soumettre directement au congrès, sur mandat de l’instance administrative réunie le 5 décembre 2025.
Il plaide également pour une révision du règlement intérieur et du statut de l’UGTT, soit par les commissions internes, soit par le recours à des experts, notamment en matière de gouvernance administrative et financière, ainsi que pour la numérisation du système d’adhésion. Les propositions de réforme devraient être examinées par l’instance administrative nationale avant d’être soumises au congrès ou, le cas échéant, déléguées au Conseil national.
Enfin, le communiqué appelle le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi à revenir sur sa démission, à signer le communiqué du congrès et à superviser les préparatifs, tout en demandant aux membres du bureau exécutif de s’engager formellement à garantir la tenue du congrès aux dates prévues de mars 2026.
À défaut, prévient le texte, la responsabilité des conséquences — réorganisation des responsabilités, vacance des postes, paralysie de l’action syndicale, aggravation des divisions internes et atteinte à la crédibilité des structures — incomberait aux parties opposées à la tenue du congrès.
S.H











